
avec les autres branches de la science, son accord avec
la morale, doit commencer parles élémens, c’est-à-dire,
par l’examen anatomique des instrumens de toutes les
facultés de l’esprit et de l’ame.
Nous nous occuperons donc dans ce volume principalement
de la structure du cerveau. Mais afin de présenter
an ensemble bien suivi, et de faire comprendre
plus facilement les lois de cette partie du système nerveux,
la plus noble de toutes, nous traiterons au préalable
des systèmes les plus simples et les moins relevés,
qui sont les ganglions et les plexus du bas-ventre et de la
poitrine, les systèmes nerveux de la colonne vertébrale et
des sens. Mais comme nous ne nous bornons pas à faire
connoître la structure mécanique du cerveau, et que
nous y rattachons des aperçus plus élevés de physiologie,
nous joindrons aussi à l’examen anatomique des
systèmes nerveux inférieurs , une exposition raisonnée
de leurs fonctions. Nous espérons rendre par là plus
agréable et plus utile l’étude anatomique de ces parties,
si ingrate et si sèche en apparence, convaincre peu à
peu nos lecteurs que le cerveau a des fonctions sublimes
qui lui sont spécialement départies , et les préparer
ainsi à la physiologie de ce viscère. Ce n’est que de cette
manière que le naturaliste peut réussir à démontrer le
rapport des° organes de la conscience, de la sensation,
du mouvement volontaire, des sens, des facultés intellectuelles
et morales avec leurs fonctions.
Jusqu’à présent les connoissances des anatomistes
sur ces objets ont été si défectueuses, que plusieurs
révoquent encore en doute la destination du cerveau. Il
n’y a qu’un petit nombre d’anatomistes philosophes a
qui cette lacune ait depuis peu commencé à faire sentir
le besoin d’une connoissance plus exacte de la structure
du cerveau. « De toutes les parties du corps , dit Reil,
le cerveau est certainement la plus importante ; c’est
donc une raison de plus de regretter que ce soit précisément
la structure de ce viscère si intéressant que nous
•connoissions le moins. Nous n’avons que des notions
très-imparfaites sur la figure extérieure de ses parties les
plus grossières. L’organisation intérieure de ce viseere,
ses parties intégrantes les plus fines, leur connexion ,
leur union nous sont cachées. Ensuivant la méthode de
dissection en usage aujourd’hui, laquelle consiste a couper
successivement cette partie en plusieurs tranches, il
sera difficile de nous procurer une connoissance complète
de sa structure |f
Ce n’est qu’après nous être familiarisés avec la marche
graduelle du perfectionnement insensible de l’organisme
animal, ainsi qu’avec la multiplication et l’ennoblissement
proportionnel des facultés qui en résultent ; ce
n’est enfin qu’après avoir recueilli un grand nombre de
faits physiologiques et pathologiques, qu’il nous a été
possible de saisir les principes d’après lesquels doivent
se diriger les recherches qui ont pour objet le système
nerveux et surtout le cerveau ; dès qu’une fois nous nous
sommes trouvés dans la bonne route, il nous a suffi de