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ce grand législateur., a déjà fixé partout sa principale
attention ? N’est-oe pas aux médecins qu’on est redevable
d’une infinité d’excelleras établissemens de police, de
bonnes lois, depuis que quelques grands hommes ont
donné des traités plus complets de la police et de la
statistique médicales et de la médecine légale ? ■ Combien
d’instituteurs et de moralistes n’empruntent pas à
la médecine leurs moyens les plus heureux en résultats ?
Si tout ce que nous venons de dire n’est pas encore
accompli, c’est, comme l’a également très-bien observé
Bexon 1, parce,que, négligeant l’utile exemple des anciens
sages de la Grèce, on a trop isolé l’une de l’autre, la physiologie,
la médecine, l’éducation, la morale, la légis-
■ Scipion Bexon : Théorie (le la législation pénale. Paris, 1802. Introduction
, §. 8.
<1 II sembleroit que l’organisation physique de l’homme ne doit appartenir
qu’à la science de la médecine ou de la physiologie ; la considération
de l’homme intellectuel à la philosophie, à la science métaphysique,
et qu’il suffise à l ’étude de la morale et à la science de la législation
de l’examiner dans l’état social et de le suivre dans ses actions,
sans chercher à en connoître les causes.
« C’est d’après cette grande -erreur que beaucoup de moralistes et
de législateurs ne rattachant qu’à la superficie de l’homme, sans-étudier
les secrets et les variétés de son organisation, les principes de ses facultés
intellectuelles et la génération de ses idées, ont écrit leurs maximes
et dicté leurs lois, tandis que la connoissance de l’homme dans toutes
les parties de son organisation physique et morale, et des différences
qui s’y rencontrent, appliquée à leurs effets dans les diverses actions
de la vie, est une seule et même science en morale et en législation ».
P R E F A C E . L IX
lation, etc., au lieu d’apprécier tous leurs rapports mutuels
; c’est surtout parce qu’il est peu de médecins philosophes
qui puissent mesurer toute l’étendue de leur
sphère d’activité, et s’élever à toute la dignité de leur
état.
Nota. Ecrivant dans une langue qui ne nous est pas familière, nous
avons cru devoir nous faire aider dans la rédaction de cette préface
par M. Demangeon, et dans la rédaction des autres parties de ce volume
par M. Eyriès, très-avantageusement connu par sa traduction des
Tableaux delà nature, parM. deHumboldt; nous aimons à leur donner
à l’un et à l’autre un témoignage public de notre reconnoissance.