
polypes à bras presque transparens, même à l’aide des plus forts
microscopes, et au jour le plus clair, on ne peut découvrir autre
chose qu’un amas grenu, semblable en quelque sorte a du sagou
bouilli, et dont les parties sont tenues dans leur forme déterminée
par une substance gélatineuse.
Dans les actinies, tout l’intérieur du corps n’est qu’un tube intestinal.
Dans les holothuries et les étoiles de mer, quoique plus rapprochées
des animaux, on ne remarque encore rien qu’on puisse comparer
avec un coeur. Ges zoophytes n’ont par conséquent qu’un système unique
d’organes intérieurs, celui de la digestion.
Après les zoophytes, tous les animaux proprement dits ont un
canal intestinal et un coeur ou au moins des vaisseaux-distincts. Ici
l’on voit déjà la substance gélatineuse dont nous avons parlé, réunie
en amas particuliers, et des filets nerveux très-visibles qui y prennent
naissance et se répandent de-là dans les différentes parties du corps : ces
origines des filets nerveux, ou ces amas de substance gélatineuse sont
plus ou moins nombreux, suivant le nombre des parties et des viscères.
Quelquefois il n’y en a que deux ou trois. Dans la sèche les
nerfs des viscères du bas-ventre, les nerfs des pieds, etc., naissent chacun
d’un amas particulier de substance gélatineuse ’.
Ces systèmes nerveux des entrailles des animaux d’un ordre inférieur
sont le type des systèmes des mêmes parties et des mêmes fonctions
dans les animaux d’une organisation plus élevée ,, et comme les fonctions
des entrailles se continuent dans les animaux supérieurs, nous
devons retrouver dans leurs entrailles et dans leurs vaisseaux les systèmes
nerveux des entrailles et des vaisseaux des animaux inférieurs.
Eir effet, ces systèmes sont les plexus nerveux du bas-ventre et de
la poitrine , et la série plus ou moins interrompue des ganglions du nerf
sympathique.
Ces appareils nerveux existant déjà dans certains animaux sans
moëlle épinière et sans cerveau *, on ne peut plus demander s’ils pren-
| Cuvier,L c.p. 3o i , et Treviranus, Biologie der lebenden Natur. B. 1, S.3og.
* Reil Archiv fiir Phys. B. 7. St. 2. S, 18g.
nent naissance de la moëlle épinière et des prétendus nerfs cérébraux.
Il est au contraire démontré par les faits que nous venons d’alléguer,
ainsi que par l’anatomie comparée, qu’ils existent par eux-mêmes,
qu’ils sont indépendans du cerveau et de la moëlle épinière ', et qu’ils
tirent leur origine d’amas particuliers de la substance gélatineuse. Il en
résulte aussi évidemment que Winslow, Soemmerring, Cuvier, etc.,
et surtout Bichat, ont jugé sainement lorsqu’ils ont regardé les filets
nerveux qui lient ces systèmes aux nerfs du cerveau et à la moëlle épinière,
comme de simples filets de communication.
On peut encore admettre comme un axiome que les organes d’un ordre
inférieur servent comme des appareils préparatoires aux organes qui, dans
les animaux plus parfaits, sont destinés à des fonctions plus élevées.
Tant que les systèmes inférieurs existent seuls, ils agissent isolément:
mais dès que plusieurs organes existent dans un seul individu, ils doivent
nécessairement avoir , les uns sur les autres, une influence réciproque
établie par des branches de communination. Voilà pourquoi,
des filets nerveux passent d’un système à un autre , et s’unissent en manière
de réseau. C’est ainsi que les plexus des entrailles, communiquent
d’abord entre eux, et ensuite aux autres systèmes du nerf sympathique,
e t , par l’intermédiaire de celui-ci, à la moëlle épinière et à quelques
nerfs cérébraux. A présent on comprendra pourquoi, d’après l’observation
de Haller “, de Bichat, 3, e tc., le nerf sympathique est assez
fréquemment interrompu dans son cours ; pourquoi l’angle de réunion
des filets nerveux avec la sixième paire est tourné, en avant, et
trop aigu pour qu’on puisse les faire dériver de cette sixième paire4 ;
pourquoi enfin il n’y a aucune proportion entre ce nerf et les branches
communiquantes.
Il en résulte aussi que les systèmes nerveux des viscères du bas-
ventre et de la poitrine ne §auroient remplir les mêmes fonctions,
1 Reil, 1. c. S. 190.
* Phys. tom. IV, p. 261.
8 Sur la vie et la mort, p. 71.
4 Winslow, Traité des nerfs, §. 358.