
anatomie et physiologie
et que sous ce rapport on auroit tort de les comparer à un réseau. Ils
sont plutôt composés d’autant de systèmes particuliers exerçant chacun
leurs fonctions différentes, qu’il y a de différentes origines de nerfs; et le
nerf sympathique ne peut être regardé comme une seule paire, quoique
ce soit 1 opinion de la plupart des anatomistes et des physiologistes.
Bichat a donc pleinement raison, lorsqu’il établit ■ plusieurs foyers
centraux pour ce qu’il appelle vie organique, mais nous ne pouvons
pas être de son avis , quand il n’admet* qu’un seul centre pour la vie
animale. C’est aussi sous le même rapport que Soemmerring a dit > :
« Le nerf sympathique est tellement interrompu par des ganglions
nombreux et considérables, qu’on ne peut pas le reconnoitre pour
un nerf simple ». — - 1
Quant a 1 usage du grand nerf sympathique, Soemmerring présume |
qu il appartient aux vaisseaux sanguins, parce que les filets nerveux les
accompagnent; mais pourquoi tire-t-il des conséquences différentes du
meme phénomène, par la seule raison qu’il se présente dans des endroits
differens ? Voyant que le nerf fascial suit la direction des vaisseaux,
il trouve probable 5 que k s artères sont principalement destinées
pour les nerfs. Comment le contraire auroit-il lieu pour le nerf
intercostal ? Reil pense que le système des ganglions appartient exclusivement
a la vie végétative des animaux6.
On doit en général bien se garder d’attribuer aux nerfs seuls les fonctions
particuhères des viscères ; c’est pourquoi nous ne disons pas nerfs
de la digestion de la nutrition, etc., mais nous nous contentons de
dire, les nerfs de bestomac, du foie, des reins, des intestins, etc. ; de
meme qu’on nomme les artères d’après les parties auxquelles elles por-
* L. c. p. 71.
* Ibid.
SL. a p. 522.
* L. c. p. 556.
5 L c .p . 112.
6 Archi Y fur Phys. B. 7 St 2 S. 21 o.
tentle sang; car elles doivent également, en vertu de la nutrition spécifique
de chaque partie, ; avoir une fonction spéciale.
Enfin nous concluons également que l’on a tort d’attribuer des
sensations a ces systèmes ; tout s’y passe sans conscience, par une nécessite
aveugle, et sous la direction des lois auxquelles ces systèmes ne
peuvent ni obéir ni se soustraire volontairement. Les entrailles ont
à la vérité du mouvement, elles choisissent la nourriture qui leur convient
, et*repoussent les parties hétérogènes; il s’y opère des sécrétions
et des excrétions. Mais les plantes nous offrent des phénomènes
semblables. Nous savons que les mêmes fonctions ont également lieu
dans les acéphales ; nous savons que de la réaction d’un organe on ne
doit pas conclure qu’il éprouve une sensation réelle, que la sensation
n est caractérisée que par la perception ou la conscience d’une impression
; nous savons enfin qu’aucune irritation n’ëst sentie sans la coopération
du cerveau; consequemment nous ne pouvons pas plus admettre
le sentiment dans les systèmes nerveux du bas-ventre et de la poitrine,
que dans les acéphales et dans les plantes.
Bien plus, l ’influence réciproque des systèmes supérieur et inférieur
s opère sans conscience, et sans la participation de la volonté ; les effets
des affections et des passions se transmettent aux entrailles, et le dérangement
des fonctions des viscères trouble les facultés de l’esprit et de
lame; mais nous ne pouvons découvrir comment cela se passe, ni
arrêter cette influence réciproque.
C’est d’après ce§ observations préalables, que l’on peut plus facilement
saisir et rectifier les diverses opinions sur la nature et l ’usage
des plexus nerveux et des ganglions *.
Galien parle déjà des ganglions, et ne les regarde que comme des
résultats des réunions de nerfs. Après lui on les négligea pendant plusieurs
siècles. Fallopes’en occupa de nouveau, et son»exemplefut suivi
‘ Comparez Scarpa de nervorum gangliis et plexibus. Mutin. 1779. Pfefifin-
ger de struct, nervor. Argent. 1782. Soemmerring L c. von den Nervenknoten
und Geflechten.