
P l a n c .
' X X IX .
Suite de ce
qui appartient
aux guichets
.des venteaux.
Obfervation
fu r ie bordage
des venteaux.
1 4 6 . A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L iv r e I ,
plus difficile à manoeuvrer. Au refte ces ventails étoient attachés
à une fourche accrochée aux crémaillères des crics E , comme
nous l’expliquerons dans la fécondé feûion, en détaillant ce qui
appartient aux ferrures des portes. 1 * '
3S5. La feuillure pour contenir les ventails, fe prend quelquefois
d’une part dans l’épaiffèur du montant, &. de l’autre
dans celle du bordage des portes, à peu près moitié par moitié ;
c’eft-à-dire que fi ce bordage a 30 lignes d’épaiflèur/il y en a 14
qui en recouvrent 1 j de l’épaiffeur des ventails, afin d’avoir une
ligne de jeu ; ou plus ordinairement on forme les couliffès avec
des barres de bois ou des bandes de fer, comme il eft marqué
dans la figure, ce qui vaut encore mieux pour rendre le frottement
plus doux.
On fait aux chaffis qui font au-deflùs des guichets L , des feuillures
plus profondes d’environ deux lignes, que le bordage qui
doit les remplir n’a d’épaifleur, afin qu’il ne caufe aucun obftacle
au jeu des ventails 3 ou bien 1 on applique ces panneaux fur le
revers des portes, c’eft-à-dire du coté oppofé.
A l’entretoife fupérieure A B étoit un garde-fou I , fervant à
1 eelufier lorfqu’il alloit manoeuvrer les crics ? S t pour plus de
fureté il avoit encore du côté oppofé une corde K tendue d’un
poteau à l’autre.
Comme la plate-forme des bajoyers St de la pile qui féparoit
les deux pàlTages del’éclufe, fetrouvoitde 3 à 4 pieds plus élevée
que l’entretoife fupérieure A B , afin de mieux enclaver dans la
maçonnerie les tirans des colliers, on avoit attaché fur cette entretoife
, ainfi qu’aux poteaux tourillons , une petite échelle de
meunier L , a 1 ufage de 1 eclufier, comme cela le pratique tou»
jours en pareil cas.
386» J ’oubliois de dire que pour le recouvrement des portes il
y a des Ingénieurs qui emploient à celles des grandes éclufes deux
bordages au lieu d’un ; le premier d’un pouce St demi ou deux
pouces d épaifïèur, conditionne comme ci -devant 3 le fécond
dun pouce feulement, applique plein fur joint, après avoir
etendu fur le premier un lit de bourre ou de moufle d’une égale
epaillèur. Cette méthode me paroit fort bonne, St ne peut que
rendre les portes plus étanches qu’elles le font en ne les recouvrant
que d un feul bordage, dont les joints ne manquent pas au
bout de quelque tems de caufer des voies d’eau, malgré le foin
qu on a eu de les bien calfater St brayer : c’eft ainfi qu’on en a ufé
aux portes de la grande éclufe de Cherbourg.
C h a p . X I I I . D e s p o r t e s p o u r l e s É c l u s e s . 2 4 7
Je ne dis rien préfentement de ce qui appartient aux portes
tournantes, les ayant traité à fond dans le livre fuivant, où il
eft beaucoup fait mention de ces fortes de portes : un pareil détail
eût trop enflé ce chapitre, qui l’eft déjà allez de lui-même.
S E C T I O N I I .
D e s fe r ru r e s a p p liq u é e s a u x p o r te s des E c lu fe s .
LA force St le nombre des pièces de ferrure que l’on emploie
aux portes des éclufes, doivent fe proportionner à la grandeur
des venteaux, par conféquent à la groflèur de la charpente,
ce qui eft bien naturel.
387. Les principales ferrures des portes des petites éclufes, fe
réduifenc à deux étriers a b , fervant à lier le poteau tourillon avec
les entretoifes d’en haut S t d’en bas du chalfis, qu’ils embraflent
des deux côtés, en leur donnant la formequi convient à ce poteau
, où ils doivent être encaftrés, de même que dans les entretoifes
, pour qu’ils en affleurent la furface fans aucun relief qui
puifle caufer le moindre obftacle au jeu des portes. Ces étriers
font percés, de même que les bois, de manière à pouvoir être
traverfés par 5 ou 6 chevilles bien rivées, ou ferrées avec des
rondelles S t des clavettes.
On lie aulfl quelquefois par un étrier c d le poteau bufquéavec
l ’entretoife fupérieure, ou bien l’on emploie plus volontiers fur
chaque face de cette partie des équerres de fer e f g , les oppo-
fées liéesenfemble par les mêmes chevilles, & placées de maniéré
qu’elles n’empêchent point cette entretoife de s’appliquer
exaftement contre fon heurtoir.
388. Quand les portes appartiennent à des éclufes qui fou-
tiennent une grande hauteur d’eau , l’on ajoute un troifieme
étrier, pour lier encore le poteau tourillon avec l’entretoife du
milieu ; St fi les venteaux ont beaucoup de largeur, on emploie
deux étriers au lieu d’un à l’entretoife d’en haut, parce que c’eft
l ’endroit de la charpente des portes où faction de leur poids fait
un plus grand effort, tendant à rompre l’union de cette entretoife
avec le même poteau. Pour rendre encore cette union plus indif-
foluble, on attache au même venteau une équerre de fer n o p ,
( Planche X X IX ) que le deflein ne met en évidence que par des
P l a n c .
X X V I I I ,
Fig. 4.
Llfage des
principales
ferrures employées
aux
venteaux des
éclufes de
moyenne grandeur*
Obfervation
fu r ce qui fe
pratique pour
l'emploi des
ferrures appliquées
aux
venteaux des'
grandes éclufes,
P l a n c »