
M. Portai, par exemple, dit que, dans les nerfs sacrés en général, les
racines postérieures sont très-petites 1 ; que la première paire des nerfs
lombaires a antérieurement un plus grand nombre de branches qu’en
arrière » ; il affirme plus loin3, que la racine postérieure des quatrième,
cinquième, sixième et septième paires de nerfs cervicaux est plus petite
que l ’antérieure.
M. Boyer * regarde la branche antérieure du troisième nerf du co l,
comme beaucoup plus grosse que la postérieure, et les branches postérieures
des cinquième et sixième paires de nerfs cervicaux comme très-
petites.
M. Sabatier ne s’explique pas sur la différence de grosseur en général
des racines antérieures et des postérieures; il dit 5 cependant de.la
seconde paire des nerfs cervicaux que la branche antérieure est beaucoup
plus grosse que la postérieure ; et de la neuvième paire, que la
postérieure est très-petite. Il dit en général des nerfs dorsaux que la
branche antérieure est beaucoup plus grosse.
Cuvier avance aussi, au sujet des nerfs dorsaux et lombaires, que
les branches postérieures sont plus petites que les antérieures ; et
quant à la seconde paire des cervicaux, il regarde le rameau antérieur
comme le plus gros.
Après avoir comparé ensemble toutes les .paires de nerfs avec le plus
grand soin, nous avons trouvé que toutes celles de la face postérieure,
depuis le col jusqu'à l ’extrémité inférieure de la moelle épinière , sont
évidemment plus fortes. Il est donc difficile de concevoir d’où ont pu
provenir toutes les erreurs que nous venons de citer.
MM. Chaussier et Soemmerring ont fait la même observation que nous.
Cette disposition nous paroît aussi très-naturelle; on a besoin de plus
de force pour se dresser et pour résister à un fardeau, que pour se
* Cours d’anatomie médicale. Paris, 18o/(■ Tom. IV, p. 272.
-* P. 265.
s P. 325-22g.
* Traité complet d’anatomie du corps humain. Paris, 1806. Tom. III,p. 373.
5 Traité complet d’anatomie. Tom. III, p. 287.
pencher et se baisser. L ’extension du corps qui a lieu après la mort
semble même indiquer cette prépondérance des nerfs postérieurs.
Nous pouvons donc expliquer à présent pourquoi la fissure postérieure
est plus profonde que l’antérieure ; c’est que la face postérieure contient
une plus grande quantité de substance grise, afin de produire
des nerfs plus forts.
Portai s exprime ainsi, sur la grosseur différente des ganglions de
ces paires de nerfs : « Les ganglions vertébraux sont d’une grosseur
inégale ; les dorsaux étant en général les plus gros, les cervicaux et
les lombaires les plus petits. » Mais c’est précisément le contraire
qui existe réellement. Les nerfs et les ganglions dorsaux sont beau-tf
coup plus foibles que les cervicaux et les lombaires.
Le cours ultérieur des. nerfs n’entrant pas dans notre plan , nous
nous contenterons de rappeler que toutes les paires de nerfs de la face
antérieure reçoivent du grand nerf sympathique une ou deux branches
communiquantes par le moyen desquelles les systèmes partiels du bas-
centre et de la poitrine sont mis en rapport réciproque avec les systèmes
nerveux de la colonne vertébrale.
Les systèmes nerveux de la colonne vertébrale, servent au cerveau
d’instrument pour les mouvemens volontaires, et de conducteurs poulies
sensations. Ils ne peuvent pas être regardés comme des instrumens
immédiats des mouvemens volontaires et de la sensation ; parce que
toute sensation, et tout mouvement volontaire, cessent aussitôt que
leur communication avec le cerveau est supprimée j ou que leur influence
réciproque est arrêtée.
Nous avons fait voir plus haut que les systèmes du nerf sympathique
produisent aussi, dans certaines circonstances, des sensations dans le
cerveau. Mais comme ils ne peuvent pas être employés aux mouvemens
volontaires, et comme les systèmes de l’épine du dos sont, dans l’état
ordinaire , conducteurs des'sensations et instrumens des mouvemens
volontaires , on doit considérer ceux-ci comme étant des systèmes
dun ordre plus relevé, dont les fonctions sont déjà beaucoup plus