
selon Haller, correspond à la sortie des nerfs sous-occipitaux, et
forme une espèce de petit canal vaginiforme, qui s’étend plus ou
moins loin , et dans lequel on peut pousser l’air, ou instiller du mercure.
On assure même avoir vu ce canal régner dans toute la longueur
du prolongement rachidien; Charles Etienne et Columbus l’ont décrit
comme une disposition constante, et ils ajoutent que quelquefois
il est rempli d’une sérosité jaunâtre. Haller dit avoir manifestement
vu dans l’homme , que de l’air poussé par la fossette anguleuse du
quatrième ventricule, s’insinuoit au loin dans l’épaisseur du prolongement
rachidien. Senac;et Portai ont aussi observé plusieurs fois
cette disposition, qu’ils disent être surtout fort apparente dans le
sujets qui ont été atteints du spina-bifida : mais ce canal nous a toujours
paru le produit de l’infiltration morbifique , et de la manière
dont on poussoit l’air ou le mercure, pour s’assurer de son existence.
On le formera toujours lorsque le prolongement rachidien sera
très-mol, et.lorsqu’on poussera l’air avec,force a. .i;
Le bec de la plume n’ayant de communication qu’avec la fissure
postérieure, le canal en question, s’il devoit.se présenter sans rien
détruire, ne pourrait exister que dans la fissure médiane postérieure.
Quoique la membrane vasculaire tienne les deux moitiés de la moelle
épinière si légèrement unies l’une à l ’autre qu’elles , peuvent être séparées
sans déchirement, soit qu’on y souffle de l ’a ir, ou qu’on y infiltre
du mercure, il parait cependant, dans le cas où l’on a trouvé
un canal dans l’intérieur de la. masse nerveuse, que l’air ou le mercure
a pénétré par l ’une des deux parois, dans une des moitiés de la moelle
épinière.
Cette découverte doit prouver aux anatomistes physiologistes quel
avantage on peut tirer,des phénomènes pathologiques pour approfondir
les mystères du système nerveux, dont une grande partie doit encore
être inconnue, et à la connoissance desquels il seroit difficile de
parvenir dune autre manière. Nous souhaitons aussi! que cet exemplé
puisse engager à ne pas déclarer si inconsidérément que tout phénomène
peu commun et inconnu est une production contre nature.
Corollaires anatomiques.
I.
L ’ensemble du système nerveux ne présente que deux substancés :
l’une gélatineuse dont la couleur varie, mais le plus souvent est
grise; l’autre blanche et fibreuse,1 ou les filamens nerveux; par conséquent
il n’existe pas de véritable substance médullaire.
IL
La substance gélatineuse grise, engendre les filets nerveux ; ceux-
ci ne naissent d’aucune autre manière , par exemple, par la métamorphose
des vaisseaux sanguins, ou immédiatement de la lymphe
du sang.
III.
Plus la substance gélatineuse est abondante, plus elle engendre de
filets nerveux; par conséquent la quantité de substance grise et le
nombre des nerfs sont en raison directe et réciproque.
IV .
Aucun nerf ne naît d’un autre nerf ; mais chacun prend son origine
dans une masse propre de substance gélatineuse; par conséquent les
systèmes nerveux de la poitrine et du bas-ventre ne peuvent être dérivés
ni l’un de l’autre , ni médiatement du cerveau , ni immédiatement
de la moelle épinière.
■ VLes
systèmes nerveux diffèrent entre eux dans leur origine, leur
structure, leur couleur, et leur fermeté.