
par Eustachi, Charles Etienne, Volcher-Coïter, Riolan, Spigel,
Wesling, Glisson, Willis, Blasius, Lecat, etc. Mais les opinions des
auteurs diffèrent beaucoup. Pfeffinger dit qu’en général on peut remarquer
que la plupart des anciens ont pris les ganglions pour des tumeurs
de nerfs ou pour des corps glanduleux.
Vieussens * croyoit que les ganglions ne servoient qu’à affermir les
nerfs, lorsqu’ils se divisent en filets plus nombreux et plus foibles.
Willis a les regardoit comme de petits cerveaux dont la fonction étoit
de se'créter et de distribuer les esprits animaux.
Telle étoit aussi l’opinion de Winslow 3, et il admettait dans chacun,
une substance médullaire, et une substance grise. Cet auteur et
Haller 4 reconnoissent que les filets, nerveux sont multipliés dans les
ganglions, mais ils ne disent rien sur la production de ces filets par la
substance grise ; au reste ils croient aussi que les ganglions sécrètent
les esprits vitàux.
Lancisi prétendit qu’ils étoient des organes analogues au coeur ,
destines à donner un mouvement plus prompt aux esprits vitaux.
Vicq-d’Azyr avança également qu’ils étoient les réservoirs des esprits
vitaux.
Barthez 5 nomme les ganglions de petits cerveaux, et il pense qu’on
doit y chercher la cause des sympathies.
Monro les appelle des cerveaux imparfaits, et prétend qu’ils ne sont
fermes que pour pouvoir opposer de la résistance aux muscles.
Meckel, Zinn et Scarpa sont d’opinion que les ganglions servent à
subdiviser, à réunir, et à recomposer les nerfs.
Scarpa y admet une substance molle, grisâtre ou rougeâtre qui rem-,
plit tous les interstices entre les filets nerveux. Il ne regarde cette substance
dans les individus gras que comme une graisse ; quoiqu’il l’ait
* Nevrog. univ. p. i6o.
* Cereb. anat. p. 16.
’ L e p. 462.
4 L. c. p. ao3.
* Nouveaux elémens de l’homme, seconde édition, tom. I I , p. 62.
aussi trouvée dans les individus maigres, et toujours de couleur grise.
Il remarque aussi que cette substance est d’autant plus abondante, que
les filets sortent en plus grand nombre des ganglions. Dans ce cas les
ganglions sont aussi plus renflés; malgré cela il pense que cette substance
ne sert qu’à donner la direction aux filets nerveux. Soemmerring ‘
oppose à cette opinion que, dans les ganglions simples, les filets nerveux
qui les traversent s’écartent à peine de l’axe. Au reste Scarpa lui-
même , et Pfeffinger affirment qu’il est impossible de suivre distinctement
dans les ganglions le tissu des filets nerveux.
Néanmoins Ackermann définit * un ganglion, la réunion de plusieurs
branches nerveuses qui divisent leurs nerfs dans le ganglion, de manière
que chacun des rameaux nerveux sortans est composé des rameaux de
tous ceux qui y sont entrés.
Suivant Soemmerring3, les ganglions nerveux sont des plexus plus
serrés dont la substance intermédiaire et abondante en vaisseaux, maintient
les filets délicats dans leur position , et leur conserve la mollesse
convenable ; ils unissent entre eux et les nerfs cérébraux et les nerfs
de la moelle épinière, et ces derniers avec les premiers. Dans un autre
passage 4, Soemmerring combat l’opinion de Meckel, de Zinn et de
Scarpa, et finit par conclure que l’usage Véritable des ganglions nerveux
n’est pas encore connu.
Quant à l’opinion que les ganglions proviennent d’une pression, elle
mérite à peine d'être mentionnée.
Walter5 regarde avec Galien les ganglions comme de simples réunions
des branches nerveuses qui viennent des endroits voisins.
Quelques auteurs, tels que Haase6 , Scarpa, etc., disent que les
V L. c. p. 122.
* Beantwortung der Ackermannschen Widerlegung der Gehirn-und Sche-
dellehre. p. 17.
3 L. c. p. 124.
4 L. c. p. ta8.
5 Etwas über die Hirnschâdellehre; Th. i.S. 18.
6 Cerebri nervorumque corp. hum. anat repetita. Lipsiæ, 1781.