
selden, François Dupetit, etc. Scemmerring a démontré l’entrecroisement
des nerfs non-seulement chez l’homme et chez les animaux
mammifères, mais aussi par l ’anatomie comparée chez les autres animaux.
Outre sa propre expérience il invoque le témoignage de Swam-
merdam, Bartholin, Monro ; Collins, Willis , Haller et Camper. Dès
l’année 1800, il avoit observé l’entrecroisement des nerfs optiques,
dans sept hommes borgnes , dans le cheval, le chien , le cochon, le
raton , l’écureuil, le lapin, le chat et le chamois. Dans ses excellentes
collections anatomiques , il conserve des exemples pris dans plusieurs
classes d’animaux. Il cite 1 Ackermann, Billman, Clossius, E b e l, Leve-
ling, Loder, Michaëlis , Bougemont, Wenzel, Walter qui ont constaté
l’entrecroisement. Cuvier conserve également dans l’esprit de vin
un cerveau de cheval où l’on voit que l’atrophie d’un nerf se continue
sur le côté opposé derrière l’entrecroisement. Toutes les observations
que nous avons eu occasion de faire sur des hommes ,■ des chevaux ,
des lièvres , et des renards, confirment aussi ce fait. C’est ce qui nous
donne sujet de révoquer en doute l’exactitude des expériences que
l ’on y oppose. On va même jusqu’à citer un cas où les deux nerfs optiques
ne se touchoient point, mais où chacun alloit directement à son
ceil respectif. Mais ne pouvoit-il pas s’être opéré antérieurement une
séparation violente de l’entrecroisement ? Nous concevons qu’une défectuosité
du nerf optique puisse ne pas s’étendre à toute sa longueur;
mais il est bien difficile d’ajouter foi aux prétendus faits contradictoires,
sans imputer à la nature une marche inconstante. En général
les exemples qui contredisent si directement des observations exactes,
devraient être conservés avec soin, afin qu’on pût les vérifier sous
tous les aspects. S’il se confirmoit effectivement que l’atrophie et l’aliénation
des couleurs s’étendent souvent du même côté , ce serait peut-
être une preuve que plusieurs fibres du nerf optique , et peut-être
même sa moitié toute entière ne s’entrecroisent pas ; ce qui est aussi
l’opinion de quelques auteurs.
WiîL.
■ L . c . p. i5 o .
Mais ce qui prouve à quel point on peut se tromper, c’est la ténacité
avec laquelle on soutient que l’atrophie d’un nerf optique a toujours
été accompagnée d’une atrophie proportionnée d’une des couches
optiques. M. le professeur Ackermann assure 1 même que chez les
hommes, ainsi que chez les animaux, la perte d’un oeil ou des deux yeux
est suivie d’une atrophie et même d’une oblitération complète, tantôt
d’une couche optique, tantôt de toutes les deux.
Le nerf optique étant superposé sur les couches optiques, celles-ci
ne diminuent qu’autant que le nerf est atrophié. Les couches optiques
n’éprouvent alors aucune altération, parce qu’elles n’ont réellement
rien de commun avec ce nerf. Dans l’hémisphère gauche du cerveau
d une femme aliénée, nous trouvâmes la prétendue couche optique
presque à moitié détruite par un ulcère ; le corps strié et l’hémisphère
etoient de beaucoup diminués ; le nerf optique du même côté
se trouvoit intact et entièrement semblable à son congénère. La paire
antérieure des tubercules quadri-jumeaux étoit aussi dans son état
naturel. Lorsqu’au contraire le nerf optique étoit atrophié, nous
avons toujours observé que le tubercule antérieur qui lui appartient,
avoit sensiblement diminué de volume.
Ce qui prouve encore que les couches optiques ne donnent pas naissance
aux nerfs optiques, c est qu’en enlevant les fibres transversales
supérieures de ce nerf, toutes les fibres inférieures vont des cuisses
aux circonvolutions dans la direction longitudinale.
En outre, le volume des couches optiques n’est pas proportionné
a celui du nerf optique. Chez le cheval, le boeuf, le cerf, les couches
optiques sont beaucoup plus petites que chez l’homme, quoique chez
ces animaux le nerf optique soit plus gros. Mais il existe une proportion
entre la paire antérieure des tubercules quadri-jumeaux et le
nerf optique.
Willis, Collins, Haller, Blumenbach, Cuvier, Vicq-d’Azyr, etc.,
ont confondu la paire antérieure des tubercules quadri-jumeaux des
L. c. §. :