
1 1 z A rchit ecture H ydraulique , L iv r e I ,
Pour le troifieme banc il faut i 3 volées &~i 5 péreuffions
: que fi l’on réduit chaque volée à l’enfoncement
de 4 pouces, il faudra pour cette troifieme
opération, ................................... .................................. 40” 3° r
Enfin pour le quatrième banc il faut 24 volées,
chacune enfonçant d’un pouce Sc demi le pilot, ce
çe qui fait pour la quatrième opération, . . . . 7 1 O
T o t a l d u t e m s . . . i S j 34
i l fuit donc que, pour enfoncer un pilot de 1 6 pieds de fiche
dans un terrein tel qu’on le fuppofe i c i , il faut trois heures y
minutes & 34 fécondes.
Si l’on bat les pilots jour & nuit, pour diminuer la dépenfe
des épuifemens , ce qui fait 20 heures de travail effectif, que
nous réduifons à 1 8 heures 3 2 minutes &C 14 fécondés, à caufe
que la nuit les ouvriers fe relâchent par l’accablement du fom-
meil, on voit que chaque fonnette ne pourra enfoncer que 6 pilots
dans les 24 heures.
Une fonnette tirée par la force de 1 6 hommes, payés chacun
à raifon de 20 fols par jour ôt autant pour la nuit, conduits par
deux compagnons charpentiers qui gagnent chacun 36 fols pat
jour & autant la nuit, ne pouvant enfoncer que 6 pilots , l’un
portant l’autre, le battage de chacun reviendra à 6 liv. 16 f. 8 d.
Joignant à cette fommc ce qu’il en coûtera pour armer un
pilot de fon fabot, l’affûter Sç le dreflèr, le tranfpôrter à l’endroit
où il doit être battu, le réceper Sc le mettre au niveau des
autres, enfin l’encaftrer avec la piece dont il doit être couronné,
on faura au jufte à combien reviendra la main-d’oeuvre. Alors,
prévenu de ce qu’il en coûtera à l’entrepreneur, on fera en état
de lui pafîèr un marché proportionné aux frais qu’il fera obligé
de faire. Si l’on entre dans de pareils détails à l’égard-de chaque
efpece d’ouvrage, en lui accordant, félon la réglé ordinaire,
un dixième en lus pour les faux frais qui font à fa charge, Sc le
dédommager de fes peines, l’on en connoîtra afléz exactement
le prix pour pouvoir fe conduire en conféquence. C ’eft pourquoi
j ’ai cru qu’il ne feroit point hors de propos de rapporter ce petit
exemple, pour contribuer à l’inftru&ion des commençans, me
propofant d’en ufer de même toutes les fois que l’occafion s’en
préfentera dans le cours de cet Ouvrage, principalement dans
le fécond volume.
La
C hap. y i . D es machines pour enfoncer les P ilot s, i i t
, La fonde dont on fe fert pour juger de la qualité du terrein
ou l’on veut enfoncer des pilots, en eft elle-même un de pareille
-grofleur, au bouc duquel eft attaché avec trois ou quatre branches
, une broche de fer, tirée d’un effieu de charette, approprié
pour cela ; parce que fi l’on n’eft point à portée des forées difficilement
trouve-t-on du fer afTez fort pour fabriquer cette broche,
dont la pointe eft travaillée de façon que quand on vient
a la retirer, elle emporte avec elle un échantillon du terrein le
plus bas ou elle eft defeendue.
Pour mieux s’en affiner, l’on fe fert auffi de la fonde ordinaire
nommée t r é p a n , compofée d’une verge de fer, dont le bouc
d en bas eft fait en cerelle a cuilhere, ou en fpirale, qui fe remplit
du dernier terrein qu’elle a percé. A mefure qu’elle defeend
on allonge cette verge par plufieurs tiges, entées les unes au’
bout des autres pour n’en former enfemble qu’une feule, que
deux hommes font tourner à l’aide d’un levier qui lui fert de
te ce. *
Il eft a remarquer que quand on enfonce un pilot dans un ter-
rein fablonneux, fa furface éprouve un fi grand frottement, qu’étant
parvenu a la profondeur de 13 à 1 6 pieds, il ne defeend
plus du tout, parce que la réfiftance de cette part devient fupé-
neure a la pereuffion d’un mouton de 7 à 8001. c’eft à quoi il fkuc
avoir egard pour ne point prendre le change dans des cas où, faute
d avoir fondé , on pourroit croire avoir rencontré le bon fond.
11 convient auffi d’être prévenu que, quand on a à planter un
grand nombre de pilots fous l’étendue d’une fondation, comme
tous les bajoyers d’une éclufe, il faut commencer par ceux qui
doivent regner dans le milieu, en reculant vers les extrémités,
parce que fi l’on agiffoit au contraire, les terres du milieu fe trou-
veroient tellement comprimées, que ce ne feroit qu’avec beaucoup
de peine qu’on parviendroic à atteindre le terrein folide. „ TrTTT
Comme on fait des échafauds de 5 ou 6 pieds de hauteur pour S.L' V '
battre les pilots d’une fondation, on fe fert d’un f a u x p i e u , afin * ’
de pouvoir les enfoncer jufqu’au refus de mouton. Ce faux-pieu
clt marqué ici par la piece M N , frettée aux extrémités , ayant
une queue O P , enclavée dans la couliflê de la fonnette , où elle
eft retenue par une c le f, pour le maintenir toujours dans la
direction du mouton : au furplus il a par en bas une cheville de
le rQ * afin de le lier avec la têce du pilot percée pour cela.
On emploie ordinairement trois faux-pieux de differente
longueur; 1 on fe fert d abord du plus court, enfuite du moyen,
■ rart. 1 1 , Tome I. p