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par celles que nous éprouvions nous-mêmes.
On n’a rien négligé non plus de ce qui fe rencontre
ailleurs digne d’être cité, afin de mettre le Le&eur
plus en état de raifonner & d’étendre fes connoiffances.
Nous parcourons nos principaux Ports de mer, de l’O céan
& de la Méditerrannée, pour faire remarquer ce
qu’on y trouve de digne d’attention; nous nous arrêtons
fur-tout à Cherbourg & à la barre de Bayonne,
pour examiner les magnifiques jettées de maçonnerie
que l’on y fait depuis quelques années. D ’autre part
Breft, Rochefort & Marfeillè, offrent auffi des exemples
pour la conftruétion des formes deftinées aux Vaif-
feaux Galeres. Les fanaux pour éclairer l’entrée d’un
Port ou d’une riviere, font encore un fujet digne de remarque;
nous en donnons plufieurs, principalement
la fameufe Tour de Cordouan. Nous parlons auffi des
machines pour approfondir & curer les Ports, & de la
conftru&ion des carènes, quais de maçonnerie & de
charpente. La maniéré de défendre l’accès des Places de
guerre, en formant des inondations, quand elles font
à portée de la mer, des rivières ou canaux, eft une partie
de la fortification qui méritoit bien d’être traitée \
fond ; la conftrudion des éelufes & des batardeaux demandant
beaucoup d’attention pour faire jouer les eaux
de maniéré à préfenter à l’ennemi toutes les difficultés
qu’il peut effuyer de cette part.
Ce qui fe pratique en Hollande, pour faciliter l’e-
coulement des eaux d’un pays aquatique , ne nous a pas
échappé ; ainfi les éelufes, bufes Sc pertuis qui s ouvrent
d’eux-mêmes par l’adion de l’eau douce, quand
elle s’évacue dans le tems de la baffe mer, & fe ferment
auffi-tôt que la marée remonte, font rapportes
avec
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avec tout ce qui peut intéreffer la confervation des digues.
Nous ne nous fommes pas moins attachés à la
maniéré de deffécher les marais, de fe garantir des caufes
qui les occafionnent, de conftruire les étangs, & de conduire
les canaux & rigoles d’arrofage, à l’imitation de ce
qui fe pratique de mieux en Italie, en Provence ôc en
Suiffe.
Le moyen de rendre les rivières navigables, de les
contenir dans leur lit, d’empêcher que certains courans
n’anticipent fur les terres voifines, eft une partie trop
intéreffante, pour ne nous en être pas fait un objet.
Comme quelques Auteurs Italiens ont écrit d’excellentes
chofes fur ce fujet, nous avons beaucoup profité de leurs
inftruétions. Les Ingénieurs du Roi en Alface, ayant
une maniéré qui leur eft propre de faire des épis le long
des bords du R h in , pour contraindre le courant de ce
neuve à fuivre la détermination qui convient à la pofi-
tion des lieux qu’on veut conferver, nous rapportons
dans le plus grand détail ce qui s’y pratique.
■ Une bonne partie de cet ouvrage roule auffi fur les
canaux de navigation ; l’on y fait mention de ceux qui
ont ete exécutés ou fimplement projettés chez toutes
les Nations, tant de la parc des anciens que des modernes,
Sc de ce que l’on doit obferver pour former les
projets de cette conféquence, afin de prendre le parti
le plus avantageux. Que de chofes à dire pour ne pas
multiplier les dépenfes mal à propos, prévenir les incon-
veniens inféparables de pareilles entreprifes, faire une
jufte eftimation des eaux dont on pourra difpofer, & de
1 économie qu’on doit avoir, lorfqu’on eft dans le cas
de ménager celles qui fe tirent du point de partage, en
faifant enforte, par un moyen fimple, mais peu connu,
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