
la moelle épinière , des sens, etc. ; l’hypothèse que les ganglions diminuent
l’influence du cerveau, tombe d’elle-même. Nous avons aussi
démontré dans nos observations sur le rapport des commissaires de
l'Institut, que la grosseur des ganglions ne contribue en rien à rendre
les nerfs indépendans du cerveau, comme MM. les Commissaires
l’ont supposé *.
Ces observations suffisent également pour prouver que la division
que Bicbat et Reil ont faite du système nerveux en système du cerveau
et desganglions, auxquels Bichat ajoute les ganglions de la moëlle épinière
et de la tête, non-seulement n’établit pas une différence précise ;
mais quelle est encore moins fondée sur des considérations physiologiques.
Afin de rendre plus claires nos opinions sur la nature et l’usage des
ganglions, nous allons passer sommairement en revue tout ce que nous
venons de dire.
Nous avons observé, dansles classes inférieures d’animaux, deux substances
du système nerveux : la substance gélatineuse grisâtre, et les
filets nerveux. La première semble former la presque totalité des polypes,
et caractériser le commencement du règne animal, quoique
l’existence des filets nerveux n’ait pas encore pu être démontrée dans
ces êtres. Dans un degré plus élevé, les entrailles sont pourvues d’amas
particuliers de cette substance gélatineuse, et on voit distinctement des
filets nerveux y prendre naissance ; ceux-ci se rendent dans leurs parties
respectives, et s’y épanouissent. Mais comme ces amas de substance
gélatineuse, forment des noeuds ou des renflemens , avec les
nerfs qui y naissent, on les appelle des ganglions.
Plus les amas de substance gélatineuse sont considérables, plus les
nerfs qui en sortent sont forts et nombreux. On ne voit pas un filet nerveux
naître immédiatement de la lymphe , ou par la transformation
des vaisseaux ; mais on trouve cette substance partout où l ’on voit
naître des filets nerveux. Nous en concluons, que les filets nerveux
Mémoire et observations sur le rapport, pag. 97.
sont originairement produits dans cette substance, et qu’ils en sont
nourris. C’est pourquoi nous l’appelons la substance originaire ou substance
matrice ou nourricière des nerfs.
Or les mêmes conditions ayant lieu dans les plexus et les ganglions
des classes d’animaux plus élevés , nous devons aussi regarder les ganglions
etcesplexus comme l’origine des nerfs. Ils sont toujours entrelacés
de nombreux vaisseaux, et pénétrés abondamment partout de substance
grise gélatineuse, pulpeuse, onctueuse, d’un gris rougeâtre. Ils contiennent
plus ou moins de tissu cellulaire, et sont par conséquent tantôt
plus fermes, tantôt plus mous, de même que les filets nerveux ont plus
de fermeté ou plus de mollesse, suivant qu’ils sont recouverts par la
dure mère, ou qu’ils en sont dépouillés. Souvent la substance gélatineuse
est dispersée dans un tissu cellulaire lâche, ce qui fait que les
nerfs qui en sortent forment une espèce de plexus. Quelquefois aussi
elle est renfermée par le tissu cellulaire en petits tas, et rassemblée
dans ces mêmes plexus, ce qui fait qu’on y trouve plusieurs petits ganglions,
comme l’ont observé Haller, Haase, Scarpa, Reil, et d’autres
anatomistes. Il n’existe donc aucune différence essentielle entre les
ganglions et les plexus.
Ainsi, pour déterminer l’usage des plexus et des ganglions, il ne faut
pas considérer comme des conditions essentielles la diffe’rence du nombre
des ganglions ou plexus dans les différentes espèces d’animaux ou
dans les mêmes individus ', ni la différence de leur forme , car on en
voit de lisses , de ronds, d’allongés, d’oviformes, d’angulaires ; ni celle
de leur consistance qui est tantôt lâche, tantôt ferme et presque cartilagineuse
; ni celle de leur couleur qui est plus ou moins rougeâtre, ou
rouge pâle ou entièrement grise. En effet, toutes ces différences indiquent
simplement qu’il existe entre eux des modifications. On rencontre
souvent des différences de grosseur et de forme dans le même
ganglion, par exemple le cervicale supremum, ainsi que Haller, Scarpa,
Scemmerring, Bichat, etc., l ’ont aussi très-bien observé.
Avant de démontrer l’existence des mêmes lois dans les systèmes nerveux
plus élevés, et avant de nous livrer à des recherches sur leur