
on ne peut tirer aucune induction relative au choix des alimens, soit du
plus ou du moins de largeur du pont, formé par les faisceaux transversaux
du cervelet, soit du point de l ’écartement des nerfs tri-jumeau,
facial et abducteur.
Le nerf tri-jumeau se ramifie dans tous les muscles de la face ; dans
le front et dans ses muscles; dans les paupières et dans leurs muscles;
dans l’iris, dans le nez et dans ses muscles; dans la membrane
pituitaire, dans l’oreille extérieure, dans le conduit auditif, dans la
peau des joues ; dans les lèvres et dans leurs muscles ; dans les papilles
de la langue, dans les glandes salivaires, dans les dents. Il communique
avec tous les organes des cinq sens; le goût dépend principalement
d’une grande partie de ce nerf. C’est pourquoi un de ses rameaux
est regardé comme le véritable nerf du goût.
Non-seulement ces branches s’unissent les unès aux autres; mais
aussi au nerf oculo-moteur commun, au nerf du muscle oblique supérieur
de l’oeil, à l ’abducteur, au facial, et aux vingt-huitième et vingt-
neuvième paires de la colonne vertébrale. Ainsi il met en communication
la face, le cou, le tronc et les extrémités.
C’est par l’épanouissement de ce nerf dans les papilles de la langue
et dans la membrane pituitaire, que l’on explique l’affinité de l’odorat
et du goût; l’eau qui vient à la bouche a l ’odeur des mets. Son épanouissement
dans le nez et dans l’iris rend raison de l’éternument occasionné
par une lumière très-vive; de la cécité qui suit quelquefois l ’é-
ternument, et peut-être aussi de celle que cause souvent la lésion du
nerf ciliaire, quoique l’on ne puisse pas encore prouver la liaison qui
existe entre 1 épanouissement du nerf optique, de la rétine et de l ’iris.
C'est par sa branche nasale que l ’on rend compte du chatouillement
que l’on éprouve dans le nez , quand on résiste à l’envie d’éternuer;
toutes les branches de ce nerf ressentent les effets de la migraine ; de
là les douleurs au front, la tension des yeux, et la sensation désagréable
dans le nez. C est par la seconde branche que l’on explique la douleur
et 1 enflure de la face, et de la mâchoire supérieure ; et c’est par le nerf
temporal que Ion rend raison des douleurs dans les oreilles, et de la
difficulté d’avaler, qui ont lieu dans les maux de dents, ainsi que des
douleurs qu’éprouvent les dents et les oreilles dans les maux de gorge ;
pourquoi l’extraction d’une dent angulaire et d’une incisive de la mâchoire
supérieure cause une souffrance si vive ; pourquoi l’on fait
cesser,»par la pression, le mal de dents de la mâchoire inférieure, et
non pas celui de la mâchoire supérieure; pourquoi l'inflammation du
canal auditif, qui reçoit tant de nerfs, est si douloureuse.
Des odeurs volatiles, en irritant les nerfs du nez, et en agissant sur
les gros vaisseaux sanguins par le nerf sympathique, causent l’évanouissement,
ou le font cesser.
Le rire involontaire, qui a lieu dans l’inflammation du diaphragme,
et dans le trisme ^annoncent qu alors ce nerf est affecté.
Dans les maladies, les yeux fournissent plusieurs signes pathognomoniques
, à cause de la liaison du nerf sympathique avec les nerfs ciliaires.
Voilà pourquoi, lorsqu’il y a des vers dans les intestins, la pupille se
dilate , et 1 on ressent des démangeaisons à la pointe et à la cloison du
nez.
De1 la aussi 1 enorme dilatation de la pupille, dans l'apoplexie etdans
1 hydrocéphale ; les douleurs de la face dont la cause est dans les voies
intestinales ; l’agacement général des dents que l ’on a observé à la suite
de l’abscission d’une des branches de ce nerf dans une fistule lacrymale
'.
Puisque celte paire de nerfs se divise en un si grand nombre de branches
qui ont des fonctions diverses, qui se répandent tantôt dans les
parties du mouvement volontaire, tantôt dans celles du mouvement
involontaire , et qui tantôt n’excitent qu’une simple sensation, tantôt
sont affectées à un sens spécial comme celui du goût, ne pourroit-on
pas avec raison l ’appeler la paire mixte ?
V. Soemmerring. p. ig8etsuiv.