
M. de Puységur voulût bien publier cette anatomie , révélée par
M, d’Aremberg. ,
Peut - être nous sommes-nous jusqu’à présent fait soupçonner de
vouloir nier le fluide magnétique ; mais ce n’est nullement notre projet.
Le naturaliste ne doit connoltre d’autre loi que la vérité. Nous
reconnoissons un fluide qui a surtout de l’affinité avec le système nerveux
, qui peut émaner d’un individu , passer dans un autre, et
s’amasser en vertu de son affinité particulière, plutôt dans certaines
parties que dans d’autres. Une observation qu’un de nous (Gall.)'a par
hasard faite sur lui-même nous confirme, indépendamment de tous les
phénomènes vrais du magnétisme, dans cette opinion.
Ayant posé , dans, la contemplation , la main sur le front, et promenant
plusieurs fois en avant et en arrière ses doigts étendus , sur
toute la partie chevelue du devant de la tête, à la distance d’un pouce
à peu près, il remarqua entre la main et la partie supérieure du
crâne une chaleur douce comme celle de l’haleine ; il ressentit une
chaleur ascendante vers les épaules et les joues , de la chaleur dans la
tête et un frisson dans les lombes. La même chose s’étant renouvelée
plusieurs fois fixa son attention , il recommença à dessein la même
épreuve, et eut toujours les mêmes, résultats.. S’il continue à mouvoir,
pendant quelques secondes, la main suspendue, les phénomènes cités
augmentent. Les yeux deviennent douloureux, et il en sort des larmes.
La langue ne peut plus articuler, les muscles du visage prennent des
mouvemens spasmodiques, la respiration.devient pénible , et il s’élève
des soupirs accompagnés d’oppressions. Les genoux tremblent et chancellent;
il lui faut quelques heures de repos pour être entièrement
rétabli.
11 a produit plusieurs fois des phénomènes semblables chez d’autres
personnes qu’on n’y avoit pas rendu attentives, et par le mouvement de
la main continué pendant quelquetemps.il a même causé desévanouis-
semens profonds et prolongés; il a, sous le rapport1 de cette propriété,
une affinité particulière avec les personnes des deux sexes qui ont les
cheveux fins et un peu crépus. Elles seules agissent sur lui de la même
manière, et il distingue bien par cette impression singulière, si c’est
un individu de cette sorte ou toute autre personne dans une nombreuse
compagnie qui, à une distance déterminée, promène la main en l’air
au-dessus de la partie supérieure antérieure du crâne. Aussi ne peut-il
agir que sur les personnes de cette constitution; la promptitude avec
laquelle il perd 1 usage des sens,: et surtout l’impression extrêmement
désagréable produite par un abattement inexplicable, ne lui ont pas
permis de pousser cet essai plus loin, et d’en obtenir un résultat
ultérieur.
Nous admettons donc 1 existence d’un fluide, dont la soustraction
diminue la force des nerfs, et dont l’accumulation l’augmente ; qui met
une partie du système nerveux en repos, et exalte l’activité de l’autre
partie; qui peut par conséquent produire un somnambulisme artificiel.
De meme que souvent dans les rêves les pensées ont plus de finesse,
et les sensations sont plus vives, qu’on peut entendre et répondre,
que dans le somnambulisme naturel on peut se lever, marcher, y voir
les yeux ouverts , toucher avec les mains, etc., de même aussi nous
convenons que des phénomènes semblables peuvent avoir lieu dans le
somnambulisme artificiel, et même à un plus haut degré.
On doit en general considérer ce fluide magnétique comme un très-
puissant irritant des nerfs, qui peut dans les maladies produire des
effets pernicieux ou bienfaisans, et qui, de même que les autres fluides,
est soumis à des lois particulières dont la connoissance devroit être la
base de la manipulation. Il est donc toujours un objet très-important
pour le naturaliste , pourvu que l ’on se tienne en garde contre ses propres
illusions et contre celles d’autrui. Cela posé, il sera difficile de
trouver autre chose que ce qu’on observe dans les autres cas où le
système nerveux est excité par des irritations violentes et partielles. Combien
de fois dans l ’ivresse, dans les attaques hystériques et hypoehon-
driaques , dans les convulsions, dans la fièvre, dans la folie , dansles
affections violentes, après un long jeûne, et par l ’effet des poisons tels
que 1 opium, la ciguë, la belladone, ne sommes-nous pas, en quelque