
V f âge des
éclufes relatives
au port
pour le curer
aujfi-bien que
U chinai*
Vfige des-
éclufes relactives
au port
pour le curer,
aujji bien que
k. chénal*
Propriétés
du peut de
Cherbourg.
380 fc A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I I ,
529. Si l’on réfléchit fur la pofition avantageufe qu’ont ici les
éclufes relatives au port, on fentira le grand effet dont elles font
capables pourTe bien curer. Ouvrant la grande du milieu A
pour faire jouer l’autre G , aufli-tot. que la mer en fe retirant
n’aura laiffé que deux ou trois pieds de hauteur d'eau dans le
baffin, celle de la retenue en creufera le fond fur une certaine
largeur qu’on peut étendre aufli loin qu’on voudra, en dirigeant
fon courant tantôt à droite & tantôt à gauche , par le moyen;
des pontons 8s autres machines imaginées pour cela , qu’on
trouvera décrites dans le fécond Volume. Alors l’eau du baffin
fè chargera du fable qui aura été détaché , 8c l’emportera à la
mer à mefure qu’elle achèvera de fe retiter; au lieu que fi l’om
attendoit quelle le fût entièrement pour faire jouer l’ëclufe G ,
la plus grande partie du même fable fe dépoferoit fur les côtés.
Il eft vrai qu’ici cela ne peut arriver que vers l’eft , parce que
l’éclufe Y, que la figure du badin a oecafionnée, ne permettroit
pas qu’il-fît un long féjour de fon côté, par la chafle qu’elle lui
donneroit en creufant à fon tour la partie qui lui répond ; ayant
vu précédemment que cette éclufe pouvoit recevoir les eaux de
la retenue & celles du folle HTZ. Il fuit que malgré l’extrême
étendue de ce baffin , il acquérera fucceffivement une profondeur
égale à celle du radier de la grande éclufe, qui eft ordinairement
furmontée de 17 à 18 pieds d’eau, lorfque la mer étale
de haut.
5 30. Par de fèmblables manoeuvres on approfondira de même
le port, en faifant jouer pendant fix heures de fuite, enfemblç-
ou léparément, les. trois éclufes C , A , C , qui feront un très-
grand effet, vu la bonne direction qu’on a donnée aux deux
petites pour agir fur la largeur.
Cependant pour curer, le chénal avec plus de fuccës encore,.
& empêcher que les fables, ne forment des dépôts vers la naif-
fan ce de l’eftran, on a placé les deux éclufes de chalfe K , qui-
fe trouvant rapprochées d’environ 250 toifes de la laifle de baflte-
mer, ne manqueront pas de pouffer le chénal beaucoup plus loin;
que la tête des jettées, fur une profondeur capable de recevoir
les vaiffeaux du- fécond ordre qui chercheront un abri dans;
l’avant port.
5 .1. C’eflr (ans doute dans ce deffei'n qu’on travaille actuellement
à prolonger les jettées.plus. loin qu’elles ne font marquées
fur le plan, afin de rendre ce port capable de tous les avantages,
dont il efl: fufceptible , tant pour la marine du Roi que pour le
C h a p . V. S u r l e s p r o p r i é t é s d e s É c l u s e s . 3 8 1
commerce. Il n’eft point de mon fujet d’en expofer les confé- Pl. LI.
quences ; il fuffit, pour en juger , de connoître la richeffe du
projet dont le Roi a ordonné l’exécution. Eft: - il rien de plus
magnifique en effet que fon baffin , qu’on peut rendre capable
de Contenir plus de quatre cens navires, &C des frégates de cinquante
canons, fi néceffaires fur cette côte pour protéger en
ternie guerre les vaiffeaux commerçans , dans le dangereux
paffage de la Manche ? Il efl: vrai que t e port ne fera point propre
à ceux du premier rang ; mais ce défavantage s’évanouit ,
quand on conlidere qu’ils ne peuvent avoir lieu à fon égard, à
caufe de la quantité d’écueils qui fe rencontrent le long des
côtes voifines, &c que d’ailleurs ils font inutiles pour les garder.
En récompenfe, fi on en examine la rade, on conviendra qu il
efl: rare d’en voir une plus prochaine, ni plus propre a mettre a
couvert une", armée navale. N
' 532. Je fuppofe qu’on n’ignore point qu’une rade eft un lieu trfirlptlaa
à quelque diftance de la cote, ou les vaiffeaux a 1 abri des vents, ^ d, cher- i
trouvent un fond de bonne tenue, c eft-a-dire capable de rece-
voir l’ancre , où ils mouillent ordinairement en attendant le
vent ou la marée propre pour entrer dans le port prochain , ou
bien pour faire voile. Telle efl la rade de Cherbourg, fituee vis-
à-vis du port; elle s’étend d’une lieue & demie vers le nord, fur
à peu près autant de largeur, entre la pointe de Hommet 8ê la
côte de Tour- la -v ille . Le fond en efl de fable Se d argile , allant
en pente du fud au nord , ce qui fait que les vaifleaux tiennent
bien à l’ancre S i ne peuvent chaffer. L’on y mouille à peu de
diftance de terre, par 8 à 12 braffes de profondeur, & plus loin
à 15, 20 ou 30, fuivant que le fond s’écarte du rivage. L ifle
P e lé e la couvre au nord-eft ; elle eft à l’abri de tous vents , excepté
de ceux du nord Sc nord - oueft, qui font vents arriérés
pour entrer dans le port. ,
On arrive dans cette rade par-deux paffages ; l’un a l’eft, qui
n’a qu’un quart de lieue de largeur; 8c (autre vers 1 eft, qui a
plus d’ouverture. Ils fout défendus par la redoute de T o u r-la -v ille ,
les forts d ’E q u eu rd re v ilîe , du G a let & de l ’O n g let. Ajoutant à
ces défenfes celles que l’on tirera des ouvrages que l’on doi t faire
pour rendre cette rade plus refpcftable encore , elle deviendra
le meilleur port du Royaume pour les armees navales. Mais en
voilà allez de dit fur cet article, auquel je ne me fuis arrêté que
dans le deffein de donner une idée des propriétés qui conviennent
à une bonne rade.