
Voyez la
Planche III.
Propriété de
Vouvrage a
couronne qui
eouvroit la
1$ ville baße.
Voyez la
Planche III.
3 1 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
connoiffent bien, pour en favoir cirer tout le parti qu’il eft pofli-
ble • ce qui n’arrive pas toujours, faute de l’avoir affez etudiee.
Ces connoiffances font également importantes aux deux parties
• car c’eft peu de chofe pour l’affiégeant d’avoir un plan fidele
d’une place aquatique qu’il attaque, fufceptible de toutes les difficultés
que les eaux peuvent oppofer, s’il n’a auffi un mémoire
inftru&if des différentes manoeuvres qu’il doit redouter.
Il convenoic que je parlaffe de'l’ulage des batardeaux qu’il y
avoir dans les folles de Dunkerque, chofes auxquelles on ne fait
pas ordinairement grande attention, parce que je rapporte dans
le fécond volume les développemens de plufieurs éclufes com-
prifes dans les mêmes batardeaux, pour enfeisner ce qui a été
obfervé dans le cours de leur conHi-udion. C ’eft auffi pour avoir
occafîon d’amener des exemples frappans de toutes les efpeces
d’ouvrages hydrauliques qui peuvent appartenir à une place maritime
, que je me fuis attaché à décrire Dunkerque d’une maniéré
hiftorique, pour montrer 1 extreme différence de cette
place, confidérée dans l’état oh elle fe trouvoit en 1 6 6 } , avec
celui oh elle étoit parvenue en 1 7 1 1 , par la magnificence de
Louis le Grand, Se le haut degré d’habileté qu’avoient acquis
les Ingénieurs de Sa Majefte. _
75. L ’ouvrage à couronne (73, 74, 75) confirait en 1 #40 pour
couvrir la Ville baffe 8c l’entrée des canaux dans la ville, é toit encore
une tête bien refpectable, appuyee aux canaux de Bergues -
de la Moere. Le foffé de cet ouvrage étoit fufceptible de toutes les.
chicanés poffibles, à l’aide des éclufes pratiquées dans les batardeaux
1 1 1 , 1 2 2, parce que ces canaux pouvant être mis a fec alternativement
8c remplis des marées parle jeu des éclufes de Bergues
gç de la Moere, l’on pouvoir faire couler rapidement de nouvelles
eaux dans ce foffé , pour donner la chafTe aux ponts des ennemis
, ce qui eût rendu la prife de cet ouvrage des plus difficile.
D ’ailleurs on avoit en avant le fort Louis, qui n’en étant éloigné
que d’environ huit cents toifes, pouvoir battre de revers l’attaque
qui aurait voulu cheminer vers cette tête, devenue bien plus în-
acceffible encore par le camp retranché que M. de Vauban fit
faire en 170 6 , dont nous rapportons le tracé fur le petit plan de
Dunkerque, de même que le fort Louis ; l’un 8e 1 autre n ayant
pu être compris fur le grand , à caufe des bornes ou 1 etendue
des planches eft renfermée. Cependant comme il eft allez bien
diftingué pour en faire connoître l’objet 8c les avantages , je
vais les expofer, afin de ne rien négliger de tout ce qui peut
donner
Chap. IL Description de Dunkerque. 33
donner une jufte idée de l’état oh étoit Dunkerque au commencement
de ce fiecle; état brillant oh j’ai eu le plaifir de l’admirer
en 1713 avant fa démolition, 8c dont il eft difficile de fe
rappeller le fouvenir fans douleur.
■ 7 6 . Ce retranchement étoit compofé de deux lignes, la première
( 8 6 ,8 7 , 88,89,90,91 , ) partoit de l’inondation du fort
Louis, 8c venoit aboutir vers l’angle du demi baftion (73) de
l’ouvrage couronné, le long du canal de la Moere qui lui fervoit
d’avant-foffé. Et comme à l’endroit du grand Stindam, qui étoit
un pofte avancé renfermé dans une redoute, fervant à couvrir une
éclufe propre à former les grandes inondations, il fe trouvoit un
petit canal de traverfe fervant à joindre ceux de la Moere 8c de
Bergues, qui donnoit lieu à une prefqu’ifle affez vafte: M. le
Maréchal de Vauban l’occupa par les pièces 91 8c 108 , appropriées
à la fituation du lieu pour rendre le front 89, 90 le plus
fort de tous; au lieu que fans cela, il eût été le plus foible, n’étant
point défendu, comme fes collatéraux, par le fort Louis 8c
le corps de la place, au canon defquels il étoit parfaitement fournis
; c’eft ainfi qu’un habile Ingénieur fait faire regner l’équilibre
dans la défenfe des travaux qu’il exécute, afin d’embarraflèr
l’ennemi dans le choix des attaques.
La fécondé ligne (93,94, 96 , 97, 98 , ) partoit du canal
de Bergues 8c alloitfe terminer à la hauteur du Sas (.105 ) déEelui
de Bourbourg, qui lui fervoit auffi en partie d’avant-fofle ; cette
ligne étoit défendue, comme la précédente, par la ville 8c le
fort Louis, dont l’heureufe pofition fembloit avoir été choilîe
exprès pour protéger ce camp, qui fè trouvoit par toutes fortes
d’endroits le plus commode 8c le plus fort de tous ceux qui ont
jamais été conftruits pour fohtenir une place.
Defcriptioti
du camp retranché.
77. Il avoit plus de quatre mille toiles de tour, fon folle huit
toifes de largeur, fur huit à 9 pieds de profondeur , 8c fept de
hauteur d’eau ; fon parapet avoit douze pieds d’épaillèur, 8c neuf
de fupériorité au-dellus du niveau de la campagne, par confié*
quent autant d’élévation qu’il en falloir pour couvrir la cavalerie,
8c dominer fur les digues des canaux environnans, qui étoie,nt
d’excellens folles de quatorze à quinze toifes de largeur, fur huit
a neuf pieds de profondeur d’eau, que l’on rendoit courante , en
y faifant jouer les marées , toutes les fois qu’on vouloit, à l’aide
des éclufes répondantes à leur embouchure, fans que l’ennemi
pût y mettre la moindre oppofition.
Ce camp étoit garni de cinquante pièces de canon de fer du
Tome I , E
de M.
le Maréchal
de Vauban,
P l . III.
Quelles
étoient les
principales
mefures du
retranchement
avec l'artillerie
pour fa d>
fenfe.