
1 3 0 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l i q u e , L i v r e I ,
rées, & , par une fage prévoyance , fe garantir de tous les acci-
dens qu’on auroirà craindre. On doit agir dans le même cl prit
s’il eft qucftion de travailler lur une rivière fujette à de grandes,
crues, dans certain tems de l’année.
Attention 1 , Pour déterminer la polition des batardeaux „ il faut avoir
d'.r.oir pour egard à l’étendue qu’on donnera aux faux radiers dé fafeinage, qui
tl:ic.-maïk J.-, ont ordinairement io toifes de longueur, & à l’efpace qu’il fau-
M’jrJtMx. dra ménager au-delà, pour placer les machines néceflaires à
l’épuifemen t des eaux ; ce qui peut aller à huit ou neuf toifes, fur
le prolongement de la longueur des faux radiers; ainfi, félon cette
eftimation, les batardeaux doivent être places à une diftance
d’environ 20 toifes du bord de l’éclufe, au-deffus 8c au-deffous..
Polition qui n’cft pas indifférente; car il on les éloigne plus qu’iî
ne faut, on donne lieu à un plus grand déblais, par conféquent
à un plus grand épuifement d’eau. Si au contraire ils ne le font
point allez, on fe met trop à l’étroit, 8c l’on tombe dans un
inconvénient encore plus fâc'heüx ; d'où-l’on peut conclure qu’on
ne fauroit trop raifonner avant que de former les établiffemens
dont nous parlons, pour prévoir tout ce qui peut devenir nuilible,
Kétlexjans z i y . Une attention bien plus importante encore, cft de régler
:}d,r u fi bien la profondeur du déblais qu’après avoir établi les fonde-
■ à;s mens d’une éclufe, le radier fe trouve exactement au terme d'é-
‘d ■■ ’■■i’r “'u ^varion qui convient à fon uf.igc. Car fi elle clt à l’entrée d’un
profondeur du baffin ou d’un arriéré-port, il faut avoir égard à la quantité d’eaiï
:.-.-:!rauni quc pourront tirer les plus grands vailîeanx que ce port fera en
état de recevoir , non feulement dans le temspréfent, mais au fit
à l’avenir, s’il n’a pas toute la profondeur qu’on pourra lui donner;
je veux dire qu’il y a des cas, où il convient de faire le radier
d’une éclufe plus bas que le fond du port 8c du chenal, s’ils
font fufceptibles. d’être approfondis dans la fuite par la manoeuvre
des eaux. La regre que l’on fuit ordinairement eft de
faire enforte que la furface du radier foit de niveau avec les plus
bafïèseaux de la mer.
Lorfqu’une éclufe doit être fituée dans le fond d’un port, pour
le nétover à la faveur d’une riviere ou d’un canal, on donne
alors au radier 2 pieds ou i 8 pouces de fupériorité au-deffus du
fond du même port, afin de ménager une pente propre à donner
plus de précipitation à l’écoulement des eaux. Je laine a la
prudence de l'Ingénieur de faire les réflexions que mérite un
fujet fi împortanr, afin de ne1 laifler échapper aucune des cir-
conftances avantageufes dont pourra être capable l’éclufe qu’il
gur L.ipr.jOn-
deur :oh L'on
veut irpllir
U radier.
C h a p . V I. M a x im e s su r l e s É c lu s e s . - . i ; i
doit conftrüire, eu égard à la pofition de fon radier, laquelle
doit être prife au niveau de la furface du feuil; obfervant que
c’eft: de là qu’il faut eftimer la profondeur de l’eau que pourront
tirer les plus forts bâtimens qui paflèront par l’éclufe. Car on
ne doit jamais perdre de vue que les fautes que l’on commet ici
par un manque d’attention, font prefque toujours irréparables ;
8c l’on ne fauroit avoir trop de prévoyance pour s’en garantir.
230. Pour éviter les. fâcheufes fuites des erreurs qu’on peut
commettre à l’occafion de la jufte pofition du radier, il faut
prendre, à l’aide de quelques coups de niveau, un repaire fur un
monument le plus à portée de-là, eftimer au jufte de combien
la furface du radier doit être au-deflous de ce point fixe; 8c
quand on l’aura choifi, en faire mention dans le devis d’une
maniéré fpéeiale ; alors fi les profils de l’éclufe ont été bien
cotés, eu égard au travail qu’on aura deflein d’exécuter pour la
fondation, il fera facile de fe régler en conféquence.
23 1. Quand on fera parvenu à la profondeur convenable , il Auehtiin
faut bien examiner le fond, & le fonder, afin de s’aflùrer de fa
folidité , pour n’avoir rien à craindre des affaiffemens qui pour- du tanin /A
roient arriver à la fondation, quand elle fera chargée de l’é- l^udou-.ea,
norme poids des bajoyers 8c de celui des piles de maçonnerie,
fi l’éclufe a plufieurs paliages. Il faut prendre garde fur-tout de
ne pas fe laifler féduire par la bonté apparente du terrein, Sc
voi- s’il eft d’une nature allez folide pour recevoir la première
affile de maçonnerie, ou s’iL faudra piloter 8c faire des grillages
de charpente; ce qui ne doit point être ignoré de ceux qui ont
déjà fait travailler dans le voifinage, puilque ce n’cft que fur
cette connoifTance que l’on a pu former le projet de la fondation
8e le devis.
- 232. Comme les épuifemens, pour maintenir la fondation a /■ , ’a..
fec pendant la durée du travail, font ordinairement à la charge mod
e l’Entrepreneur, dont le marché a été réglé fur.eepied là, il p L L / d T
ne doit pas. lui être permis de prendre un emplacement pour la . doit
polition de fes machines, que de concertavec l’ingénieur, pour
qu’elles ne deviennent point un obftacle à la conftruclion du rtmrat%
faux radier. D’ailleurs, c’eft auffi à l’Ingénieur à tracer les rigoles
pour l’écoulement des eaux ; devant fentir mieux que
perfonne la conféquence d’empêcher qu’elles ne prennent leur
cours fous la fondation, ou de foufFrir qu’il nefafle aucun remblais
qui puifle condamner ces rigoles , que toutes les fondations
■ & les radiers ne foient dans leur perfection.
Rij
celui de l 'Entrée
r tueur.