
Du nerf du muscle oblique supérieur de l’oeil.
Il paraît que ce nerf, PI.Ht, IV, 13, a été découvert par Achil-
lini \
Il est vraisemblable que Vesale 1 a regardé ce nerf comme une des
racines de sa troisième paire. Faloppe est le premier qui en ait décrit
avec exactitude la distribution. Les auteurs diffèrent beaucoup d’opinion
sur son origine. Faloppe dit qu’il naît à la base des notes. Eusta-
ch i, Santorini, Stenon, le dérivent du tractus transversal derrière les
testes. Haller a déjà fait l’observation que la valvule est beaucoup trop
large pour servir seulement à ce nerf. Scemmerring 3 le fait naître ou
de la valvule ou de la paire postérieure des tubercules quadri-jumeaux.
Selon Cuvier 4 il naît par quelques filets derrière les éminences testes
au côté du petit frein.
Il s’écarte en effet à côté de la valvule, PL VI et X V , y , y; tantôt
avec plusieurs filets, tantôt avec un seu l, mais il paraît que sa véritable
origine est beaucoup plus bas, et que dans l’endroit indiqué, il
se détacbe seulement de là masse commune. On remarque quelquefois
des deux côtés un faisceau étroit blanc dont les filets paraissent former
ce nerf. La valvule ne lui appartient pas entièrement ; ce n’est qu’une
petite partie qui paraît être la commissure de ce nerf. Nous traiterons
par la suite de la plus grande partie de la valvule.
Chez les singes, lors même qu’ils ne sont que de la grandeur d’un
chat, ce nerf est aussi gros que chez l’homme, et l ’est beaucoup plus
que dans le veau. Il va dans le muscle oblique supérieur de l’oeil,
c’est pourquoi nous l’avons nommé d’après ce muscle : le nom de nerf
pathétique qu’on lui avoit appliqué auparavant, fait concevoir des
’ Annotât inMondini. p. io.
s Lib. IV, p. 367.
3 L. c. p. 4g.
4 L. c. p. 144.
idées fausses sur ses fonctions'; comme cela est arrivé à plusieurs anatomistes.
Scemmerring oppose un fait à ceux qui croient qu’il doit principalement
servir à l’expression de l’amour et de la compassion, c’est
qu’on le trouve aussi chez les animaux mammifères, chez les oiseaux
et chez les poissons. Tout nerf subordonné au cerveau comme instrument
peut être mis en mouvement par les passions et par chaque sensation;
mais hors le cerveau , aucun nerf n’est l’organe d’un sentiment
quelconque ; l’expression de la colère, de l’amour, de la compassion,
de 1' 'orgueil, etc., n-’est pas attachée à telle ou telle position de l ’oeil;
mais à la disposition générale des traits du visage produite par les affections
et les passions.
Du nerf oculo-moteur commun.
Varole 1 a le premier démontré l’origine de ce nerf, et Faloppe a
été le premier à en indiquer avec exactitude la distribution. Il sort avec
plusieurs filets du bord intérieur des pédoncules du cerveau, dans le
voisinage de la substance noire, d’une fossette allongée, PL III, IV,
XVII, B. 15 , entre le pont de V a ro le,b, etles corps mamillaires, 16.
Dans les cerveaux d’une consistance ferme , on peut suivre ses filamens
jusqu’au dessous du pont. On observe aussi comment ses premières
radicules sont renforcées dans la substance gélatineuse noirâtre ,
Pl. XVII, A. 3o. Mais il ne reçoit aucun filament des corps mammillaires,
ainsi que l’ont prétendu quelques auteurs. Ses filets ne sont pas non
plus à nu dans le troisième veutricule, car il y a une couche médiane
interposée, Pl. XVII, A et B. go , dont nous parlerons plus tard.
Les filets épars à l’origine de ce nerf se réunissent en un faisceau
un peu aplati qui se dirige en dehors, vers la fente supérieure de
l’orbite. Chez l’homme les filets suivent une ligne droite , PL IV, i 3
chez les animaux cette ligne est un peu courbée , Pl. III, i 3. Il est de
fait qu’on peut toujours démontrer que ces filets ne descendent point
de la substance du cerveau, mais qu’ils remontent de bas en haut.
1 Epist. de nerv. opt p. 2.