
A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
P l . X X . Sr‘^e compofée d’un fécond rang de traverfines ; en même terns
on a pofe le feuil, le palier 6e les heurtoirs, pour l’aflemblage du
bufc. D ’autre part on a auffi établi le feuil de la herfe 6c celui
de la vanne ; l’un 6c l’autre ferrés encore entre deux traverfines,.
pour les rendre inébranlables. On remarquera que ces feuils-
fervent en même tems de femelle aux montans des couliffes enclavées
dans, la maçonnerie du parement des hpjoyers ; ce que le
fécond plan montre fenliblement, de même que les quais de
maçonnerie fervant d’aîles à l’éclufe du côté de la fuite des eaux ;
les contais de glaife dont ces mêmes ailes 6c les bajoyers font
enveloppés ; enfin le fafcinage des faux radiers. Je ne dis- rien
de la mefure des bois qui compofent la charpente précédente
on la trouvera dans le chapitre V I I I , où l’on explique la maniéré
de les déterminer félon la largeur des éclufes, avec tous
les détails qui font relatifs aux radiers.
Les intervalles des traverlînes de la derniere grille ayant été-
remplis de maçonnerie, on a pofé le fécond plancher 6c fon
recouvrement fervant de radier à l’éclufe, le tout bien arrafé
avec les feuils du bufc de la herfe 6c de la vanne, pour que l’eam
puiflê couler fans trouver d’obfïaclé qui la falfe rejaillir.
P l X X I . Éa vingt-unieme planche repréfente à vue d’oifeau le plan de
l ’éclufe, le pont fervant à la traverfer, le feuil de la vanne , les-
femelles des chevalets du treuil qui lui appartient, lç,plan de;
la chambre de là herfe, établie fur une arcade qui a pour piédroits
les bajoyers, celui du corps de garde , veillant à la fûreté-
de la porte d’eau, les degrés pour paflèr du-rempart fur le chemin
des rondes qui régné lé long du mur crenelé dé l’ouvrage
que cette éclufe travetfe ; en un mot, tout ce qui lui eft relatif.
Comme il s’e^trouvé fur cette planche un efpace vuide propre
à etre occupe utilement, j’y ai rapporté en grand la charpente
d une des portes de flot ( c’eft-à-dire regardant la mer ).
de l’éclufe de Bergues , avec les dimenfîons des principales
pièces ; mais je ne m’y arrête pas, ce fujet étant d’un allez grand-
detail pour mériter un chapitre particulier; ainfi nous reviendrons
à cette figure quand il en fera tems.
P t Air. ^ f on recherche avec un peu d’attention les parties qui. en-
X X I I . trent dans la compofition des profils que comprend la X X I I e
planche, on y trouvera toutes celles dont nous venons de faire
mention, repréfentées dans lesdifFérens fens qui en peuvent faciliter
l’intelligence: ce que font de bons dcflèins beaucoup mieux,
que de longs difeours, qui ne portent pas- fi bien à l’elprit le»
Chap. VII. D e la fondation des Écluses. i 57
idées qu’on veut lui fournir. D ’ailleurs il faut convenir que des
explications pour des choies qui parlenc d’ellcs-mêmes, font
d’une inlipidité infupportable, 6e pluspropres à obfcurcir la matière
qu’à la rendre lenfible, fur-tout quand on fe propofe de développer
encore par des figures en grand les fujets qui méritent
le plus d’attention dans l’exécution. C ’eft ce que je vais faire avec
d’autant plus de railon, que j’y ajouterai des remarques importantes
pour la conftruétion des éclufes en général ; car la
planche X V n ’ayant lieu, à bien des égards, que pour les grandes
éclufes du premier ordre, il convient de développer de même
ce qui peuc appartenir à la fondation des petites, telles que les-
deux dernieres que je viens de décrire.
166. Quelques précautions qu’on ait pu prendre en conftrui-
fant l’éclufe de Mardick, pour empêcher que l’eau des fources
ou celle de la retenue ne fe fît jour fous- le radier ,■ à peine fut-il
fini qu’il bomba à vue d’oeil. Deux ans après les mêmes Ingénieurs
qui avoient fait conftruire cette éclufe, ayant eu ordre de
la détruire , pour fatisfaire la Cour d’Angleterre, que le Minif-
tere d’alors vouloir ménager, comme nous l’avons rapporté
dans notre difeours hifborique de Dunkerque ( 10 4 ), ces Ingénieurs,
dis-je, recherchèrent la caufe d’un mal contre lequel ils
croyoient s’être bien précautionnés'; ils découvrirent que le défaut
venoit d’avoir enclavé dans la maçonnerie les pilots qu’on
avoir plantés fur toute l’ étendue du radier. Car comme il n’eft
pas poffible de lier la maçonnerie avec des bois debout, parce
que l’un ne peut jamais avoir une parfaite adhéfion avec l’autre,
l’eau de la retenue qui avoit jufqu’à 20 pieds de hauteur au-def-
fas du radier, était parvenue à s’introduire fous le maflif, en remontant
le long des pilots jùfqu’au premier plancher, où elle
s’étendit fous toute la capacité du radier du grand paffage, qui
avoit environ 12 14 4 pieds de fuperficie; y forma une lame, qui
étant mife en action par une Golonne de 10 piedsde hauteur, fai-
loit un effort de bas en haut, équivalent au poids de 241880’
pieds cubes d’eau, qui pefent 170 0rfroo livres, par conféquenc
capable de déraciner les pilots 6e de les foulever avec le o-rillao-e’
auquel ils étoient attachés. Ce qui montre bien la néceffité défaire
ccs grillages a 1 epreuve de tout événement, principalement-
quand les traverlînes ont autant de portée qu’elles en avoientr
ici. Car il faut les regarder comme autant de folives qui foutiennent
un plancher chargé extraordinairement, & qui fléchit
fous, le poids ; la différence eft, qu’ici la puiflànce agit de haute
Remarque im~
portante faite
à la démolition
de l ’é-
clufe de Mar-
dickt fu r l ’inconvénient
d’enclaver de?
pilots dans le'
majjlf des ra-c
dïerst