
de faire valoir leurs expériences pour le perfectionnement
de la législation , du code pénal, des maisons de
corrections, des prisons, etc. ?
On conviendra avec nous que tous les établissemens
et toutes les lois qui n’ont pas pour base la nature de
l’homme et les besoins de la société, doivent manquer
leur but. O r , à qui la nature humaine se dévoile-t-elle
avec le moins de contrainte ? Qui connoît le mieux les
besoins de l’homme ? A la vérité l’homme se montre le
même partout, et quelque indépendant que paroisse
l’empire qu’il affecte sur tout ce qui l’entoure, il ne peut
rien au-delà de la ligne que le Créateur lui a tracée.
Courbé sur le manche de la charrue ou porté au timon
de l’état, vaincu par l’amour ou vainqueur dans les
combats, annobli par l’abnégation de lui-même ou abruti
par la débauche, l’homme offre partout à l’observateur
des données pour la connoissance de l’homme. Mais qui
a plus d’occasion que le médecin, de voir les hommes
dans leur état d’abandon absolu ? Qui est plus obligé
d’étudier leur physique et leur moral ? Qui encore y est
mieux préparé par des connoissances accessoires et par
l’étude de la nature? Enfin qui remarque aussi souvent
que le médecin, l’influence des alimens, des boissons,
du tempérament, du climat, de la température, d’une
période critique imminente ou déjà arrivée ? Le médecin
seul est, nuit et jour, témoin des événemens les plus
secrets des familles, de leurs relations les plus intimes.
Vertueux ou méchant, l’homme qui souffre ou qui lutte
contre la mort, ne peut que difficilement cacher au
médecin son véritable caractère. Qui ne voudroit avoir
pour ami l’homme à qui l’on confie son épouse, ses enfans
et soi-même; l’homme qui à toute heure doit être prêt
à se donner tout entier à ses malades, et peut-être à
gagner la mort auprès de leur lit? C’est à un tel ami,
auquel on sait que rien d’humain ne reste étranger, que
l’on ouvre les replis les plus cachés de son coeur; on lui
découvre ses foiblesses, ses écarts, afin de le guider plus
sûrement dans le jugement qu’il doit porter sur l’état
physique où l’on se trouve. Des circonstances aussi nombreuses
et aussi favorables ne doivent-elles pas donner
au médecin observateur des connoissances certaines et
profondes de la nature humaine ? Qui peut, comme lui,
tracer la ligne de démarcation extrêmement délicate
qui distingue l’immoralité et le crime, de l’imbécillité
et de la folie ? Personne n’est aussi souvent ni aussi
puissamment ramené par la nature à réformer ses juge-
mens, et à quitter le sentier dangereux des hypothèses,
pour rentrer dans celui de l’expérience; personne ne
parvient guère à se convaincre d’une manière aussi évidente
et aussi intime que le médecin, que tout notre
savoir se réduit à juger raisonnablement des expériences.
Ainsi dès qu’il s’agit d’établissemens qui, sous quel point de
vue que ce puisse être, supposent une connoissance exacte
de l’homme et un jugement exercé, la science médicale
peut sans contredit fournir des renseignemens précieux.
IN est-ce point sur le physique de 1 homme que Moïse,
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