
ils fixent même l’attention des physiologistes sur le rapport
de certaines parties du cerveau avec certaines facultés
dominantes, et ils espèrent que l’anatomie comparée
pourra nous instruire des fonctions de chaque partie du
Cerveau : tout cela indique bien sans contredit que l’on
admet une liaison nécessaire et immédiate entre la
structure des organes et leurs fonctions, ou entre l ’anatomie
et la physiologie du cerveau.
En effet, toute doctrine sur les fonctions du cerveau
seroit fausse, si elle se trouvoit en contradiction
avec sa structure. En supposant que le cerveau
ne soit qu’un organe sécrétoire et excrétoire, ou
qu’il soit uniquement destiné à sécréter le principe du
mouvement volontaire , comment peut-on le regarder
comme l’organe des facultés de l’ame ? En admettant
un point central où aboutiroient tous les nerfs, et en
regardant ce point central comme l’organe unique et
exclusif de l’ame, comment expliquer le développement
successif, l’action isolée et la diminution partielle des
diverses facultés intellectuelles ? Si les autres animaux
mammifères ont réellement toutes les parties du cerveau
humain, comment est-il possible que l’homme soit doué
de facultés plus nombreuses et plus sublimes ? Si chez
tous les individus toutes les parties du cerveau se trouvent
égales entre elles, et toujours dans le même rapport
les unes avec les autres, comment concevoir les diffé-
rens degrés de chaque faculté et de chaque penchant
dans les divers individus et même dans chacun d’eux ?
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MM. les professeurs Walter et Ackermann avoient donc
raison de penser qu’en démontrant la fausseté de notre
anatomie, ils anéantiraient notre physiologie du cerveau.
S’ils peuvent jamais prouver qu’une hydrocéphale
dans laquelle la plupart des facultés intellectuelles seraient
restées intactes, a entièrement désorganisé le cerveau
en opérant la dissolution de ses parties dans l’eau;
s’ils peuvent faire avec la nature un pacte en vertu duquel
le cerveau ne sera désormais plus qu’une masse
médullaire, etc. , alors c’en est fait non-seulement de
nos découvertes anatomiques, mais aussi de nos découvertes
physiologiques.
Nous avons démontré déjà en partie dans notre réponse
au rapport des Commissaires de l’Institut, et nous
prouverons encore plus en détail dans notre physiologie
du cerveau, que nous ne voulons expliquer aucune
faculté par la structure anatomique, ni de toute autre
manière, et même que l’on ne peut deviner les fonctions
des parties d’après leur structure. C’est par là et par la
marche progressive de nos découvertes que nous espérons
détromper ceux qui prétendent que nous avons
donné un sens arbitraire à l’organisation du cerveau,
d’après lequel nous aurions déterminé ses fonctions, et
par conséquent que nous n’avons cherché en aucune
autre manière à établir une liaison entre l’anatomie et
la physiologie.
Quiconque est convaincu que la structure des parties
du cerveau a un rapport nécessaire et immédiat avec
i. d