
Ventrée & à
la Jortie des
eaux.
Tofition des
éclufes qui oc-
cafionnent le
jeu des eaux
de cette place.
D e quelle maniéré
-l'on fait
circuler Veau
dans les fojfés.
Autres éclufes
378 A rchitecture Hydraulique, L ivre I ï , !
rivier.e d'Yvette dans l’arriere-port, où elle paflc pour fe rendre"
à la mer, on a fait les trois ouvrages 36, dont les défenfes'réciproques
, foutenues du corps de la place, font aflez bien entendues,
z“. Que l’entrée du port eft défendue par deux tours marquées
4, en forme de petits baftions ifolés,-fervant auili à ma-
noeuvrer les chaînes qui le ferment. 30. Que vis-à-vis les courtines
collatérales il y a deux batteriea ayant pour objet d’éloigner
l’accès du rivage ; ce que fait encore plus' avantageufement la
lunette 41, fituée fur un rocher qui furmonte de quelques pieds-
les plus hautes marées. 4°. Que la tête, des jettées eft. fou tenue
par deux batteries chacune de zo pièces de canon..
5.1 y.. Pour juger du jeu des eaux de cetce place, on faura que
la grande éclufe A, de 40 pieds de largeur, eft-la même que
nous avons décrite dans l’article 31T,. par laquelle s’écoule la
riviere d’Yvette, qui peut encore fe décharger, quand cette éclufe
eft fermée, en.paflànt par deux aqueducs de.9 pieds.de largeur,,
pratiqués de chaque côté fous le rez-de-chauflee BC , ayant
chacun une éclufe de chaflè fermée par des-vannes merveil-
leufemenc difpofées pour curer le port & fon chénal. Pour cela'
l’on retient feau-de la riviere qui fe déborde fur un vafte terrein.
OPQRS propre à-la tenir en réfer ve,.auffi-bien que celle que la:
marée montante peut y dépefer..
jz <j. Voulant tirer de ce dépôt tout le parti poffible, on fup~
pofe que l’eau peut fe rendre naturellement dans les faffès de la>
place, en fuivant les deux canaux L H, LI ; qu’elle, y entre er»
paflànt par les» petites éclufesdesbatardeaux H, I , pour la faire
circuler autour de l’enceinte, tant pour fa défenfe (comme dans
les articles 6 y & 492), que pour curer le chénal par deux nouveaux
courans formés des eaux.précédentes , dont an jugera de
l’effet dès-qu’on fera prévenu de ce qui fuit..
Pour empêcher que le9 foffés ne fe vuidenr quand la mer fe.
retire, & les maintenir pleinsauffi long-tems qu’on le veut, les;
tours à l’entrée du-port font liées par des batardeaux T aux deux>
demi-baftions 1 3, 30, & avec lés jettées par lesdigues V, fervant-.
a communiquer des quais-X-aux jettées, en paflànt par les mêmes!
tours où l'on a ménagé des forties. On faura qu’au deffous de:
leur rez-de-chauffee l’on a pratiqué deux aqueducs allant des.
flancs T aux faces K, par où l’eau fort lorfqu’on levé les vannesj
des petites éclufes qui s’y-trouvent, comme à ceuxqui font aux-
deux côtés de la grande A.
5 27. On fuppofe qu’il y a encore une éclufe G placée au:
Chap.V. Sur l e s p r o p r i é t é s d e s É c l u s e s . « 379 .
débouché de la riviere dans le baffin, afin de la contraindre de | j H
paflèr par les foffés, ou afin de maintenir, le baffin à fec pour le f -
curer pendant la bafle mer; ce qui peut fe faire auffi par le fecouis
d’une autre éclufe Y, fufceptible de recevoir toutes les eaux, non-
feulement de la riviere, mais auffi celles qui feroient rçtemies-
dans le fofle HZL, parce qu’il fe trouve un aqueduc ferme par
une Vanne fous chaque flanc E ôc F du baftion 20 , où l’on voit
la communication D répondant aux crois débouchés Y, E, F.
Pour juger de l’utilité de toutes ces éclufes, je vais les reprendre
de fuite, afin d’en montrer l’ufage, en commençant par ce qui
appartient à la défenfe de la place. ^
5 28. Il eft évident que fi l’on tient fermée l’éclufe G, de meme
que les autres petites H, F, I , les feules eaux de la riviere d Yvette peut former
vont inonder auffi haut que le terrein peut le permettre, le côté une inemit-
méridional.de la place, ôc celui qui regarde 1 orient, jufques lariviirs
vis-à-vis L’ano-le (aillant de la demi-lune 33 > ou réitéra à d’Yvette, ou
l’ennemi qu’un petit front entre l’inondation 5c la mer, dau-
tant plus difficile à attaquer que fes travaux le trouveront plus iamert
reflèrrés , fans pouvoir jamais faigner les eaux, puifqu indépendamment
de la riviere , celles de la mer peuvent les augmenter
deux fois en vingt-quatre heures. 11 n y a donc que le cote occidental
qui parole lui êcre moins défavorable; mais apres avoir
bien dilputé le chemin couvert, de quelle chicane les foffés des
ouvrages qu’il voudra attaquer ne feront-ils pas capables, pouvant
erre mis à fec & inondés alternativement par une fource
inépuifable d’eau, tirée tantôt de l’inondation par l’éclufe du
batardeau H , 8c tantôt de la mer par le baffin 8t le débouché E ?
C’eft pourquoi l’on pourroiefe pafler du percuis que comprend
le batardeau précédent, dont l’éclufe feroit fort expofée à être
battue du canon ; d’ailleurs on peut y fuppléer d’autanc mieux,
que le débouché F reçoit les eaux de la riviere, qui étant gonflées
, paflent naturellement dans le fofle ,8e, fi l’on veut, dans,
le baffin. Il réfulte donc que le front qui intérefle le plus l’ennemi
, eft celui de la porte du fauxbourg, qui a d’ailleurs le
défavantage d’être commandé de fort près; mais il n en fera pas
moins incommodé des eaux , puifque -les éclufes qui les font
jouer font hors d’atteinte, ne croyant pas qu’on puifte placer
plus heureufement celles qui répondent au flanc. J ’ai été bien aile
de rapporter cet exemple, que j’aurai lieu d’appliquer dans le
fécond volume, en parlant du parti que l’on peut tirer des eaux
pour la défenfe des places.
^ B b b îj