
qu*il faut
avoir quand
on ménage de
petits aqueducs
dans l'é-
paijfeur des
bajoyers.
Maniéré de
pofer les
pierres de parement
des bajoyers
t
1 14 A rchitecture Hydraulique, Livre I ,
dans l’épaiflèur des bajoyers, pour faire palier l’eau d’un côté de
l’-éclufe à l’autre, fans en ouvrir les portes ni même les guichets,
il faut avoir grande attention d’en faire la maçonnerie la plus
folide qu’il eft poflible, pour prévenir les dégradations que la rapidité
de l’eau qui doit y palier ne tnanqueroit point de caufer
par la fuite, fi l’ons’étoit tant foit peu négligé ; c’eft pourquoi il
faut que le radier de ces aqueducs foie fait avec autant 8c plus de
foin encore que celui de l’éclufe , enforte que l’un & l’autre fe
trouvent dans le même plan g ne devant point y avoir de feuil à
l’entrée ni à la fortie des eaux, non-plus que dans le milieu des
mêmes aqueducs,.à l’endroit des vannes, afin que l’.cau puifts
couler par-tout fans obftacle.
C’eft ici principalement où il ne faut employer que de la pierre
de taille pour le parement intérieur, la plus dure qu’il fera pot
fible de trouver, liée enfemble avec des crampons fcellés en
plomb à l’entrée & à la fortie de l’aqueduc ; ayant attention d’arrondir
les bords du dez qui en fait la féparation d’avec la chambre
de l’éclufe, afin de ftipprirner les arrêtes fur lcfquelles l’eau pourrait
avoir trop de prife.
A l’égard des couliffès pour loger les vannes, il faut les faire
uniquement en pierre de taille, obfervant d’en rendre les côtés
auflî 11 fies que l’on pourra , afin d’adoucir le frottement, 8c de
n’y point employer de montans de bois, par la difficulté de les
renouvellcr ; ç’eft pourquoi il ne faut donner à ces couliffès
qu’une largeur proportionnée à l’épaiffeur de la vanne,.
337. Les pierres étant bien piquées 8c dégauchies, félon l'aplomb
qu’on a coutume de luivre pour le parement des bajoyers,
qui n’ont jamais de talud, on donnera aux lits 8c aux joints montans
11 à 15 pouces de plein à l’équerre, ne démaigri fiant les
mêmes lits que de 1 ou 3 lignes feulement, pour que les pierres
aient un peu de jeu lorfqu’on les afiied ; ce qui fe fait d’abod à fec
dans ciment, pour voir fi celle que l’on veut placer ne rencontre
rien qui l’empêche de fe bien ranger .en joint 8c à-plomb, afin
que s’il fe trouve des défauts, on puiflè les corriger. La pierre
étant retirée, on enduit de ciment le joint de celle contre laquelle
il faut l’appliquer ; & après en avoir auffi étendu une couche
fur fon lit, on place vers le bord deux petirs rouleaux de bois
pour la recevoir, afin d’empêcher que le mortier ne foit d’abord
affaiflè; c’eft pourquoi elle doit être auflî foutenuevers la queue
avec un petit coin. On retire premièrement les rouleaux avec des
pinces à main, obfervant que l’arrête du parement s’appuie fur
C h a p .- X L D e l a c o n s t r u c t io n d e s B a jo y ë r s . 2 1 3
î'affife qui eft au-dclfous ,. afin d’avancer ou reculer le coin de
derrière, tant que la pierre réponde à l’à-p!omb ; après quoi on
lia ferre bien en joint, en la frappant par defl'us avec un maillet,
pour l’aflèoir foliJcmcnt. La queue fe garnit en même tems avec
des éclats de pierre de taille, pour retirer le coin qui la foute-
jaoit. Par ce moyen il ne fe trouve aucun vuide, 6c l’on ne craint
point de voir par la fuite, quand la mer eft retirée, mille petits
jets d’eau fortir des joints ; il arrive encore que ne pouvant s’y
introduire, elle ne porte point de limon qui empechc de durcir
le ciment, dont on a foin de garnir le parement jufqu’à la queue
des pierres, 8c même au-delà,- comme nous l’allons dire.
338. 11 faut prendre garde de ne repa 11èr les joints montans
pour les remplir, qu’après que l’on a polé 3 ou 4 pierres de fuite ,
de crainte de les déranger de leur aiiiete, en.forçant le ciment
d’entrer dans les mêmes joints , ce qui doit s’entendre pour les
intérieurs; car ceux qui répondent au parement- ne fe rem-
pliflcnt que quand l’ouvrage eft en état d’être réparé. Cela fe fait
avec le maftic dont nous avons enfeigné la préparation dans
l’article 308 ; 8c avant que-de l’appliquer on commence par
nettoyer les joints avec des crochets- tres-minces, pour ne pas
gâter les arrêtes..
3 59. A mefure que l’on éleve chaque affife du parement, il
faut bien garnir le derrière en maçonnerie de briques, toujours
avec mortier de ciment, fur l’épaifleur d’environ trois pieds. Le
refte peut fe faire de moilon,. de même que le maflif des contre-
forts.. Cette maçonnerie doit être bien liée avec celle de brique,'
dont on pourra encore, pour plus de lolidité, faire des chaînes
par intervalle fur toute l’étendue de l’ouvrage ; mais il en faut
néccflairement derrière le parement, pour empêcher que par la
fuite l’eau de la retenue ne pénétré dans i’ép'a-iffcur du mur,
quand les joints viendront à fe dégrader;.
Pour avoir une idée de la maniéré de lier la brique avec le
moilon, 8c de former les-chaînes dont nous parlons, il fuffit de
jetter les yeux fur la feptieme Figure de la Planche XXVII, qui
comprend le profil d’un quai de maçonnerie, tel qu’il les faut aux
aîles des éclufes, dont il fera fait mention dans le chapitre fui-
vant. J ’ajouterai que quand on fe trouve dans un pays où la brique
eft commune, il Faut la préférer à là pierre pour former le
ObfervatioTi’
fu r la maniéré,
de garnir les-
joints mon~-
tans.
Obferv&t iori'
fu r La maniéré-'
de bien conf-
truire le majfif
des bajoyers*■
corps des bajoyers 8c des contre-forts ; l’ouvrage n’en fera que'
meilleur, puilqu’on n’emploie le moilon que par un principe'
d-’économie, que l’on fuivra encore dans le cas que je fuppofe v
P lanch;.
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