
pût les ranger parmi les autres nerfs, et servant à faire couler les
mucosités des cavités du cerveau , ainsi <pi à recevoir les particules
odorantes. C’est pourquoi il ne commençoit à compter les paires de
nerfs que par le nerf optique.
Achillini ' et Massa * traitent expressément du nerf olfactif. Ce dernier
auteur décrit son épanouissement dans la membrane olfactive , et
lui donne le nom de première paire. Malgré cela Yesale s’en tint avec
les anciens aux mammelons charnus qui ne sortiroient pas du cerveau.
Varole et Piccoluomini ont ensuite décrit cette paire avec assez d’exactitude.
Bartholin, Glaser, Spigel, Willis l’ont regardée comme un
véritable nerf; depuis lors cette manière de voir a été générale.
Par une singularité bien étrange, quelques écrivains plus récens, tels
que Slevogt3, Diemerbroek *, Collins, Cassebohm, etc., ont encore
combattu cette opinion. De nos jours Schneider, Metzger, Scarpa et
Soemmerring se sont principalement occupés de l ’étude de ce nerf.
Suivant Haller, Sabatier, Fodéré,etc., il prend naissance avec deux
racines ; suivant Vicq-dAzyr et quelques autres auteurs avec trois, et
suivant Portai, Cuvier, Soemmerring, etc., tantôt avec deux, tantôt
avec trois. On s’accorde d’ailleurs assez généralement à reconnoitre
qu’il tire son origine du cerveau. Willis5, Vieussens 6, Winslow
Cuvier ! le font naître dans les corps striés. M. Chaussier appelle cette
élévation couche du nerf ethmoïdal ; de même qu’on avoit nommé les
couches optiques d’après le nerf optique. Mais Soemmerring 9 a remarqué
depuis long-temps que chez plusieurs animaux , il n’existe aucune
* Annot. in Mondini, p. 14*
* Iritrod. F. 87.
1 Diss. de cerebri processu mammillari,
* Anat. lib. III, c. 2, p. 338.
4 L. c. p. 110.
* Nevrog. unir. Tab. XIV.
f Anat. p. 206.
* L. c. p. 124
9 Hirn-und Rückenmark. Maynz, 1792. S. 85.
proportion entre le nerf olfactif etles corps striés. Cuvier, dans son rapport
sur notre mémoire, a aussi fait la remarque que les dauphins et les
marsouins ont des corps striés, quoiqu’ils soient privés du nerf olfactif.
Le nerf olfactif est le seul qui permette de douter s’il ne prend pas sa
première origine dans les hémisphères. Mais même dans ce cas, il n’est
pas la continuation de leur substance blanche. Il sort de la substance
grise amassée dans la face inférieure des hémisphères. 11 est certain que
chez l’homme, ainsi que chez les animaux , c’est à la partie antérieure
des circonvolutions internes des lobes moyens , que l’on aperçoit les
premiers filamens de ce nerf ; ils sont déliés, mous, et paroissent pendant
un assez long espace comme incrustés dans la substance grise ; ils se
rapprochent graduellement, et forment ordinairement les trois racines
principales du nerf olfactif, dont l ’intérieure, PL IY, 21, est plus
courte et plus large que les deux extérieures, PI. IV, 19, 18. On peut
suivre jusqu’au fond de la scissure de Sylvius, la plus extérieure et
la plus longue de ces racines, PL IV, 18.
Chez 1 homme, le nerf olfactif est considérablement renforcé par la
substance grise placée à la réunion de ses racines. Il s’écarte au commencement
des circonvolutions du lobe antérieur, PI. IV, 25-26, et se place
dans le sillon le plus interne des circonvolutions antérieures inférieures.
Il est encore accompagné dans tout son trajet par une strie grise très-
distincte , qui continue à le renforcer graduellement. Au-dessus de l ’os
criblé il aboutit à une quantité considérable de substance pulpeuse,
molle, grise, qui forme avec lui un bulbe, PI. IV, 23, un véritable
ganglion. Ce nerf y acquiert un accroissement tel qu’il sort en filets
nombreux, parles ouvertures de l’os ethmoïde.
Le nerf olfactif du singe et du phoque ressemble à celui de l’homme.
Celui de la taupe prend presque entièrement naissance dans un amas
de substance grise placé à la face inférieure du lobe antérieur. Chez
les amphibies ce nerf paroît naître uniquement de la partie antérieure
des hémisphères. Chez les poissons, il naît de deux grands ganglions
situés en avant des hémisphères.
Dans la plupart des mammifères on voit naître, de la substance