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1 2 4 A N A T O M I E ET P H Y S I O L O G I E
s éloignent de leur origine, ainsi que l’a si judicieusement observé
Scemmerring ; ce qui sert à expliquer l’apparence bigarrée des nerfs, et
comment dans leur cours ils prennent la figure conique.
Tantôt les nerfs rencontrent une ou plusieurs fois dans leur trajet un
amas de substance grise, soit en couche aplatie, comme au-dessus de
1 entrecroisement du nerf optique , soit en forme de ganglion comme
les tubercules quadri-jumeaux , le corpus geniculatum. internum et extern
um , le bulbe du nerf olfactif, l’origine du nerf acoustique chez
les animaux mammifères. Dans 1 un et l’autre cas la substance grise
engendre de nouveaux filets nerveux. Ceux-ci s’unissent à ceux qui sont
produits antérieurement, jusqu’à ce qu’enfin chaque système particulier
ait atteint sa perfection. Les ganglions et les plexus de ces systèmes
doivent de même que ceux des systèmes dont nous avons parlé précédemment,
etre considérés comme la source de nouveaux systèmes, ou
comme des appareils destinés à les renforcer.
Les nerfs qui sont si peu considérables à leur origine, s’épanouissent
dans leurs appareils extérieurs, et se distribuent si abondamment,
qu’on ne peut toucher aucun point de ces appareils sans rencontrer
une fibre nerveuse. La peau qui n’est qu’un tissu de nerf et de vaisseaux
occupe une surface infiniment plus étendue que celle de toutes
les racines de nerfs réunies. De même la ramification des nerfs dans
les muscles, l’épanouissement du nerf auditif dans lés organes de
louïe; du nerf gustatif dans les papilles de la langue, du palais, de
la partie supérieure de 1 oesophage et des lèvres ; l’épanouissement du
nerf olfactif dans le nez; et du nerf optique dans la rétine, occupent
une surface bien plus étendue que celle de l’origine de ces systèmes
nerveux.
Les extrémités périphériques des nerfs ne sont pas nues dans les
organes extérieurs de leurs fonctions. Toutes leurs ramifications sont
enduites d’une substance muqueuse dont la couleur varie. Telle est U
substance muqueuse entre les fibres musculaires; le corps muqueux
de la peau de Malpighi ; la substance pulpeuse dans les papilles nerveuses
de la langue ; en partie la membrane muqueuse du nez; l’enduit
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muqueux de la rétine; le tissu mou et gélatineux dans le labyrinthe.
Vicq-d’Azyr qui, de même que Haller, nvoit observé cette particularité
supposoit que cette substance étoit destinée à émousser les premières
impressions sur les nerfs des sens. Mais cette substance enveloppe
aussi les extrémités périphériques des nerfs dans les muscles où
il n’y a point de premières impressions. Nous avons traité cet objet en
détail dans nos observations sur le rapport dé MM. les Commissaires
de l’Institut '.
Les appareils du perfectionnement des systèmes nerveux particuliers
doivent être multipliés et perfectionnés à proportion que leurs fonctions
sont plus nombreuses et plus parfaites. Moins par conséquent les appareils
sont compliques, plus on peut supposer que les fonctions sont
simples. L ’appareil le plus simple paroît être borné à l’extrémité périphérique
des nerfs enveloppée de substance muqueuse. Chez les animaux,
par exemple, dont l’organisation est peu compliquée, et qui
cependant sont doués de l’ouïe, on ne trouve dans l’organe auditif
d autre appareil que le tissu mou et pulpeux. L ’oeil de l’écrevisse est
certainement d une structure plus simple que celui des oiseaux.
Cette différence existe non-seulement dans les appareils extérieurs,
mais bien distinctement aussi dans les appareils préparatoires intérieurs
qui sont nécessaires pour compléter l’ensemble d’un système.
C’est ainsi que l’on découvre dans le nerf olfactif des mammifères une
quantité de substance grise plus abondante que dans le nerf olfactif
des oiseaux. Chez l’homme et chez les mammifères les filets du nerf
optique naissent à diflérens points de son cours et communiquent avec
diverses masses du cerveau, tandis que chez les poissons ils en sont
absolument séparés. Nous devons pourtant avouer que nos connois-
sances sont encore trop défectueuses pour que nous puissions déterminer
l’objet de chaque appareil particulier, et le degré de perfection
des fonctions qui en seroit la conséquence.
1 P. 82 et suiv.