
XJn nommé
d'jivîrdoing y
citoyen de
Gravelines ,
donne à la
Cour en i j^ o
des mémoires
pour le rèta-
blijj'ement du
canal des E f pagnols
le
projet eft goûté.
& ƒ on exécution
réfolue.
316 A rchitecture Hydraulique, L ivre I I ,
de chafïè aux eaux qui dévoient en approfondir le li t , n’eût pa$:
fait de vives repréfentations fur la néceffité de rétablir l’ancien'
canal, comme le feuf moyen d’éviter les fuites fâcheufes que
caufoit le défaut d’écoulement des eaux du pays. Quoi qu’il en
fo it, comme les ouvrages d’une auffi grande dépenle font ordinairement
les fruits de la paix, voici.enfin ce qui a donné lieu à
l ’exécution du canal qui fut fait à Gravelines en 1737 , fur les-
traces de celui des Efpagnols, ne différant que dans la pofition
de l’éclufe, qui eft une des mieux entendues que nous ayons en'
France.
44a.. Le lit de la riviere d’Âa , depuis Gravelines jufqu’à la
mer, fe trouvoit plus comblé que jamais, n’ayant qu’un pied 8C
demi de profondeur. L ’éclufe de M. le Maréchal deVauban étoit
enfablée, de même que celle de chaffe 5c de fuite, fituée en C ,.
qui avoit été faite autrefois pouf rafraîchir le fofTé de la place.
La perte du pays-fubmergé alloic tous les jours en croiffant, Sc
Gravelines devenu défert étoit une fi mauvaife habitation , que’
le R o i, pour y avoir égard, accordoit la haute paie aux troupes?
qu’on y envoyoit en garnifon, St quelles étoient forcées pendant
l’été de camper au loin, ne laiffant dans la place que les gardes?
des principaux poftes, lorfqu’en 1-730 le fieur d’Averdoing, un-
de fes plus diftingués citoyens,.dont les ancêtres avoient été entrepreneurs
des travaux du canal, de l’éclufe Sc du fort Philippe,.,
touché du miférable état de ta ville, fè rendit à la Cour, muni?
des devis, marchés, cartes, plans 8C profils qui avoient été faits?
pour leur exécution, St qu’il avoit trouvé dans les papiers de fa-
famille. Il s-’adrefla d’abord à M . le Maréchal d’Asfeld, qui l’é -
coûta favorablement, & le préfenta au-Cardinal Midiftre. Son-
projet, qui tendoit à rétablir l’ancien canal dés Efpagnols , fut
goûté du Confeil, qui fentit la néceffité indifpenfable de remédier
promptement au défaftre dont le mémoire du fieur d’Aver-
doing faifoit la peinture la plus touchante. Il fut renvoyé fur les?
lieux, pour fe mettre en état de répondre aux éclairciffemens que
le Miniftere délirait avoir avant que de rien conftater fur une'
entreprife qui devoir coûter quatorze ou quinze cent mille livres.-
D ’autre part Meilleurs les Ingénieurs du Roi employésfur la-
côte de Flandres, eurent ordre d’examiner ce qu'il y avoit de
mieux à faire pour le bien de l’Etat 5c du public ; car jufqu’alors-
il. y a grande apparence que cette affaire n’a-voir point été pré—
fentée au Confeil du Roi fous la face qui convenoitaubefoin pref-
fànt du pays, autrement il n’y a point de doute-qu’il n’y eût eu;
égard beaucoup plutôt..
ériAP. I. Detail d e l’anc. écluse d e G ravelines. 3 17
443. Après avoir fait toutes les recherches convenables , l’on L tfintmm
étoit fur le point d’entamer ce grand projet, lo rfquek guerre
de 173 3 fe déclara,. ce qui en recula l’erttrepr-ife jufquen 1737 ; i’mdroit ah
mais avant que d’en venir là , il y eut bien des conteftatious parmi. Vmjaùcmf-
eeux qui en dévoient avoir la direftion, non pas à l’occafion du u£
canal, qui fut unanimement réfolu devoir etre le meme que celui canal projette
des Efpagnols, mais feulement fur la pofition de l’éclufe, qu’un,
des deux partis qui fe forma a cette occafion, vouloit faire fur les Cajfcair au
fondemens de l’ancienne, qui avoit été détruite par les François ;•
ce qui eût exigé le rétabliflement du fort Philippe, ou un pofte
équivalent, afin que le canal entre la ville & le port, pût férvir P lanch.
de baffin aux vaiffeaux que la néceffité pouvoit y attirer, raifon xxxvii.-
qui paroiffoit fpécieufe, L ’autre foutenoit qu’on ne pouvoit
faire ufage des fondemens de cette éclufe, parce qu’ils avoient
été mal conftruits ; ce qui étoit prouvé par des procès-verbaux
confervés à la Chambre des Comptes de L ille , en datodu 19 5c
du 1 0 Juillet 16-40, occafionnés fans doute de la part de ÎE f-
pagne pour fon rétabliffement. Il ajoutoit que puifqu’il falloit
faire une nouvelle éclufe, il valoir beaucoup mieux la fituer immédiatement
fous le feu de la centrefcarpe de la.place, comme
on le voit marqué en A fur le plan, que de la pofer au loin , où'
il faudrait indifpenfablement un pofte confidérable pour veiller’
à fa confervation,. ce qui deviendroit très' fatiguant pour la gar-
nifon de Gravelines. Que d’ailleurs on auroit l’avantage d’em
rafraîchir journellement les folles-, dont les eaux étant lâchées
dans le tems-des baffes marées', entretiendtoient toujours le?
canal en bon état fur toute fa longueur, 5c ne manqueraient pas- '
de l’approfondir en très-peu de tems-, parce qu’on pourrait auffi'
fè fervir de l’ancienne éclufe B , de même que de celle de fuite?
& de chalîè. Dans ces circonftancesyM. de la Fond, Ingénieur'
de grande réputation , aUffi éclairé dans la théorie qu’expérimenté
dans la pratique, ayant été nommé Direéteur des-fortifications
des places du département de Dunkerque , fe rangea?
de ce dernier avis, Sc fit prévaloir des motifs auffi puiffans. En-
conféquence l ’exécution s’en eft fuivie, de la maniéré que nous-
l ’expliquerons dans le fécond- chapitre , étant raifonnable de?
commencer par décrire l’ancienne éclufe B , avant que de paffer-'
à celle qui s’eft faite de nos jours, afin de pouvoir mieux juger
de l’effet de chacune en particulier, Sc de ce qu’elles-geuvent-
tsoutes deux enfemble.