
Winslow s’explique aiasi sur les filets nerveux de la cinquième et de
la sixième paire qui, dit-on, donnent naissance au nerf sympathique
1 : « Après avoir examiné avec attention la prétendue naissance de
ces filets, ils m’ont paru plutôt monter de la base du crâne avec la
carotide interne , et aller de derrière en devant pour'se joindre à la
sixième et à la cinquième paire; et j’ai trouvé l’angle de leur union avec
ces deux paires, tourné vers le devant, et si aigu qu’on ne les peut
pas regarder comme des nerfs recurrans.
" Ayant depuis ce temps là , c’est-à-dire depuis près de vingt ans ,
trouve la meme disposition de cet angle, dans tous les sujets que j’ai
disséqués, j’ai toujours été dans l’opinion que ,ce qu’on avoit pris
comme la première racine et comme une espèce de tige descendante du
nerf appelé intercostal, n’en étoit qu’une branche ascendante qui,
en entrant dans le crâne, se divisoit en filets, et par ces filets s’associoit
étroitement avec les deux paires nommées.-,
" L ’observation particulière que M. Petit, docteur en médecine , a
communiquée à l’Académie royale des sciences sur la différente grosseur
des portions du nerf de là sixième paire, paroît entièrement démonstrative
, en ce qu’il a trouvé ces nerfs plus gros en devànt entre
le filet du prétendu intercostal et l ’orbite , qu’en arrière entre le même
filet et la naissance de la sixième paire ».
Winslow regarde aussi * tous les filets entre le nerf sympathique et
la moelle épinière comme de simples branches de communication, et
fait remarquer qu’il n’y a pas de proportion entre eux et la grosseur du
nerf sympathique.
Il d it 1 * 3 même que les ganglions du nerf intercostal doivent être considérés
comme autant d’origines séparées de cette grande paire de nerfs,
et conséquemment comme autant de petits cerveaux.
1 Exposition anatomique de la structure du corps humain. Paris, 1732. in-4°.
p. 461.
” L. c. p. 468.
3 L. c. p. 4O2.
Soemmerring en parlant * des branches que, suivant les idées ordinaires,
le nerf sympathique reçoit de la moelle épinière, dit que ce
n’est qu’une manière vulgaire de s’exprimer, et quelle ne doit pas
induire à tirer la conséquence erronée que le nerf sympathique
prend son origine dans la moëlle épinière, à laquelle il est seulement
réuni. Aussi pense-t-il * que le nerf sympathique, vu la tenuité de
ses extrémités supérieure et inférieure, est un nerf existant par lui-
même. Il répète qu’il lui semble que le nerf sympathique, existant
par lui-même, se rend à la moelle épinière, plutôt qu’il n’en vient. Il
croit de plus que la sixième paire de nerfs reçoit un filet du nerf sympathique.
« On n’est pas généralement d'accord, dit-il sur la question
de savoir si la sixième paire de nerfs reçoit ou envoie lé filet
du nerf sympathique. Il semble cependant : \o. qu’entre le point
où ce filet se montre, et l’abducteur du bulbe de l’oeil, cette sixième
paire est un peu plus forte qu’entre le même point et son origine, ce
qui indique qu’elle reçoit le filet et qu’elle en est renforcée. jg| Les
filets diffèrent en couleur et en mollesse : Ceux de la sixième paire
sont plus durs , plus fonèés , plus opaques que ceux du sympathique.
3°, La sixième paire a une gaine^aiticulière hors de laquelle le
nerf sympathique se joint à elle ». Il ajoute encore * que le nerf sympathique
ne formé nulle part un tronc proportionné à ses branches, et ne
s’enfonce point dans les muscles, mais reste dans les vaisseaux sanguins '
et ne laisse aucune trace, aucune communication avec le cerveau; que*
conséquemment il n’est point soumis à la volonté, et qu’au moins’dans
1 état de santé il n’excite aucune sensation. Néanmoins il dit à la fin5 :
« Quoique la finesse de l’extrémité supérieure de ce nerf et de son.
extrémité inférieure puisse faire dire qu’il existe par lui-même , et qu’il
communique simplement avec ces nerfs (ceux de la cinquième et de
Hirn und Nerven. p. 324.
a L. c. p. 322.
3 L- c. p.. 205v
4 L. c. p. 242.
• 5 L. C. . 322.