
pas un véritable entrecroisement; ils s’entrecoupent et passent les
uns sur les autres, seulement dans une direction oblique. Si 1 on écarte
davantage les deux bords au - dessus et en bas de 1 endroit indiqué
, on trouve la couche transversale que nous avons décrite en traitant
des systèmes de la colonne vertébrale, et qu’on a souvent prise
pour l’entrecroisement réel. C’est donc avec beaucoup de raison que
des phénomènes observés dans les lésions de la tete les médecins pathologistes
ont conclu qu'il existoit un entrecroisement; et qu’au lieu
de négliger les phénomènes de l’état de maladie, on doit en chercher
la cause dans l’organisation.
On a consigné d’un autre côté plusieurs exemples où la lésion d un
hémisphère du cerveau a produit des symptômes de maladie sur le
même côté du corps. C’est ce qui fait dire à Haller' : « Quoique la paralysie
n du corps produite par leslésions du cerveau se manifesté ordinairement
| du côté opposé , il arrive cependant assez souvent que les dérangemens
« du cerveau ou du cervelet affectent le même côté du corps »■ U cite
à ce sujet Monro% de Ilaen3, Schlichting4, Rumler ,' Morgagni, etc.
Prochaska3 suppose que, lorsque le côté opposé du corps souffre , c’est
que les corps striés ont principalement été comprimés, ou attaqués
d’une maladie quelconque.
Il est réellement très-difficile de toujours déterminer avec certitude
si les fibres du cerveau, dont la finesse est si grande , sont malades ou
saines. Lorsqu’on les trouve non-lésées en apparence, on ne peut pas
toujours en conclure avec raison quelles ne le sont réellement point, et
qu’en conséquence les accidens qui ont frappé tel ou tel côté du corps,
n’en sont pas le résultat. Nous ne pouvons donc tirer une conclusion
certaine , que lorsqu’un hémisphère du cerveau ou du cervelet étant
' Phys. tom. IV £ p. 333. '
• On nerves. p. 345.
3 Rat. med. Tom. IV, p. 199.
® Traumalolog. p. 108.
5 Op. minor. Pars. II. p. 31 a.
manifestement lésé, il n’y a pas de dérangement dans le côté opposé
du corps , mais bien dans le même côté. Si l’exactitude de semblables
observations ne peut pas être révoquée en doute, il faut en chercher la
cause dans l ’organisation du cerveau.
Suivant nos recherches anatomiques , les faisceaux des pyramides
sont les seuls qui s’entre-croisent; conséquemment les lésions des parties
du cerveau, qui sont une continuation des pyramides , doivent
seules communiquer leurs effets au côté opposé du corps. Les faisceaux
du cervelet, les faisceaux des lobes postérieurs et d’une grande partie
des circonvolutions médianes du cerveau ne s’entre-croisent pas; par
conséquent les effets des dérangemens de ces parties ne peuvent pas
s’entre-croiser dans le corps.
Au reste cet objet exige encore des travaux nombreux et assidus ,
avant qu’on puisse prononcer sur tous les phénomènes d’une manière
satisfaisante. La connexion de toutes les parties et leur influence réciproque
qui en résulte , rendront les observations toujours difficiles et
plus ou moins vagues.-
Dans une attaque d’apoplexie, où la paralysie totale du côté gauche
se joignit au désordre continuel de la tête , 1 oeil droit fut renversé et
détourné , moitié fermé , et insensible à l’impression de la lumière.
Chez une autre personne frappée d’apoplexie , qui resta aussi quelques
mois absolument engourdie , et dont le côté gauche étoit entièrement
paralysé, l’oeil droit s’oblitéra long-temps avant la mort, et se ferma.
Nous trouvâmes beaucoup d’eau dans les cavités du cerveau , et
surtout dans celles du côté droit. L ’hémisphère droit du cervelet et
le lobe droit moyen, étoient ulcérés en plusieurs endroits. Dn autre
individu qui n’avoit que de légères attaques d’engourdissement et de
vertige , eut pendant plusieurs jours tout le côté droit du visage un peu
rouge et gonflé ; la lèvre supérieure droite étoit tirée en haut, e t, en
parlant, le coin droit de la bouche se retiroit beaucoup en arrière. Tout
le côté droit, les mains et les pieds, étoient froids , foibles et peu
sensibles ; mais l ’oeil gauche étoit un peu trouble , tandis que l’oeil
droit conserYoit son degré de force ordinaire.
I