
i i -6 A rchitecture H yd raul iq u e , L iv r e M
P l . IX . Recette machine n’ayant pu être rapporté fur toute là longueur,
il a failu brifer le patin Y Z pour fe conformer à l’ef*
pace qui reftoit fur la planche: mais l’on pourra juger de fou
étendue par le premier profil.
Au bouc de l’extrémité Z , eft encore un autre patin T T ,
égal a un des deux premiers A , fervant de fem e lle à un poinçon
Q , de 9 pieds de hauteur fur 8 & 6 pouces d’équafriffàgej arc-
bouté par deux a rb a lé trie rs D , de 6 & 5 pouces d’équarrifTage;
ces dernieres pièces forment enfemble la queue de la machine.
Dans le milieu du premier patin, eft élevé Le coulei H , ayant
1 1 pieds de hauteur fur 8 Sc 6 pouces, acco'é parles oreilles Q
du mouton, auxquelles répondent des clefs de fer pour l’alfujet-
tir. Cette piece eft foutenue par deux arb alétriers R , nommés
bras de la fonnette, ayant 6 fur 6 pouces d’équarriffage, -
Sur le fécond patin, eft élevé un p o in ç o n encore de u pieds
de hauteur, fur 6 & 6 pouces, lié avec le coulet H , par le chap
e a u L , de 8 6c 6 pouces, percé pour recevoir les tenons, fou-
tenu d ailleurs par les bras S , de 6 fur 6 pouces, donc l’un des
deux eft accompagné de chevilles pour fervir d’échelle à la ma-
chine. Pour plus de folidité, le fommet de la fonnette eft encore
lie par des m oife s G de 5 & 4 pouces, à la fabliere E & au
poinçon Q. Quant a cette fabliere, on obfërvera quelle eft de
deux pièces feparees par le coulet de l’arbre tournant C , mais
liees enfemble par deux taflèaux qui les embraflènt de part
& d’autre.
Il eft vifîble que toutes ces pièces s’ajuftent par des boulons
Si clavettes, afin quon puiflè démonter aifément la machine,
quand on veut la tranfporter d’un lieu en un autre. A l’égard
de fon jeu, la mécanique en eft fi fîmple, que ce n’eft pas la
peine de s y arrêter, puifqu’un coup d’oeil fuffic pour juger que le
mouton eft fufpendu à un déclic X , lié par un S de fer à une
corde qui paflè fur une poulie M , figure t & 3 , enfuite fous
une autre N, attachée au poinçon I ; de-là, elle vient filer autour
de 1 arbre C que quatre hommes font tourner en pouffant les.
extrémités des leviers F. Quant à la corde X Y , qui répond au
decht, la troifieme figure montre qu’elle a fon extrémité arrê-
^ endr°h Y , d’un des bras de la fonnette, pour l’obliger
a faire la bafcule & a fe détacher du mouton, au moment qu’iî
eft parvenu a fa plus grande hauteur. On peut faciliter cette
action en faifant enforte que la partie fupérieure de l’anneau du
mouton fèrve d efîieu à un rouleau ou cylindre de fonte , afin
C h AP. VI. Ü E S MACHINES FOUR ENFONCER LES P lLO T S . 1 1 7
que le crochet l’abandonne plus aifément, ce qui eft aifé à
entendre : c’eft pourquoi je palfe au calcul de cette machine
qui va fervir d’exemple pour faire celui de toutes les autres de
cette efpece.
104 Comme lecabeftan C , de 7 pouces de rayon, eft embarré
par 4 leviers chacun de 7 pieds, pris depuis l’axe jufqu’au
point où l’on peut fuppofer la puiffancé réunie, cette puiflance
ne fera donc que la douzième partie du poids. Eftimant 100 liv.
la force que les quatre hommes emploieront enfemble pour élever
le mouton, on voit qu’il pourra être du poids de 1200 livres:
fur quoi j’on fera attention, que pour l’élever à la hauteur de 7
pieds , il faut que le cabeftan fa flè deux tours, & un pareil nombre
pour ramener le déclic X , qui eft un tems perdu dont on
n’eft pas toujours maître de difpofèr.
On obfervera que des hommes appliqués à une pareille machine
ne peuvent guere faire en marchant plus de 1200 toifes par
heure, ou 7200 pieds, & que devant en parcourir 44 pour chaque
tour du cabeftan, foit pour rouler ou dérouler la corde, il
faudra qu’à chaque percullion , ils fafTent un chemin de 176
pieds; ainfî le pilot n’en pourra recevoir qu’environ 40 parheure.
I l eft vrai qu’elles feront très-violentes, tant parla pefanteurdu
mouton que par la hauteur de fa chute, bien plus grande qu’avec
la fonnette ordinaire; & que par conféquent il enfoncera,
davantage le pilot dans un terrein où il fe rencontreroit des bancs
fort durs, ce qui peut dédommager de la lenteur de cette machine:
c’eft pourquoi il n’y a que les circonftances qui peuvent
déterminer fur la préférence.
E I-c defaut de cette fonnette eft de renfermer un nombre de:
pièces de charpente qui donnent peu de facilité pour la changer
de place àj chaque pilot qu il faut battre ; au lieu qu’il convient
que ces fortes de machines foientles plus légères qu’il eft polîî-
ble , qui" eft le cas ou fe trouve celle que repréfen-te la figure 6
( planche V III. ) dont le férvice fera auffi beaucoup plus prompt,
parce que les leviers du cabeftan B étant plus courts, il faudra
moins de tems pour lui faire faire une révolution ; il eft vrai
qu’au lieu de quatre hommes il en faudra fix ; mais, on en ferai
bien dédommagé par la célérité du travail,
205. Lorfqu’on veut enfoncer des pilots.dans une rivière, ois
en tout autre endroit où il fe rencontre une grande profondeur
d’eau, dans laquelle on voudroit faire un batardeau , pour en
P l. IX .
Maniéré dé
calculer L'effet
■ de Celte ma-
chine , relatif
vement à la
puiffancé &
au temst
P l , V I I I.
Manière dy&-
tablir les
échafauds'
pour enfonew