
attachent des conséquences pernicieuses à des vérités nouvelles
, et que par leurs clameurs et leurs appréhensions
ils les font passer pour nuisibles aux yeux des ignorans ,
ils commettent une imprudence dangereuse ou du moins
inquiétante. Or si la vérité reste, qui est-ce qui a fait
le mal ? N est-il pas a-la-fois impie et absurde de soutenir
que Dieu et les lois doivent tromper les hommes,
pour assurer leur bonheur et leur tranquillité ? Jusqu’à
présent tous les efforts contre les découvertes réelles ont
été vains, parce que rien ne résiste à la puissance de la
vérité.
Pénétré de ces idées et rassuré par ces motifs, mon
objet le plus important fut de découvrir les moyens qui,
dans le moins de temps possible, me mettroient en état
d accumuler des faits assez nombreux» Jusqu’alors j ’avois
presque toujours fixe mon attention sur lés signes que
me présentoient les tetes d’hommes distingués vivans ;
mais afin de mieux saisir les différentes formes des têtes,
et de me procurer des occasions plus multipliées de les
comparer entre elles, je fis mouler en plâtre les têtes
d un nombre considérable d hommes qui avoient acquis
de la célébrité par une qualité quelconque.
Je sentis plus tard que j ’obtiendrois des idées encore
plus précisés sur les signes des qualités dominantes des
individus, si je les examinois sur le crâne même, où les
cheveux, la peau et les muscles n’opposeroient plus
aucun obstacle. Mouroit-il quelqu’un dont j ’avois déjà
fait mouler la tete en plaire, je cherchois à me procurer
son crâne, afin de connoître avec exactitude comment les
formes particulières du crâne se présentent dans l’état de
vie. Dès que l’on a acquis une idée juste de la manière
dont les formes et les proéminences particulières se prononcent
sur la boîte osseuse ou la tête, les copies en
plâtre, prises jusqu’à la moitié du cou sur les individus
vivans ou morts, après que tous leurs cheveux ont été
coupés, sont aussi utiles pour l’organologie que les crânes.
Cela facilite beaucoup la formation d’une collection convenable;
car il est très-souvent impossible de se procurer
des têtes, tandis que l’on permet presque toujours de les
mouler. Si S. E. Mr. le comte de Saurau, alors ministre
de la police de la monarchie autrichienne, n’eût daigné
seconder mon désir de rassembler un nombre suffisant
de têtes remarquables, je n’eusse pu faire plusieurs observations
intéressantes que très-tard, ou avec peu d’exactitude
; peut-être même m’eût-il été absolument impossible
de les faire, et par conséquent d’en déduire un
grand nombre de résultats très-intéressans.
Je m’occupois en même temps d’une collection de
crânes d’animaux , soit pour apprendre à connoître la
différence des formes des diverses espèces, soit pour comparer
entre eux les crânes des individus de la même
espèce dont je connoissois bien positivement les qualités
particulières. La profession de médecin me présenta une
source abondante d’observations ; et je profitai de toutes
les occasions d’en tirer parti. J’examinai le crâne des
aliénés, toujours en comparaison avec la nature de leur