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que l’on adresse à la clairvoyante pour fixer ses regards sur les parties
individuelles. Le magnétisme n’a que ces trois degrés : le calme , la
clairvoyance, et enfin un troisième degré où tout est lumière et clarté,
où la jouissance de la magnétisée est la plus pure béatitude ».
Quiconque est convaincu de toutes ces rêveries merveilleuses, et surtout
les comprend, a le droit de dire qu’une telle doctrine exerce l’influence
la plus importante sur l’ensemble de la science de la nature.
L ’estimable Reil ' , après avoir parlé du système des ganglions du
bas-ventre comme pouvant devenir conducteur des sensations , passe
au magnétisme et s’exprime ainsi : « La transition d’un semi-conducteur
à l’état de conducteur paroît être soumise à moins de difficultés
dans l’organisme que dans la nature morte; il peut même s’établir une
telle communication entre le magnétiseur et le magnétisé, que si le
premier mâche du poivre, le second en aura le goût. Ici l’objet n’a
aucun contact avec le magnétisé ; c’est son cerveau qui produit immédiatement
de lui-même le monde extérieur, et est excité par une conduite
étrangère , de même que par ses propres sens. Dans le somnambulisme
artificiel et spontané, T excitabilité est enlevée à certaines parties
, elle est portée à d’autres où elle est restreinte. Les congestions de
l’excitabilité se forment surtout avec une grande facilité dans le plexus
solaire qui devient, en même temps transparent pour ce qu’il voit en
lu i, et capable de percevoir les impressions, qui autrement ne sont
reçues que par les sens ; alors le corporel est purifié et devient spirituel.
C’est ainsi que le nerf frontal lorsque sa tige a, dans l’obscurité,
été frappée d’une étincelle électrique, devient lumineux pour l’individu
qui l ’aperçoit, ainsi que toutes ses branches, comme un corps
transparent, sans cependant pouvoir l’amener devant ses yeux. La
lumière s’accroît en même temps que la vie augmente, et par l’effet de
1 a prépondérance de la pesanteur qui gagne toujours, disparoît à l’instant
de la mort. Dans l’état ordinairê, le nerf ne se sent pas lui-même ;
il reçoit simplement les impressions à ses extrémités et les transmet
Archiv für Phys. B. 7, St 2, S. 25â.
DU SYSTÈME NEHVEUX. l3g
au cerveau ; dans le somnambulisme il devient lumineux dans tous
ses points , et perceptible pour lui-même. Les magnétisés sont en état
de connoilre , par le sens universel, la configuration de leur intérieur,
de même que s’ils le regardoient par le moyen de leurs sens extérieurs.
Ils disent qu’ils sentent les parties lorsque la perception est moins
distincte; et qu’ils les voient, lorsque la perception est très-distincte.
Un malade décrivit les viscères de sa poitrine et de son bas-ventre,
et aperçut la moelle épinière, le nerf sympathique et le plexus solaire
comme des filamens blancs et des endroits clairs. D’autres ont entendu
des sons si foibles que personne ne pouvoit les entendre ; d’autres,
ayant les yeux fermés ont aperçu des objets, et surtout des hommes ,
quoiqu’ils fussent dans un autre appartement ; ils prédisoient quelles
personnes dévoient entrer dans la maison, et ils 11e se trompoient
jamais. Le magnétiseur se gratte, et la magnétisée sent une démangeaison
au même endroit, le premier tousse ,Se pique, la séconde
tousse de même et sent la" piqûre ; enfin le magnétiseur prend dans
sa bouche du vin et du poivre, et tous deux en ont le goût. La magnétisée
distingue l’eau commune dë l’eau magnétisée , pronostiqué la
naissance et la durée des accès de sa maladie, indique les moyens de
la combattre; et ce qui est remarquable , lorsque la crise du somnambulisme
est passée, l’homme en santé ne sait rien de son état de
somnambule , et vice versa le somnambule ne se ressouvient que de ce
qui lui est arrivé comme somnambule. Dans le même individu cohabitent
deux personnes dont chacune a la mémoire particulière des
choses qu’elle a éprouvées ».'
C’est ainsi que l’esprit humain tourne toujours dans le même cercle.
Déjà Platon et Socrate avoient eùseigiié, qu’Originairement les âmes
savoiént tout, quelles jouissoient d’une communication intime avec
l ame universelle du monde ; et que les seuls liens du corps les empê-
choieùt d’avoir le libre usage de leurs connoissances; par conséquent
apprendre, ne seroit qu’acquérir la conscience des idées innées, à
mesure que l’organisation le permettroit. En supposant que le corporel
se purifie et devienne spirituel, que le cerveau produise imme