
S E C T IO N IV.
Des nerfs de la tête.
N o n allons continuer à faire la description des systèmes nerveux
qui succèdent immédiatement à ceux de l’épine du dos, et qui ne
passent plus par les trous entrevertébraux, mais par les ouvertures du
crâne pour se rendre dans leurs appareils respectifs.
La masse de nerfs qui suit après la moëlle épinière augmente considérablement
en grosseur, dès quelle est entrée dans le grand trou
occipital, pl. IV, i. Cet accroissement est surtout très-distinct chez les
animaux mammifères, pl. III, i , parce que la plupart des systèmes
nerveux qui prennent leur origine à ce point, sont proportionnellement
plus forts chez ces animaux que chez l’homme. Jusqu’à présent, les
anatomistes n’ont observé, dans cet endroit, outre quelques paires
de nerfs, que les pyramides antérieures et postérieures, les corps
olivaires, les cuisses du cervelet, et le quatrième ventricule du cerveau
avec les stries médullaires blanches et le ruban gris.
Mais nous ferons voir que dans cette partie il existe la première origine
yisible du plus grand nombre des nerfs des sens, des cinquième ,
sixième, et septième paires, ainsi que du cervelet et du cerveau. Cette
partie a de commun, avec la moëlle épinière, les fissures antérieure et
postérieure, la commissure ou la couche de réunion transversale, la
couche intérieure de substance grise, et les canaux que l’on rend sensibles
par le moyen du souffle. Quoique l’on ne puisse pas dire qu’elle
soit une continuation de la moëlle épinière , cependant ses systèmes
nerveux particuliers ont, parles cordons de communication, une réunion
immédiate avec les s)rstèmes nerveux de la colonne vertébrale.
On regardoit cette masse nerveuse comme une continuation de la
masse blanche du cervelet, du cerveau, et de la protubérance annulaire.
C’est pourquoi Haller, Scemmerring, Cuvier et la plupart des
anatomistes allemands lui ont donné le nom de moëlle allongée.
Tous ces auteurs ont placé son extrémité supérieure au bord inférieur
de la protubérance annulaire; d’autres, tels que Varole, Vieussens,
Bartholin, Blasius, Riolan, Winslow, Sabatier, Portai, et presque
tous les anatomistes françois, ont au contraire compris dans la moëlle
allongée le pont de Varole, les cuisses, les couches optiques, et les
corps striés, parce qu’ils ont considéré toutes ces parties comme un
prolongement de la substance médullaire des hémisphères.
On appelle ordinairement cerveau la masse nerveuse placée dans le
crâne à partir du grand trou occipital. C’est pourquoi on donnoit aussi
le nom de nerfs cérébraux à tous les nerfs qui, ayant pris naissance
dans ces parties, sortoient du crâne, et c’est ainsi qu’on les dérivoit
tous indistinclemënt du cerveau.
Il semble qu’on a trouvé notre inculpation trop générale; et en conséquence
on n’a voulu imputer cette opinion erronée qu’au commun
des anatomistes 1, mais jusqu’à présent nous n’avons pu découvrir aucun
écrivain qui ait manifesté une façon de penser différente. É
Vieussens dit, à la vérité,- qu’aucune partie ne peut être la cause
d’une autre, et que par conséquent on ne doit pas dériver un nerf
d’un autre nerf ; cependant il fait sortir de son centre ovale des fila-
mens nerveux pour chacune des paires de nerfs.
Les auteurs qui ne donnent le nom de cerveau qu’aux hémisphères,
et qui joignent à la moëlle allongée le,pont de Varole, les cuisses ,
les couches optiques, et les corps striés, ou qui , avec Varole, Bartholin
, etc., regardent ces parties comme appartenant à la moëlle
épinière, disent qu’aucun nerf ne prend naissance dans le cerveau,
c’est-à-dire, immédiatement dans les hémisphères ; mais comme ils
‘ Analyse des travaux de la classe des sciences mathémat. et physiques
180S, partie physique, p. x3.