
2°. Les nerfs des sens ne servent qu’à communiquer les diverses impressions
du monde extérieur au cerveau, pour qu’il les modifie.
3°. Chaque nerf des sens ne peut recevoir que des impressions déterminées,
et aucune fonction d’un sens ne peut être remplie par un autre
nerf de sens.
4 ° La faculté de chaque sens est, sous le rapport de sa finesse ,
dans l’état ordinaire, en raison directe avec la perfection et le développement
des appareils et vraisemblablement avec le plus ou moins
grand nombre d’appareils.
5°. Les fonctions particulières des sens n’ont pas le même degré de
force dans les diverses espèces d’animaux, ni dans les individus de la
même espèce; celui qui se distingue par la finesse de la vue peut avoir
l’odorat émoussé, etc.
6°. Les systèmes nerveux des sens peuvent, comme les autres systèmes,
acquérir un plus grand degré d’activité par des irritans extraordinaires
, par la fièvre, les inflammations , etc.
70. Les dérangemens des fonctions des sens qui sont la suite des
lésions du cerveau, ne se portent pas sur le côté opposé, non plus que
les lésions des systèmes nerveux de la colonne vertébrale» C’est ainsi
au moins que jusqu’à présent nous l’avons toujours observé. Nous reviendrons
sur cet objet dans la suite.
8°. La faculté des fonctions des divers sens se manifeste à des périodes
différentes, d’après le développement de leurs organes. On demande par
quelle cause et dans quel but quelques animaux naissent avec des sens
parfaitement développés, ou du moins avec les oreilles et les yeux ouverts
, tandis que d’autres naissent les oreilles et les yeux fermés? Cette
particularité n’est pas toujours en rapport avec la faculté de se servir plus
oumoins promptement des extrémités; car l’enfant nouveau-né est aussi
incapable de se mouvoir de sa place , que le chien qui vient de naître.
90. Toutes les fonctions des sens s’affoiblissent graduellement dans
la vieillesse. Suivant quelques physiologistes cela vient de ce que les
sens se sont habitués aux impressions extérieures et de ce que celles-ci
produisent des irritations successivement moins fortes. On veut même
expliquer par cette habitude pourquoi nous avons si peu le sentiment
de ce qui se passe en nous dans la vie organique ou automatique. Il nous
semble plutôt que c’est à dessein que la nature nous a enlevé le sentiment
de la vie automatique ; et elle a vraisemblablement atteint ce but
par la ténuité des filets de communication des: systèmes nerveux de
la poitrine et du bas-ventre avec les systèmes nerveux de la colonne
vertébrale , des sens et du cerveau.,. Mais dans la vieillesse les fonctions
des sens s’affoiblissent, parce que les organes eux-mêmes des sens
diminuent. Les filets nerveux et leur substance nourricière s’amaigrissent,
ainsi que la substance grise en général; et tous les nerfs commencent
à s’atrophier. C’est pourquoi Pinel n’a plus trouvé dans le labyrinthe
des vieillards qui étoient devenus sourds, la substance pulpeuse
qui existe chez les hommes qui entendent. C’est aussi pourquoi les-
nerfs des personnes âgées sont beaucoup plus petits que ceux des personnes
dans la force de l’âge. Cette diminution n’ayant pas lieu en mêtné
temps dans tous les Systèmes nerveux, il en résulte que toutesTes fonctions
ne diminuent pas également en même temps; ce qui devroit arriver,
si elles ne devenoient successivement plus, faibles, que par suite-
de l’habitude des impressions.
ioa. La duplicité de chaque sens n’empéçhe pas que le sentiment
qu’on a des objets ne soit simple ; de même aussi la conscience de
1 ame est simple , malgré les: cinq fonctions différentes des sens,
Bacon, Locke, Iiume, Helvétius, Condillac se sont vus obligés,
pour comprendre en quelque sorte la possibilité dès fonctions de l’entendement,
de recourir non-seulement aux sens que quelques-uns de
ces auteurs avoient si fort élevés, mais encore tantôt à uneconnoissance
des rapports des sensations, tantôt à l’attention, tantôt» l ’expérience ,
à la réflexion, à l’induction. Quoiqu’ils fussent quelquefois bien en contradiction
avec eux-mêmes, ils s’apercevoient cependant qu’aucune des
facultés que nous venons d’énumérer, ne pouvoit appartenir à aucun
des sens. Mais si dans cette vie une faculté quelconque ne peut s’exercer
sans condition matérielle, ainsi que nous l’exposerons plus tard
d une manière incontestable, il faut aussi nécessairement Supposer une