
Pl. V III,
Fig- 7-
» Defcription
des fonnettes
compofées y
propres à élever
un mouton
de i z à
t 5 oo livres
par V aflion de
3 ou 4 hommes.
P l . VIH,
Fig. j Sc
6.
1 14 A rchitecture H ydraulique , L iv r e I ,
gc ld dernier lieu du pluS grand. J ’ajouterai que quand le mouton
frappe immédiatement fur la tête des pilots, on fait un
chamfrain autour de la couronne, pour empêcher qu’ils ne s’éclatent
; par ce moyen l’on eft difpenfé de les frettcr.
Ne voulant rien négliger de ce qui peut inftruire les coramcn-
çans, je crois qu’il ne fera pas mal il’enkigner la maniéré de
mettre commodément un pilot en fiche. Pour cela, confidérez
la figure 7 qui repréfente en face la fonnette ordinaire, reélifiée
félon ce qui a été dit dans l’article 10 0 , que cette figure rend
encore plus intelligible. On y voit diftin&ement la roue 1K ,
portée par les deux montans D , foutenue des bras ou liens E ,
entretenue au fommet par le chapeau F G , lequel eft afTez long
pour attac her à fes extrémités, deux poulies H , fur chacune def-
quelles pâlie une corde attachée au pilot A B , qu’elle embraflè
au point C , vers les deux tiers ou les trois quarts de fa longueur.
L ’autre bout L de chacune de, ces cordes, pâlie derrière les bras
É , où font fitués les manoeuvres qui font monter le pilot, tandis
que d’autres le dreflènt verticalement pour le garotter avec
les deux montans de la fonnette, ce qui eft aifé à entendre-. Le
grand point eft que les ouvriers foient fi bien inftruits pour agir
de concert, que cette manoeuvre fe faflè le plus promptement
qu’il eft poffible.
201. Comme la hauteur où l’on peut élever un mouton avec
la fonnette ordinaire, eft bornée à l’efpace où les hommes
peuvent s’incliner, en tirant la corde où ils font appliqués, Se
qu’on ne peut faire ufage que d’un mouton du poids de 800 liv.
au plus, parce qu’autremenc il faudroit employer unplusgrand
nombre d’hommes, qui ne fcroient que s’embarrafter St agir
félon une direction encore plus oblique à la verticale : on a imaginé
d’autres maniérés de fonnettes, repréfentées par les figures
j-St 6 , pour élever auffi haut que l’on veut un mouton de fonte
de 14 ou 1500 liv. que l’on fait jouer avec une puiftance médiocre
, appliquée à un treuil A , ou à un cabeftan B.
Chaque coup d’un pareil moufon fait beaucoup d’efFet, mais
auffi il demande plus de tems pour la manoeuvre; parce qu’auffi-
toc qu’il eft tombé, il faut de nouveau l’accrocher au d é c lit
E D , qui eft une verge de fer attachée en C au cable G, paffànt
fur une ou deux poulies H , ayant d’une part un crochet E , qui
s’introduit dans l’anneau du mouton, & de l’autre une branche
C D , tenant lieu de bras de levier, auquel eft attachée la corde
F , qu’un manoeuvre tire à lu i, lorfque le mouton eft parvenu
C h a p . VI- D e s m a c h in e s po u r e n fo n c e r l e s P i l o t s . » 1 5
à fa plus grande hauteur ; alors le déclit faifànt la bàfcüle , fc
décroche & abandonne le mouton à fon propre poids. Pour le
raccrocher, on développe le cable roulé fur le treuil ou cabeftan,
afin que le même manoeuvre puiflè accrocher le mouton , qu’on
releve tout de nouveau.
Pour peu que l'on confidere ces deux machines, on verra
qu’elles n’ont aucun des défauts que nous avons fait remarquer
à la fonnette ordinaire, la puiftance agiflant toujours félon une
direction perpendiculaire, fans rien perdre par une oppofition
qui lui fo t contraire*
• La fécondé de ces fonnettes me paroît préférable à toute
autre dans le même goût, à caufe de fa fimplicité qui la rend
très commode à être tranfportée, à mefure qu’il faut battre un
nouveau pilot. Au furplus l’on pourroir fe difpenfer d’employer
un homme pour faire jouer le déclit, dont il fuffii*oit d’attacher
la corde au pied d’un des bras, comme on le voit marqué à
l ’endroit Y , de la figure 3 , planche IX.
203. Voici encore fur la planche I X , lesdéveloppemens d’une
autre fonnette pour élever un fort mouton , dont j’ai vu faire
ufage pour la fondation de l’éclufe de Mardick, en 1 7 1 4 ; je
vais détailler cette machine plus que je n’ai fait les précédentes,
afin que ce qui fera dit des dimenfions de la charpente decelle-
ci, puiftè s’appliquer aux autres, du plus au moins. Car quoiqu’il
paroifle qu’on doive s’en rapporter aux Entrepreneurs pour l’exécution
de ces fortes de machines, il eft eflcistiel que l'Ingénieur
foit en état de juger fi elles ont les propriétés qui peuvent accélérer
le travail; tout devant concourir à cette fin , quand il eft
queftion des édifices bâtis dans l’eau.
La bafe de cette machine eft compofée de trois p a t in s A , de
1 3 pieds de longueur fur 8 St 6 pouces d’équarriffàge , les deux
premiers liés enfemble à la diftance de 1 8 pouces , par dts en
tretoifes V de même dimenfion. Ce chaffis eft affemblé à un
quatrième pa'cin V Z de 2 1 pied ; de longueur, fur 10 & 5 pouces
d’équarriflage; cette pièce recourbée de 7 pouces, pris ho'rs de
l ’alignement de fes deux extrémités , f c’eft à-dire, qu’elle fait
un arc Æ donc la fléché eft de 7 pouces, dans le fens oppofé à
l ’effort que peut caufer le poids du mouton, lorfque l’arbre
tournant C agit) fe trouve de plus renforcée prr une chai tio n o le
B de 6 pieds de longueur, fur 7 Sc 6 pouces, fervant de pallier
à l’arbre tournant; ces deux pièces bien liées par des boulons
8c clavettes. Sur quoi il eft à remarquer que le plan de la bafe
Pl. V I II ,
Fig- 5 Sc 6.
Pl . IX ,
Fig- 3-
Defcription
de la fonnette
employée à la
conp.ruclion
de l'éclirje de
Mardick.
Pl. IX ,
Fig. 1 , 2
Se 3.