
permettent un langage aussi peu précis, sont dans le cas d’admettre
que les ganglions des entrailles sont aussi des cerveaux.
Les systèmes nerveux de la moelle épinière, des poissons, des amphibies
et des oiseaux, sont organisés d’après les lois que nous venons
d’exposer. Il n’y a aucune différence essentielle ; seulement les ganglions
sont ordinairement plus rapprochés, de sorte qu’en les considérant
rapidement, ils semblent ne former presque partout avec leur
faisceau commun qu’un cordon à-peu-près également gros, et ne se
renfler en noeuds distincts, que dans les endroits où naissent les nerfs
plus forts, par exemple les nerfs des extrémités. Mais lorsqu’on examine
la chose avec attention, on voit clairement que, dans l’intervalle
d’une paire de-nerfs aune autre, il y a toujours alternativement
des rétrécissemens et des renflemens plus ou moins sensibles. Mais si
plusieurs paires de nerfs presque également fortes sont rangées très-près
les unes des autres; la différence entre les rétrécissemens et les renflemens
devient moins frappante.
Dans la moëlle épinière des poules, par exemple , ces renflemens
sont plus distincts dans la région des lombes, là où naissent les nerfs les
plus forts, PI. I, fig. I I , 1-2, et aussi dans l’endroit d’où sortent les
nerfs des ailes , 3-4 : quoiqu’à partir de ce point, la masse des nerfs du
col diminue de vertèbre en vertèbre jusqu’au grand trou occipital, cependant
les renflemens partiels de chaque ganglion sont toujours assez
visibles pour qu’un oeil attentif puisse les distinguer , 4-5. Ainsi chaque
paire de nerfs a également son origine particulière dans la masse grise ,
ou dans un ganglion particulier, et tous sont réunis par des branches
communiquantes, afin de pouvoir influer les uns sur les autres.
La nature a suivi exactement la même marche dans les systèmes
nerveux de la colonne vertébrale des animaux mammifères et de
l’homme. Dans les endroits où les nerfs plus forts des extrémités prennent
leur origine, les ganglions sont plus renflés, et plus abondamment
pourvus de substance grise pulpeuse, PI. I , fig. III, 1 -2 ; fig. IV,
3-4 ; PI. I I , fig-I, % n , 5-io et 22-25. A l’exception de ces deux
renflemens principaux, on n’a jusqu’à présent fait aucune attention
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a ceux qui se trouvent a 1 origine de chaque paire de nerfs dans
les mammifères et dans l’homme , ainsi que dans les poissons 1 les amphibies
et les oiseaux. Dans les mammifères et dans l’homme , ils
sont aussi rangés très-près les uns des autres, et moins sensibles que
dans les insectes ,- mais cependant toujours visibles. Les rétrécissemens
et renflemens alternatifs-se manifestent de la manière la plus évidente,
lorsque l’on coupe la dure-mère et l’arachnoïde , que l ’on prend la
moëlle épinière par une extrémité, et qu’on la regarde de profil contre
le jour. On aperçoit alors comment les bords présentent une ligne
plus ou moins onduleuse, PI. II , fig. III, 1-2; 3-4-
On savoit, long-temps avant nous, que la moëlle épinière des vers
et des insectes se renfle toujours en forme de noeud' dans les endroits
où il naît des nerfs. Mais Haller et les autres anatomistes ne pensoient
pas que la même chose eût lieu dans la moëlle épinière des mammifères
et de l’homme. Nous avons fait voir des renflemens dans la
moëlle épinière du veau ; cependant messieurs les Commissaires de
l’Institut ont contesté l’existence des mêmes renflemens dans la moëlle
épinière de l’homme et des autres animaux très-voisins du veau ; nous
avons depuis amplement démontré, dans nos observations sur leur
rapport, que cette organisation n’est soumise à aucune exception '.
Il est maintenant bien évident que la moëlle épinière ne diminue
pas de haut en bas, en proportion des nerfs qui en sortent, comme
l’ont avancé jadis Spigelius,Piccoluomini, Laurentius, et plus récemment
Ackermann, quoique Blasius eût déjà relevé et réfuté cette
erreur *.
Quant à l’extrémité inférieure de la moëlle épinière, Achellini a
déjà observé 3 qu’elle ne s’étend que jusqu’à la région lombaire. Beren-
gar en fixe * la fin dans un petit noeud ovale à la douzième vertébrale
dorsale. L ’opinion la plus ordinaire des anatomistes modernes est
1 L. c. p. g3 et suiv.
* Medull. Spin, anatome. Amstelod. 1666. p. 45*
3 Annotât, in Mondini. p. 45.
4 Comment, in Mondini. P. 496.