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•Origins &
zpragre5 du
Havre-de-
Grace com-
■mence par
Francois I.
Confluence
de ce port.
'Accident
furvenu à
l* embouchure
de ce port par
de galet qui s’y
jimajfe. Ce que
p’jeft que galet.
} 8 i A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i t r e I I ,
Je paflè à l’examen des éclufes du Havre-de-Grace, afin de
familiarifer les commençans avec le meilleur ufage qu’on en
peut faire dans les ports, pour les préfer,vèr des inconvéniens où
les expofe quelquefois leur fituation. La plupart feraient bientôt
comblés, fi l’art n’étoitfans ceife employé à remédier aux <Kci-
dens de la nature.
D ijfertatw n fu r le jeu des eaux du Havre-de-Grace..
Animé, comme je le fuis, du defir de former de bons éleves
pour le genre de travaux que j’enfeigne, je me reprocherais de
ne pas mettre à profit les occafîons d’accroître leurs connoif-
fances, puifque cen’eft qu’en raifonnant fur ce qui s’eft pratiqué
de bien ou de mal entendu dans les di-fférens ports où j’ai puifé
des inftruétions, que je puis en déduire des maximes judicieufes;
& comme le Havre-de-Grace .m’a fuggéré des remarques qui
peuvent avoir leur utilité, je vais les expofer, dans l’efpérance
qu’elles tourneront peut-être au bien de l’Etat.
533. Le Roi François I commença en 1509 à fortifier cette
Ville, dont les travaux furent alternativement interrompus Sc
continués fous les régnés fuivans , jufqu’à celui de Louis XIII „
qui les finit par la citadelle ; Sc Louis le Grand y fit .çonftruire
un baffin pour fa marine, avec tous les ouvrages convenables à
l’entretien du port. Sa pofition à l’embouchure de la Seine, qui
de rend l’entrepôt du commerce de France avec fes Colonies SC
les autres pays étrangers, dont les marchaudifes remontent à
peu de frais jufqu’à Paris, fa fait regarder jufqu’ici comme un
des plus importans du Royaume. 11 eft le feul dans la Manche
qui garde la pleine mer près de trois heures,, .ce qui facilite beaucoup
l’entrée Sc la fortie des vaiflèaux. Je n’entre point dans le
détail des caufes qui lui donnent cet avantage, ni du grand intérêt
que l’on a de l’entretenir en bon état,; mais comme les
moyens dont on s’eft fervi pour y parvenir n’ont eu qu’un fuccès
de peu de durée, il n’eft pas indifférent d’en examiner la caufe,
-ôc les moyens d’y remédier.
534. Un coup d’oeil fur la carte que je rapporte, fera-voir que
fon chénal eft naturellement dirigé vers le ju d -o u eft, Sc que c’eft
par accident fi l’entrée fe--trouve tournée du côté $ ou i f i par un
banc de galets qui rend cette entrée fort étroite 8c très-dange-
reufe, -les vaiflèaux étant expofés à échouer derrière la jettée A
par les coups de vent d’oueft. Pour en eo.nnoître l’origine, 01a
C R a p .V . S u r l e s p r o p r i é t é s d e s E c l u s e s . 3 8 3
fauta qu’on nomme ga lets certains cailloux qui fe détachent des Pl. LIL-
F a la ije s , principalement depuis le Havre jufqu’à la H e v e , où ils
fiant en plus grande abondance que par-tout ailleurs. La marée
montante les charrie Sc les depofe a 1 entree des jettees Sc dans
l’embouchure de la Seine ; ce qui arrive toujours lorfquils rencontrent
des courans qui les chaflènt d un fens oppofe a celui ou
ils font portés. Il n’eft pas croyable a quel point les ports de
Normandie en font incommodes ; ils. s y amaffènt en fi grande
quantité, que fi les éclufes ne leur donnoient continuellement la
chaflè, les ports en feraient bientôt tout-a-fait barres. Négliger
d’en faire ufage aulli fréquemment quil convient pour prévenir
ce mal, quand on eft charge d y veiller, ferait manquer a 1-Érat ;
il n’y a point d’égard ni de confidération pour les intérêts des
particuliers qui en fouffriroient quelque dommage,.qui puiffèen
difpenfer.- . . . . ■.
5 3 5. Ce port ayant toujours, été fujet au même inconvénient, P tfuw n fa ’
on y fitautrefoisides éclufes fituées-le plus avantagéUfement qu il ^
fût poflible pour détruire les depots de galets a-mefure qu ils fe l ’entretien dut
fè formeraient. La plus près-du chenal eft placée en D,, a-la ra- Portt
cine de la jettée A , proche la tour de François!-, a 1 endroit du
folle de la place. Elle eft compofee de trois paffages-, chacun
de fept pieds,- fépatés par des-piles dont la dire&ion eft oblique,
pour raccorder,-autant- quil a ete-poflible, le courant de
cette éclufe avec celui du chénal ;- mais comme Je foffe qui lui
lui fert de r.éfervoir n’a que peu de profondeur,, elle n’a jamais
produit qu’un médiocre effet. Plus loin eft une autre E de 40
pieds de largeur, à l’entrée du baffin des vaiflèaux du Roi , qui
n’a que des'portes d’hébes, dans lefquelles on a ménagé des
vannes pour oiirer le port ;• ce que peut faire aufli une troifieme
éclufe F de 15 pieds de largeur,.fituée au fond du baffin , pour-
y introduire l’eau des folles de la place. Il en eft encore une quatrième
G de 18 pieds ,, fermée par trois vannes-,- fur la chauffée
qui facilite la communication de la ville avec la citadelle..Cette
éclufe , que l’on nomme tls la -F a v re , eft celle dont on fait actuellement
le plus d’ufage pour curer le port Sc le chénal, fans:
pourtant détruire le banc de galet qui eft à fon entrée, à caufe
de fon grand- éloignement, Sc du peu d’eau- quelle reçoit- etu
réferve à la marée montante.- Enfin il- y en a une cinquième H,
répondant au fofTé de la citadelle, qui lui fert de réfervoir pouf
la même fin , du moins ç’a été fon objet ; mais il n’eft pas rempli,
cette éclufe ne s’ouvrant qu’une fois l’année pour la pêche;