
plantes ? Avons-nous la perception des principaux appareils de notre
conservation ? Qui est-ce qui a la conscience de l’assimilation, de la nutrition
, de la croissance, des sécrétions ? Le même auteur dit encore ' :
« Considérée sous un point de vue général, la sensibilité est une propriété
essentielle à la matière vivante, et répandue dans chacun de ses
elemens. » Et plus loin1 : « Comme l’oeil aperçoit les couleurs, comme
1 oreille reçoit la sensation des sons,.ainsi chaque partie animée éprouve
des affections relatives à la qualité des objets qui l’affectent , et au genre
de phénomènes qu elle opère. La sensibilité propre de l’estomac est
mise en jeu par les alimens, celle, du foie par la bile, celle des.testicules
par le fluide séminal, celle des reins par les urines, celle des autres
organes, sécrétoires par la matière de leurs sécrétions. »
On voit donc que ces auteurs n’ont employé des expressions aussi
vagues et aussi contradictoires, que parce qu’ils ont confondu les notions
d irritabilité et de. sensibilité. No us appelons sensibilité ou fa-
culte de sensation, non pas comme-Reil, ■ la faculté de recevoir des
impressions, et de réagir contre.ces impressions, mais la faculté de
percevoir une irritation, soit qu’elle vienne du dehors ou du dedans; et
nous appelons sensation la perception d une irritation. Par conséquent,
la faculté de conscience est inséparable de la faculté de sensation ;
c’est elle qui détermine le caractère essentiel des animaux proprement
dits. Lorsque des changeinens produits par des irritations ont lieu sans
conscience, ils ne peuvent être regardés que comme des résultats de
l’irritabilité, et appartiennent simplement à la vie automatique. Mais-
quand les changemens ont lieu avec conscience, cet acte de conscience
appartient à la vie animale.
Si 1 qp veut soutenir que la nature a pu, dans les animaux dépourvus
de cerveau, unir la faculté de sensation aux systèmes nerveux de l’ordre
une autre substance, il n’est pas moins certain que
plus nobles , cette faculté n’existe que dans le cerle
plus bas, ou à
chez les animaux
' L. c. p. 20G.
” L. c. p. 207.
veau. Nous ne nierons pas que la nature ne puisse produire des effets
analogues par des appareils modifiés. Mais ici l’on ne nous oppose, pour
combattre notre sentiment, que les phénomènes d’une sensation apparente
qui s’expliquent aussi bien par la simple irritabilité. Si l’on persiste
néanmoins à attribuer aux animaux dépourvus de cerveau, des sensations
réelles et une volonté; il faut aussi leur accorder la perception des irritations
ou la conscience ; ainsi c’est toujours faire abus des mots, que de
se servir de ceux de sensation et de sensibilité, au lieu de celui d’irritabilité
, lorsqu’il n’y a pas de conscience, et qu’il ne peut pas y en avoir.
On a voulu fixer, d’une manière plus précise, la différence entre la vie
automatique et la vie: animale, en disant que les organes de celle-ci
étoient doubles , tandis que ceux de l’autre étoient simples. Si on n’appelle
vie animale que les fonctions intelléctuelles, ses organes, il faut
en convenir, sont doubles; mais les systèmes nerveux de la colonne
vertébrale sont également doubles. Si l’on étend la vie animale jusqu’aux
parties qui peuvent devenir conductrices des sensations, par exemple
au système du nerf sympathique, plusieurs organes de cette vie sont
simples. Si l’on raisonne d’une manière différente, on trouve doubles
les systèmes des glandes, les reins, et la plupart des parties destinées
aux opérations de la génération.
Bichat dit *, il est vrai, en parlant de la vie animale : « Tout y est exact
précis, rigoureusement déterminé dans la forme, la grandeur et la position.
On n’y voit presque jamais des variétés de conformation ; s’il en
existe, les fonctions sont troublées, anéanties; tandis qu’elles restent
les mêmes dans la vie organique, au milfeu des altérations diverses des
parties ». Mais que l ’on examine avec attention, soit différens cerveaux,
soit les parties de chaque hémisphère, on apercevra plusieurs différences
considérables. Très-souvent, un côté est plus gros, plus fort que
1 autre. Les parties de chaque côté, et surtout les circonvolutions, sont
rarement pliées d’une manière semblable. En un mot, si le défaut de
symétrie des parties du cerveau troubloit les fonctions de l’esprit, on
’ L. c. p. i(6.