
P lan . Y .
Manière de
faire paffer
Veau d’un côté
a Vautre des
portes fans les
ouvrir. Vont
pour traverfer
la largeur des
èclufes.
V f âge d’uns
grande èclufe
6 0 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
où les poteaux font taillés en c k am jra in : alors elles font en-
femble une faillie en forme d’a va n t-b e c ou de b u fe , qui leur a
Fait donner le nom de portes bufquées ; & lorfque de part ôL
d’autre elles font dans cette fituation, elles renferment avec
l’efpace des bajoyers qui en marque l’intervalle , une capacité
hexagone que l’on nomme chambre d ’ éclufe . Il faut beaucoup’
d’art 6c d’intelligence pour rendre ces- portes capables d’une
grande rélîftance, fans les furcharger d’une quantité de bois fu-
perflue ; leur perfection fe réduit à un aflèmblage bien entendu '■
c’eftce que nous ferons remarquer, quand nous traiterons partir
culierement ce fujet.
1 17. Lorfqu’on ne veut point pratiquer de pertuis dans les bajoyers
d’une éclufe, on ménage au bas de chaque venteau un
g u ic h e t , pour faire palier d’un côté à l’autre la quantité d’eau*
que l’on veut, félon la nécelîité, Ces guichets fe ferment avec
de petites vannes qu’on leVe ôc baillé à l’aide des c ric s attaches*
fur l ’entre-toife fùpérieure.
Pour faciliter le palïige d’un côté de l’éclule à l’autre, l’on
fait un p o n t tournant que l’on replie pour laillèr palier librement
les bâtimens tout matés. Ce pont, quand l’éclule eft fort large,,
eft compofé de deux parties qui repofent 6c tournent fur le fom-
met de chaque bajoyer, approprié pour cela.
Indépendamment de ce pont, il s’en fait un autre petit au
fommet de chaque porte, à l’ufage de l’éclulîer. Il fe réduit a
donner à l’entre-toife fupérieure quelques pouces d’épaiffeur de
plus qu’aux autres, pour qu’un homme puifïè y palier en fe retenant
à un garde-fou foutenu par les deux poteaux montans, qui
excédent pour cela de 4 pieds la hauteur des portes ; ou bien aux
éclufes médiocres, on fe contente d’une planchepofée le long,
de chaque porte fur des corbeaux de fer.
Je ne dis rien des cabeftans ou vindas, qui fervent à la manoeuvre
d’une grande éclufe pour en ouvrir ôc fermer les portes,
non plus que de plulieurs autres chofes qui ne peuvent etre bien
entendues que par des détails circonftanciés qui n’euffent point '
convenu à un difeours préliminaire, où il ne s’agit que de donner
Une limple idée des principales parties qui entrent dans la
compofition d’une éclufe ; nous réfervant de les expliquer plus
amplement, quand il fera queftion d’enfeigner ce qui appartient
à leur conftruétion,
ï 1 S. Pour dire un mot de l’ufage d’une éclufe comme celle-
ci , on peut la fuppofer lituée à l ’entrée du balîîn d’un port de
C i ï a p . III. D e l ’u s a g e d e s É c l u s e s . 6 1
l’Océan , pour tenir les vaiffeaux à flot, en maintenant fermées p a rle s ports
les portes qui regardent le baffin , afin que l’eau qui s’y trouve
refte au même niveau dans tel tems que ce fo it , a moins qu on
n’en faffe écouler en levant les vannes des pertuis ou guichets.
Si l’on a des raifons pour maintenir le baffin à fec , on ferme,
quand la mer eft baffe, les portes qui font de fon côté, pour
empêcher qu’en remontant elle ne paflè au-delà. Que s il arri-
voit que de part ôc d’autre les portes fuffent chargées ôc la chambre
d’éclufe à fec, en ne pourroit dans-cet état ouvrir les mêmes
portes, par la difficulté de vaincre la réfiftamee du poids de l’eau ;
en ce cas on remplit la chambre en ouvrant les guichets des
portes qui foutiennent la plus grande hauteur deau, pour là
mettre en,équilibre dé toutes parts.
La même éclufe pourroit tervir auffi à l’embouchure d’une
riviere, ou d’un canal qui répondroit à un port de mer, pour
faciliter le paffage des bâtimens, ou faire écouler les eaux du
pays, quand la mer eft balle, en ouvrant toutes les portes ; ou
pour l’inonder en laiffant entrer les marées à la hauteur qu’on
voudra, tenant ouvertes ou fermées les portes de 1 eclufe, félon
l’état de la mer.
C H A P I T R E I V ,
Ou l’on détermine les proportions des éclufes d ’une
maniéré généraler
1 1 ?• f l lî 1 trouver les proportions des1 grandes éclufes, il faut Mention
I d’abord établir une réglé générale qui fervira de fon-
dement pour tout le refte. Elle fe réduit à connoitre la largeur tien dctem't-
qu’on veut donner entre les bajoyers, afin de déterminer les ntrUlargur
autres parties; mais comme cette largeur dépend de 1 mage
auquel l’éclufe que l ’on veut conftruire eft deft-inée, il faut lavoir
fi elle doit être placée à l’entrée du ballin d’un port de mer
ou d’une forme, ou fi elle fera fur une riviene ou fur un canal de
communication. Si elle eft à l’entrée d’un baffin ou d’une forme,
fa largeur doit dépendre des plus forts vaiffeaux qui doivent
y paffer, Si elle eft faite fur une riviere ou fur un canal, elle
fera affujettie aux plus grands bateaux qui font en ufage dans le
pays. De même , pour déterminer la hauteur des aîles ou 1»