
q(j a n a t o m i e e t p h y s i o l o g i e
pourront jamais acquérir des notions claires des différens rapports de
ses fonctions. Souvent le médecin 11’expliquera pas avec exactitude les
phénomènes pathologiques ; il ne procédera pas convenablement aux
autopsies cadavériques ; il ne pourra pas rendre raison de ce qu’il aura
trouvé, ni déterminer davance ce que Ion doit trouver, circonstances
qui souvent dénotent plus dq connoissances précises, que
les cures les plus heureuses, dues fréquemment plutôt à la nature
qu’à l’art.
Il seroit bon que les médecins fissent la réflexion très-importante ,
combien la connoissance détaillée de chaque partie , par exemple de
l’oeil, seconde l’art de guérir ; combien la connoissance du cours du
nerf sciatique, des diverses branches de la cinquième paire, a assuré
le traitement du mal sciatique, et du tic douloureux-nerveux, des
maux de dent, et des paralysies des nerfs optique et acoustique. Ces
notions servent à déterminer les points où il faut appliquer les irritans,
les caïmans. S’ils considéroient avec quel avantage on a employé plus
tard une connoissance qui d’abord paroissoit inutile , les médecins
praticiens et les chirurgiens penseroient qu’il est de leur devoir d’examiner
dans le plus grand détail la structure de toutes ces parties, précisément
parce qu’elle est si délicate.
On ne doit donc pas être surpris que de tout temps, les meilleur^
physiologistes et les plus habiles anatomistes aient attaché un très-
grand prix à ces recherches. Haller se plaint fortement de ce que la
plupart des anatomistes ne cherchent pas assez soigneusement l’origine
des nerfs. Wrisberg engageoit sans cesse ses meilleurs élèves à s’occuper
de cette étude. Soemmerring a mis le plus grand intérêt à cette
recherche. Nous avons déjà dit que plusieurs anatomistes pensoient
qu’il ne restait plus rien d’important à faire dans le système nerveux,
qu’à chercher l’origine des nerfs, surtout de ceux nommés cérébraux.
Ilerophilus, Erasistrate, Marinus, Galien, Vesal, Fallope, Eustachi,
Varole, Willis, Vieussens, Santorini, Petit, Winslow, Meyer, Vicq-
d’Azyr, etc., se sont tous livrés à cette recherche.
Les philosophes attachèrent beaucoup d intérêt aux nerfs, parce qu’ils
les regardoient comme les intermédiaires entre le corps et l’ame ; ils
pensoient avec Bonnet, que leur structure était si cachée, précisément
parce qu’ils touchent de plus près à l’ame.
Plus l’organisation d’un animal est simple, plus il est facile d’examiner
ses systèmes nerveux. Il sera par conséquent plus aisé de faire ou de
confirmer une découverte dans les vers, les insectes, les poissons et les
amphibies, que dans les animaux plus parfaits, parce que chez ceux-ci
les différens systèmessont trop mêlés et entrelacés les uns dans les autres.
Si l’on fait des recherches sur les animaux plus parfaits, que l’on choisisse
au moins ceux chez qui les systèmes sur lesquels on fait ses recherches
sont les plus forts. C’est pourquoi, en traitant le sujet qui nous occupe
, nous aurons principalement égard aux animaux mammifères, sans
négliger pourtant ce qui est propre à l’homme.
Dans les systèmes du nerf sympathique et des nerfs de la colonne vertébrale
les nerfs, dès leur origine, se détachent de la masse commune;
mais il n’en est pas toujours de même dans les systèmes suivans. Les filets
nerveux se réunissent en faisceaux qui restent unis à l’ensemble de la
masse dans une étendue plus ou moins considérable: Il faut donc bien
se garder de confondre lepoint de la naissance avec celui de Xécartement.
Chaque système de nerf étant composé de plusieurs filets, il est évident
que ces filets ne peuvent pas naître dans le même point. On peut
avancer, avec quelque certitude, qu’aussi long-temps qu’un faisceau
nerveux reste uni à l’ensemble de la masse, il reçoit toujours Un nouvel
accroissement par la substance grise contenue dans cette masse. Souvent
aussi la substance grise est amassée en quantité plus considérable, et
forme un véritable ganglion, afin de pouvoir fournir aux filets nerveux
une plus forte augmentation. En traitant les différens systèmes, nous
ferons mention de cette particularité, quand elle a lieu.
On a rangé par paires ces systèmes nerveux, de même que ceux de
1 épine du dos. Plus on fit de découvertes, plus on augmenta le nombre
des paires. Marinus en détermina d’abord le nombre à sept. Soemmerring
, et après lui la plupart des anatomistes, en admettent, avec raison,
douze. Mais il ne faut passe laisser induire en erreur par la fixation d’un
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