
48 A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
avec les An- y-alloit du bien de l’E ta t, de contra&er une alliance avec les
gloîsj qui exi- Anodois les Miniftres de cette Puiifance eurent ordre de- leur
f Z J f i d u f e Cour de ne point s’y prêter, qu’à la condition que l’éclufe .de
de Mardick Mardick /croit entièrement détruite.-M. d’iberville, Envoyé
fera détruite. extraordinairé de France à la Cour d’Angleterre, qui étoit venu
à -Paris pour recevoir les inftrudions de S. A. R. eut ordre de
s’en retourner à Londres, ôc d’emmener avec lui M . de Moyen-
neville, Diredeur des fortifications, toujours réfident à Dunkerque.
Ce célébré Ingénieur, après s’être bien débattu pendant
plufieurs jours avec les Miniftres Anglois, fur la maniéré dont
on vouloir que les travaux qui leur caufoient tant d’ombrage
fuirent détruits, eut la douleur de r'evé'nir en France fans avoir
pu obtenir des Anglois la moindre modification, n ayant voulu
- le relâcher en rien de la deftrudion entière d’un ouvrage fi digne
d’admiration. Et M. le Duc d’Orléans, qui avoir fans doute fes
raifons pour remplir des vues générales au préjudice d’un avantage
particulier, céda à ce qu’ils exigèrent. ' ^
Le-r Juillet Le 7 de Juillet de l’année 1 7 1 7 , en conféquënce du traité
de éctufe^efl d’alliance, on commença a faire le batardeau du cote de la mer,
démolie, & la pour en arrêter les eaux; on en forma de meme un du cote de
^vir.rc-fix pieds k terre, pour foutenir celles du pays; enfui te la grande éclufe
de ïargeur ré- qui avoir 44 pieds de largeur, fut entièrement démolie ; ôc la
dAteâ n-tn petite qui en avoir 1 6 , fut réduite à 1 6 ; au mois de Décembre.,
j i f q“C on enleva les deux batardeaux, les eaux du pays s ecoulerent
comme auparavant.Cependant le Roi, pour confoler les habitans
de Dunkerque de la nouvelle dilgrace qui leur venoit d arriver,
voulut bien avoir égard a leur fachcufe fituation, en accoidant
aux Députés qu’ils avoient envoyés vers Sa Majefté, les grâces
qu’ils s’étoient flattés d’en obtenir.
Evénement iod. Depuis ce rems, tout le monde fait par quelle faveur du
heureux d’un c;e]^ un COUp de mer, dans un gros tems, rompit le batardeau
Cqui’deiruiter. le 30 Décembre 1 7 1 0 , qui féparoit l’ancien port d’avec le che-
1720 le ta- nal ; comment les habitans fe font fervis heureufement, pour ap-
/ÿrok fan- profondit le chenal, de la petite éclufe qui étoit reftée dans la
cien port du ville fous le canal de Fûmes, après la démolition, parce qu elle
^Dunï-er'ue n'avoit rien de commun avec la fortification, ni la marine ; ôc
ejuirétablit 'le enfin comment, à force d induftrie, ils font parvenus à rétablir
commerce des un commerce qui les a tirés de l’extrême mifere ou les malT
habitons, heurs précédensles avoient plongés; commerce d ailleurs qui
ne peut être que très-avantageux à l’Angleterre, comme il feroit
Chap. II. Description d e Dunkerque. 49
roit aifé de le prouver, fi cette matière étoit de mon fujet.
107. Pour dire un mot de Mardick, c’étoit anciennement Defawtion
une grolïe habitation, foutenue d’un fort, près duquel ily a vo it de l ancien
une efpece de balle ville, qui fut aulfi fortifiée, l’une 6c l’autre de Mardick,
terres fablonneufes, revêtues de gazon; fa fituation étoit à une tificatlLlfu.
lieue de Dunkerque fur le bord de la mer. Ce fort a foutenu plu- rem démolies
fieurs lièges, comme nous l’avons dit précédemment; le Roi le rt***^’
fit démolir en 16 6 5 , de maniéré qu’il ne reftoit plus aucun vef-
tige de cette fortification, que le feul fort de.bois qui gardoit l’ancienne
fotfe de Mardick, lervant pour lors de retraite aux vaif-
féaux. C ’étoit autrefois un très-bon port, fur les ruines duquel
celui de Dunkerque s’eft élevé : mais depuis nombre d’années ,
cette folle s’eft entièrement comblée, de même que le chenal
qui régnoit le long de la côte ; à quoi a beaucoup contribué, l’é-
tabliüement 6c la prolongation des jettées du port, qui ont été
caufe que les fables fe font élevés aulfi haut que l’Eftran, dans
le chenal de la folTe; on a aulfi démoli le fort de bois. Alors tous
les habitans de Mardick ne pouvant plus faire de commerce, fe
font établis à Dunkerque, 6c il n’y refte plus préfentement que
quelques mafures occupées par des Pêcheurs.
E xplication des,chiffres cotés fu r le Plan de Dunkerque.
P l a n c h e I L p LAN.H.
1. Petite demi-lune de la citadelle. c i t a -
2. Autre demi-lune de la citadelle, défendant l’Eftran 6c eelle.
l’entrée du Havre.
3. Troifieme demi-lune de la citadelle, protégeant la batterie
de revers, 6c l’elplanade de la citadelle.
4. Baftion de la mer, au-deftous duquel étoit un grand fouterrein,
j . Cavalier, où étoit la coulevrine de Nancy.
6. Demi-baftion du grand cavalier.
7. Baftion d’Eftrade, défendant l’entrée du Havre.
8. Cavalier quién impofoit à la ville.
9. Baftion du Havre, qui en impofoit aulfi à la ville.
10. Baftion du moulin, contre la ville.
1 1 . Baftion de la porte de la citadelle, dans le cas précédent.
1 1 . Demi-baftion du retranchement.
1 3. Baftion des dunes, féparé du corps de la citadelle.
14. Demi-lune de la communication, défendant l’accès du baftion
1 1 , du côté de la ville.
Tome I. G