
Exemple qui
montre La né~
ccjjité d'apporter
beaucoup
de foin
dans la conf -
truilion des
jbajoyers.
Maniéré de
renforcer le
parement des
bajoyers contre
les houles
de la mer.
Pl. VI,
Fig. 3 8c
4-
Fig. 2,
2 ï 6 A rchitecture Hyd rauliqu e, L iv r e I ,
en ne maçonnant avec du mortier de ciment que fur l’épaiflèur
d’environ trois pieds, fe contentant de faire le refte en mortier
commun, fuppofé d’ailleurs de bonne qualité.
340. J ’ai vu les éclufes d’un canal où, pour n’avoir pas pris
cette précaution, 5c pour avoir fait toiit le maffif de moilon maçonné
avec peu de foin, il fortoit des joints une quantité innombrable
de jets d’eau, qui n’étoient point entièrement épuifés une
heure après qu’on avoit lâché l’eau que contenoient les fas qui
faeïlitoient la defeente 8e la montée des bateaux. Je laiffè à
penfer le déferdre que ne manque pas de faire la gelée dans une
pareille maçonnerie, lorfqu’elle fe trouve imbibée. Comme les
éclufes dont je parle étoient à peine achevées lorfque je les vis,
avec ceux qui en avoient eu la conduite, je ne pus me taire fur
un défaut auffi effèntiel ; ils crurent trouver leur juftifîcation etl
me faifant voir qu’ils avoient fuivi à la lettre le devis qui leur
avoit été remis, où efFe&ivement il n’étoit fait nulle mention
du préfervatif de brique dont je leur avois obfervé la néceffité ,
par la propriété quelle a d’être bien mieux employée en liaifon
que le moilonnage.
341. Quand il s’agit d’un ouvrage expofé à une mer impétueuse
dont les effets donnent tout à craindre, il faut fortifier les
pannereffes B par des boutitfes C , appuyées contre les panne-
refîès mêmes, après en avoir débruti 8c dreffé les lits : ces bou-
tiflès doivent avoir la même hauteur que les affifes du parement.
Pour les lier enfemble on fe fert de crampons de fer F d’un pied
de longueur, non compris'celle de la patte, qui eft de 4 pouces,
fur 9 à 12 lignes d’épaiffeur. Cette patte s’élargit par le bas pour
l’encaftrer dans la pierre, en y faifant d’abord un trou plus large
dans le fond que vers l’orifice, afin que le plomb que l’on y coulera
foit mieux retenu;
On fe fert de pareils crampons pour retenir les afîîfes du parement
, 8c s’ils ne fuffifent pas, on en met d’autres formant un T
dans les joints montans, fcellés en plomb comme les précédens.
Ces crampons ont une patte à Un bout, pour fe loger dans la
pierre d’en bas, 8c un crochet à l’autre bout, que l’on introduit
dans celle de deffus ; ce qui eft aifé à comprendre à l’aide de la
figure 1 , relative à cette confirmation, qui devient par-là capable
de refifter aux mers les plus orageufes.
On fe contente d’armer ainfi les affifes qui fe trouvent à la
hauteur des vives eaux, 8c non pas celles qui répondent aux mortes
, parce que les vagues de ces dernieres n’étant point à beaucoup
C hap. X I . D e la construction des B a jo yer s . 2 17
Cbup près auffi- violentes, c’eft une dépenfe dont on peut fe dit-
penfer pour le bas de la maçonnerie. Par cette précaution l’on
prévient les dommages que peut caufer l’impétuofité de la mer
lorfqu’elle eft parvenue à dégrader le garni des affifes, qui ne
pourront alors être détachées, -
Cependant fi malgré toutes ces mefures on craignoit encore
qu’une mer en fureur ne bouleverfât un travail auffi folide, il
faudroit difpofer les pannereffes 8c les boutifles de façon que
les premières fuflènt liées 8c retenues avec les fécondés à queue
d’hironde, comme la figure 5 le montre. II eft vrai que la taille
des pierres en fera un peu plus chere 8c la pofe plus difficile; mais
en récompenfe la folidité de l’ouvrage dédommagera bien de
l’une 8c de l’autre.
342. Un Ingénieur de réputation, quiabeaucoup été employé
dans les places maritimes, ayant fenti la néceffité de travailler
avtc foin les paremens de pierre expofés à la mer, a propofé
une méthode dans le Mercure du mois de Mars 1745 , page 27,
que je vais rapporter à la lettre, afin que les gens du métier puif?
fent en faire l’ufage qu’ils jugeront le plus à propos, ne pouvant
difeonvenir qu’elle ne foit très-bonne à bien des égards.
« [°. On a remarqué, 8c la preuve en eft dans l’état adtuel de
» tous les ouvrages de mer, ainfi qu’aux bajoyers de plufieurs
» éclufes, que les lits de pierre de parement comme C , fe dé-
» gradent de toute la profondeur des joints de lit, c’eft-à-dire,
33 de 1 à 3 pieds , enforte que la mer s’y fraye dans l’intervalle
» de 12a i j ans un paflage de 1 pouces de hauteur au moins.
» i ° . Que par ce moyen les pierres de parement font en l’air
» l’une fur l’autre 8c foutenues refpettivement par quelques petits
» galets que la mer y chaffe avec violence.
” 3°- Qu’après une tempête on trouve fouvent des pierres dé
« parement culbutées , lorfque la mer a détaché les galets qui
» les foutenoient à fec, enforte que, quelque foin que I on prenne
33 pour les replacer fous oeuvre, cette réparation eft toujours
» mauvaife, par la difficulté de garnir le derrière 8c les enfon-
»3 cemens.
33 40. Qu’afin de pofer les pierres de parement avec plus de
33 facilité félon leur talud, les ouvriers les démaigriffent trop fur
33 la queue, comme on le voit en CD, C 0 , 8c les foulevent
»3 avec des callcs , qui, lorfque les cimens font partis, laiffène
33 une voie confidérable par où la mer perce avec violence fut
*3 le derrière des pierres, les fait aculer 6c enfuite tomber.
Part. I I . Tome I . E c
P l. V I ,
Fig- 5-
Mémoire d'un
Ingénieur dit
Roi y fu r la
conflruâlion
des paremens
expofés à la
mer.
Fig. 7.