
ii A rchitecture Hydraulique; Livre I ,
f in de Mar- mais ces avantages ne furent pas de longue durée. L ’on prenoit
dick, qu’il alors des mefures en France 8c en Angleterre, pour faire le fiége
muîns^s lln- de Dunkerque, qui étoit le principal but du traité. Dans cette
elois. vue, Cronwel fit débarquer en France fix mille hommes payés
pour fix mois ; l’armée Francoife étoit alors commandée par le
Vicomte de Turenne , lequel apres avoir fait dans le courant de
la campagne de 1657 plufieurs conquêtes en Flandres, vint
affiéger le fort de Mardick, qu’il prit 8c remit entre les mains
des Ànglois : ce qui donna tant de joie à Cromsrel, qu’il envoya
encore offrir dix mille hommes.
Le vicomte 2.6. Lorfque tous les préparatifs furent difpofés pour le fiége
tnJeZl'îïd le de Dunkerque, en Avril 1 6 5 8 , le Vicomte de Turenne fit tra-
fiégede Dun- vailler à fe retrancher par une ligne de circonvallation & une au-
kcrquc, fait tre COntrevallation qui commençoient au bord de l’Eftran du
ckcofvllla- ‘ côté du levant, paffoienc deffus les dunes, de-là traverfoient
non & de con- Jes canaux , tournoient autour de la ville, & aboutiffoient à l’Ef-
tnvallamn. tran couchant, par un circuit qui formoit une efpece de croif-
fant, dont la mer bordoit l'ouverture. Comme il falloit fermer
l ’Eftran , qui demeure à fec deux fois chaque jour pendant fix
heures, ce qui laiffoit un paffage aux ennemis par Nieuport du
coté du levant, ou par Gravelines du côté du couchant, l’on fit
une eftacàde à chaque bout de la ligne qui alloit fe terminer juf-
P lan I. & i l’endroit des plus baffes marées, que l’on défendit avec'du
canon, 8c plufieurs barques armées. D ’autre part Cronwcl , cn
exécution du traité fait avec la France, envoya une armée navale
pour inveftir àufli la place du côté de la mer, afin d’empe-
cher qu’on n’y jettât du fecours.
Ouverture 27- Auffitôt que les lignes furent achevées, ainfi que les ponts
de la tranchée fur les canaux pour faciliter les communications , on ouvrit la
devant Dun- tranchéela nuit du 4 au t de Juin 1658 à deux attaques; l’une
rarméecomli- conduite par les François, avoit pour objet le tronc qui regarde
* 'France ]\Jjeuport; 8c l’autre par les Anglois, chemina du côté oppofé, où
terre. "S ‘ ' ton a.fait depuis la citadelle. Il fe fit plufieurs forties où les aflié-
gés, quoique toujours repouffés, marquèrent beaucoup de vigueur;
comme la tranchée fut pouffée avec toute la vivacité pof-
fible, on fe trouva après quatre à cinq jours de travail a portée
de fe loger fur le chemin couvert.
Les Efpa- 2 &- Cependant, comme le Roi catholique n’avoit point de
gr.ols fe réu- place dont là confervation lui fût plus importance que Dunker-
tujfent à que les Efpagnols fongerent à fe mettre en chemin pour la fecou-
d'armée &■ rir : ils ne purent d abord croire que les François dallent faire une
CHAP. I , SERVANT D’INTRODUCTION. 13
cntrcprife de cette conféquence, avant que de setre rendus marchent au
maîtres des places circonvoifines ; mais voyant qu’il n’y avoit Æ v k - , * '
plus à en douter, ils affemblerent toutes leurs forces à Ypres, crque‘
pour aller attaquer le Vicomte de Turenne. Le 1 3 de Juin, leur
armée parut près de Dunkerque, dépourvue d’artillerie 8c de
tout ce qu’il falloit pour une bataille ; à peine avoit-elle de la
■ poudre luffifamment pour l’infanterie.
Malgré cé fâcheux éta t, les Efpagnols ne laifferent pas que p LAN. j .
de fe campera deux portées de canon des lignes du Vicomte de
Turenne, du côté de Nieuport, fans faire aucun retranchement,
d’où il conclut qu’ils venoient i’attaquer dans les fiens, ce qui
lui fut confirmé par un Officier ennemi qui avoit été fait prifon-
nier, en venant vifiter les lignes ; le Vicomte apprit de lui plufieurs
particularités intéreffantes fur leur fituation, entr’autres
que le canon ne devoir arriver que dans deux jours.
1 9. Cette nouvelle le confirma dans le deffein qu’il avoit for- p e fvlC0tnlt
mé de fortir de fes lignes, pour prévenir les ennemis, 8cleur li- * Ea™«
vrer bataille le lendemain ; c’eft à quoi il fe difpofa, après avoir \ r‘î ion
donné tous les ordres néceffaires pour la fureté de la tranchée, tir de [es li-
Cependant les Généraux Efpagnols, fort éloignés de croire que
le'Vicomte pût avoir une réfoiution auffi hardie, permirent un m-ls s marche
fourage le foi r, ce qui fit dire au Duc d’Y o rck , en parlant au à ^ x ^ k u r
Marquis de Caraffene, qu’il craignoit fort que le Vicomte de pr,[p0p ; 0n
Turenne vînt les' attaquer le lendemain, à quoi ayant répondu des deux ar-
que c’étoit tout ce qu’il demandoit ; p a tien c e Lui r é p liq u a le D u c ,
j e connais le V ic om t e , vous aure% fa t is fa S io n .
Le lendemain matin vers les cinq heures, le Prince deCondé,
que des mécontentemens avoient fait palier dans le parti de 1E1-
pagne, s’étant avancé avec le Duc d’Yorck jufqu aux vedettes,
apperçut l’armée Francoife qui marchoit a eux. Le Prince retourna
fur fes pas pour en avertir les Généraux Efpagnols, qui n en
voulurent rien croire: piqué de leur indifférence, le Prince demanda
en leur préfence, au Duc de Glocefter, s il n avoit jamais
vu gagner de bataille ; le jeune Duc répondit que non : he b ie n ,
r e p r it - il, vo u s verrez dans une d em i-h eu r e , comme nous en p e rd ron s
une. Enfin les Généraux Efpagnols ne pouvant plus douter de la
marche du Vicomte de Turenne, fe difpoferent a le recevoir.
Leur armée compofée de fix mille fantaffins 8c de huitmille chevaux,
fut rangée en bataille; Dom Juan commandoit la droite,
gc le Prince de Condé la gauche: leur infanterie fut placée fur
une même ligne, qui s’ëtendoit depuis l’Eftran jufqu aux prai