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» raencera-ent de cette éruption ) la fumée s'augmenta & fut charge'e
» de cendres, quicauferent un grand dommage aux vignes circonvoi-
-noire )) fines. Quclques jours avant l'éruption je vis ce que Pline le jeune die
»i'n! i^'^ibr!« » aufll avoi r vu avant l'éruption duVéfuve , ii fatale à fon oncle, la fu-
^uaim. ^^ mée noire prendre la forme d'un pin j près de deux mois avant l'é-
» ruption, cette fumée, qui paroiilbit noire au grand jour , reilembloit
i) à de la flamme pendant la nuit.
» Le vendredi faint, 28 de mars, à fept heures du foir, la lave comîî
mença à déborder la bouche du volcan i elle forma d'abord un fleuve,
» & puis fe féparant en deux parties, prit fa route vers Portici. Elle
î) fut précédée d'une grande exploCon, quicaufa un tremblement de terre
3) local & fenfible dans le voiiînage de la montagne 3 en même temps
î) une grêle de pierres 8c de cendres embrafées furent lancées à une hauteur
confidérable. Auflltôt que je vis lalavejequittaiNaples, encomî>
pagnie de quelques-uns de mes compatriotes, qui iè trouveront aufli
Ì) avid€S que moi de fatisfaire leur curiolîté, en examinant de près une
M lì iìnguliere opération de là nature.
» Kous paflâmes toute la nuit fur la montagne, & j'y remarquai que
î> quoique les pierres enflammées fuilent jetées en plus grande abon-
») dance, & à une hauteur beaucoup plus confidérable qu'avant la fojrtie
3) de la lave, lebruit des explofîonsétoit moins fort qu'il ne l'étoit quel-
•»> ques jours avant l'éruption. L a lave fit près d'un mille de chemin dans
l'eipace d'une heure, jufqu'à ce que les deux fleuves fe réunirent dans
» un creux du côté de la montagne , fans pafl irplus avant.
» Je m'approchai de la bouche du volcan autant que la prudence me le
)) perraettoit, & je vis que la lave y avoit l'apparence d'un fleuve de
» métal rouge & fluide^ tel que nous le voyons dans les verreries : au-
» deiTus nageaient de grofles cendres à demi-enflammées, qui j enfepréf
iTitèrieur du » cipicànt les unes fur ies autres le long dei fl,ancs delà montagne, for-
M moi^nt une .caibade auffi iuperbe que iînguliere. L a couleur du f e u paî)
roiffoit beaucoup .plus;pâle, quoique .plus vive,la;pre,miere foirée que
» lesfiiivantes^orfqu'eiie devint enfin d'un rougefonpéjpeut-être parce
« que l a lave étoit .dans Je commencem.eni plus chargée de matieres fulj>
phureufes. E n plein jour même , à moins qu'on ne s'approche debiea
» près^ la lave n« donne aucun figne de feu^ mais feulement une fumée
5) épaiil'e & blanchâtre marque Xa route.
» Le 291a montagne rétoit tranquiile Se lalavecelTade couler. L e 50
y) .elle recommença, .prenant la même diredion dans le même temps que
matìe^fcltìsm ^ J-^-b.ouche du volcan jet toï t à chaque inftant une girandole,de matieres
.mées , poiriTées )) en^ammées, à une hauteur immenfe. Le 5,1 je paflai la nuit fur la
' « montagne ,; la lave n'étoit .pas.auÎS confidérable que la premiere -foi-
» rée , mais les .pierres embrafées étoient parfaitement tranÎjjarentes.
Quelques-unes, que j'ai jugé du .poids d'environ 2000 livres, furent
jetées au moins à 200 pieds de hauteur iperpendieulaire, & retombèrent
dans la bouche , ou du moins très-près de la.bouche d'un petit:
monticule qui s'étoit formé par la quantité des cendres & des pierres,
dans rintérieur de la grande bouche du volcan, ce qui en rendoit l'approche
bien moins hafardeufe qu'elle ne l'avoit été quelques jours auparavant
, lorfque la bouche avoit près d'un demi-mille de circuit, 6c
livres., élancées
à 100 .pieds
¿ans ics airs.
L E S V O L C A N S BRULANS . 39
» quelespierres pouvoient s'élancer dans toutes les direâions. Monfieur
î) Hervey , frere du comte de Briilol, fut blefié dangereufement au bras
» quelques jours avant l'éruption, pour s'être approché de trop près de
» la bouche du volcan , & deux Anglois de fa compagnie aufii, mais lé-
» gérement. On ne fauroit préfenter à Timagination un tableau du fu-
» perbe fpe^^ple quenous.offrpientcesgiran.d.ples depierres embrafées,
» quifurpafibient de beaucoup le feu d'artifice le plus furprenant.
» Depuis le de mars jufqu'au.9 d'avril, la Jave continua de couler
» du même ,cô;té de la montagne , en deux, trois & quelquefois quatre
» fleuves., fans poyrtao.t êtr.e ^d.efcendue beaucoup pÎi^s ba.s qu' e l le .ne l'a-
» yoitfaitlapremie,refoke.e..J'ai/em^rquéjifleeipeced'intermi^
» fievre de la montagne ; J&eyre ,qui iembloit redoubler avec violence
M après une foirée dé repos. L e foir du 10 avril, la |aye difparut du côté
j) de la montagne, vers Naples , ayant fait.un.e éruption a.vec plus de vio-
5) ience du QÔté de la terr.é Peil'annunziala.
» Je paflai toute la journée & la nuit du 12 fur la montagne , & je
w côtoyai la lave jufqu'à ;fa fource même. Elle fortit du flanc de la monj>
tagne, à un demiruiille à.peu-près de .la grande iirêc.he du volcan;
»• .defcendit .comme un tori:e^t, accompagné.e d'ej^plofions violentes qui
j) jetterent les ,matieres e.Aflainmée.s à une hauteur confidérable , & la
» terre voifine tre.mbloit comme la charpente d'un moulin à eau. L a cha-
31 leur de la lave étoit trop forte pour me permettre de m'approcKerplus
M qu'à 10,pieds du fleuve elle étoit d'une confiftance telle, ( quoij)
qu'elle parût liquide comme de l 'eau) qu'elle pouvoirprefque ré.fifler
j) à l'impreflion d'un long bâton qui fervoit à mon expérience 5 de granî)
des pierres jettes de toute ma force ne s'y enfonçoient.point j' mais
î> après y avcùriait une légereimprefl ion, elles nageoient fur la furface,
» ;§c difparoiiTpient bientôt à ma vue; car malgré fa ténacité, la lave
Í) couloit avec une rapidité .étonnante, Çc telle quejefui s perfuadé que
)) pendant le premier mille, la v î tef l e de ce courant égaloit celle de la ri-
» viere de Sayerne , près de .BrifloL
Í) Le fleuye à fafource avoit à peu-près lopieds de largeur^ maisbien-
« tôt.çette largeur augmenta, 6cle courant fe divifa en trois branches;
j> ,de,fort;equexes riyieres.de feu, communiquant leur chaleur aux cen-
» dees de^s layes précédentes,.entre une branche & l'autre, produifoient
j) toutes ..epCemble, pendant lanui t , . l ' image d'une furface enflammée de 4
j) ,miUes.de.loi;gueur §cde.près de,2.mUles de .largeur.en quelques en-
.)) drpits. Vous.vpus figurez,milord, le coup d'oeilfuperbe decetcefcene
» finguliere , dpnt.on .ne faurpit donner .une defcription.
)) L a l a y e , après avoir cpqlé, fans mêl3nge, environ 100 pas, com-
>) mença à r3mafler des.çendres,4es.pierres,&c. &unecrpûte fe forma
3) fur fa furface, l a que l l e , pendant le jour, relîembloit à la Tamife ,
?> telle que j e Vçii vue.apcès une for t e gelée, accompagnée de beaucoup
» de neige quand le dégel a commencé & que le fleuye .emporte des
3) monceaux.de rveige de glaçons. -En deux endroits la lavé liquide
)) difparut tptaleinent, cpula quelques pas dans un canal fouterrein j
» ppis elle,reflprtit toute puçe, s'y étant dépouillée defes fcories;c'eft
ainfi. qu'elle avançpit.yers,les parties cultivées de la montagne, & je
» ,ia vis la iiiême foiçée du 12, détruire impitoyableraentles vignes d'un
Efpece d'interJ
miitcncedans 1«
éruptions diiVéÎuve.
doin les accès
redoublent
après une foitéc
de repos.
Lare d'une coflliftauce
iblidc ,
quoiqu'elle parfit
liquide com-
Sufface de ma»
tiere voira nique
enflammée , de
4 milles de Ion.
fur près
lilies c
il
¡tlllii
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