
leurs fonctions, trouvera qu’il est naturel de réunir ces
deux objets l’un à l’autre en les considérant et en les
traitant comme un seul et même -corps de doctrine.
Puisque l’on attache déjà tant d’importance à la con-
noissance exacte des organes du mouvement, de la digestion,
etc., combien n’en doit-on pas attacher davantage
à celle des systèmes nerveux ? Peut-il y avoir dans
tout le domaine de l’histoire naturelle une étude qui
nous touche de plus près que celle de l’organisation du
cerveau, de ce viscère qui fonde l’essence intime de
l’homme et des animaux, qui établit leurs rapports avec
les objets extérieurs, et qui nous laisse entrevoir comment
ta nature a rattaché les faeultés morales et intellectuelles
à l’organisme ?
Afin de rendre plus intelligible la description du
système nerveux, nous avons fait dessiner sous notre
direction la moelle épinière, les nerfs cérébraux, ainsi
que le cervelet et le cerveau , d’après des préparations
naturelles et toujours fraîches, et nous en avons suivi
l’exécution avec le plus grand soin. Nous n avons pu
nous résoudre à présenter isolément des parties coupées,
parce qu’alors leur connexion ne peut plus se retrouver.
Lorsqu’il a été possible, nous avons donné dans ehaque
planche deux préparations , une différente de chaque
côté. Il n’y a pas de doute que nous n’eussions été en-
coré plus facilement compris, si nous avions multiplié
davantage lés figures; parce qu’alors nous n’aurions pas
eu besoin de représenter sur les premières planches nlusieurs
parties dont il n’est question que plus tard dans
la description, ni de placer dans les dernières figures
d’autres parties dont la description se trouve au commencement
de l’ouvrage. Mais nous avons cherché à
diminuer, autant que possible, le nombre des planches,
ayant été forcés à cette pénible économie par les bornes
de notre propre fortune et de celle de la plupart de
nos lecteurs.
Il n’est cependant guères possible de donner par de
simples dessins , une idée bien exacte de l’organisation
extrêmement déliée et compliquée du système nerveux.
Toutes les descriptions soignées qu’Harvey , Malpighi et
Haller ont données sur l’oeuf en incubation laissèrent
dans les ténèbres Vicq-d’Azyr', anatomiste exercé Ni
le langage des auteurs ni l’imagination des lecteurs ne
sont jamais assez féconds pour que les premiers puissent
trouver une image tout-à-fait fidèle de la nature, et pour
que les seconds puissent la saisir exactement.
Quiconque voudra donc acquérir une idée exacte des
nerfs et du cerveau, doit faire par lui-même des recherches
sur ces objets. Mais que l’on ne croie pas qu’un
petit nombre de recherches puissent apprendre à voir
juste et à porter un jugement certain. De même que le
peintre et le musicien ne parviennent que lentement à
distinguer les nuances délicates des couleurs et des tons,
de même aussi l’anatomiste n’acquiert un- coup-d’oeil juste
qu’après un long exercice. Voilà pourquoi il faut aussi ,
pour obtenir des dessins et des planches anatomiques