
grand interet. Il suit pas à pas la nature dans la marche quelle a tenue
pour rendre graduellement le cervelet plus compliqué. Ces recherches
doivent indubitablement procurer des éclaircissemens très-importans
sur l organisation et les fonctions du cervelet. Avec quelle promptitude
le système nerveux, cette partie si noble de l’anatomie et de la physiologie,
dont la connoissance a pendant trop long-temps fait si peu de
progrès, ne seroit-il pas rendu à sa dignité, si dans toutes les nations
des hommes comme Reil, animés de l’amour de la vérité , et doués
4’un esprit observateur et profond, suivoient son exemple ! Nous nous
enorgueillissons de ce que les découvertes qu’a faites dans le cervelet
cet habile naturaliste, en suivant une toute autre marche que nous,
s’accordent entièrement avec les nôtres.
Le cervelet suivant immédiatement les systèmes de l ’épine du dos
çt des sens, et étant par conséquent la première et la plus essentielle
des parties intégrantes de la masse cérébrale, c’est par lui que nous
commencerons la description du cerveau. Nous nous en tiendrons également
à un coup-d’oeil général, sans nous engager dans la description
minutieuse de chaque partie. Si l’on vent lire quelque chose de plus
détaillé sur les branches , les ramifications et les feuillets du cervelet,
on pourra consulter les ouvrages de Malacarne e{ de Chaussier. Nous
bornerons notre travail sur cet objet, de même que sur les autres systèmes
nerveux dont nous avons déjà traité, à trouver ce qui est essentie
l, général et immuable, et à démontrer dans le cervelet l’existence
des mêmes lois universelles qui se trouvent dans les systèmes nerveux
inférieurs.
De même que la plupart des nerfs des sens, le nerf facial , le nerl du
muscle supérieur oblique de l’oeil, le mixte, ont leur première origine
visible dans la substance grise placée dans l’intérieur du grand renflement
au dessus des nerfs cervicaux, de même c’est de cette substance
grise que naissent aussi les premières racines visibles du cervelet. ,Ces
racines forment en dehors, des deux côtés du renflement, un faisceau
fibreux plus ou moins fort, mais très-gros chez l ’homme. Les. anatomistes
l’ont jusqua présent connu sous le nom de corps restiforme , corpus
restiforme, crus cerebelli admedullam oblongatam , suivant qu’ils l’ont ;
comparé simplement à un cordon, ou considéré comme une continuation
de la substance blanche du cervelet. Ce faisceau grossit conti- .
□nullement en montant. Près du cervelet, le nerf auditif et sa substance
grise, ce qu’on appelle le ruban gris,ou, selon nous, son ganglion ,•
sont couchés sur ce faisceau. Si l’on enlève le nerf auditiLet le ganglion,
en raclant avec précaution ou en se servant du manche du scalpel,
et si l ’on suit la direction des fibres , on voit distinctement le faisceau
entier de chaque côté entrer dans l’intérieur de chaque hémisphère du
cervelet. À peine y est-il pénétré de quelques lignes, qu’il rencontre
un amas de substance grise , avec laquelle il forme un tissu assez ferme,
de sorte qu’il est impossible d’y poursuivre la direction des filamens
nerveux. Ce tissu offrant un corps dentelé et irrégulier, les anatomistes
l’ont appelé le corps dentelé, le corps ciliaire, le corps frangé, le
zigzag, corpus dent a lu n i, corpus c ilia r e , corpus rhomboïdeurn. D’autres
anatomistes ayant regardé cette partie comme la réunion de toute
la substance blanche du cervelet, lui ont donné le nom de noyau du
cervelet. Ces dénominations prouvent qu’avant nous on n’avoit sur ce
corps aucune autre idée que celle de sa forme.
Cependant la substance grise qu’il contient est, de même que toute
celle des autres systèmes nerveux, un appareil préparatoire destiné à
renforcer les filamens nerveux qui y entrent, par de nouveaux filets
qui s’y engendrent. C’est par conséquent un point de naissance et
de renforcement d’une grande partie de la masse nerveuse du cervelet
, et son véritable ganglion. En effet plusieurs nouveaux faisceaux
nerveux y prennent naissance , e t , continuant leurs cours, se
ramifient en branches, en couches et en sous-divisions multipliées.
Dans chaque point d’où sort une de ces branches principales, on voit
une masse plus abondante de substance grise former une éminence.
Il résulte ainsi un nombre de franges, de dents ou de proéminences
de cette substance, égal à celui des branches principales nerveuses.
• Ce corps étant l’origine principale du cervelet, sa grosseur doit être
en raison directe de celle de cette partie. La plupart des mammifères,