
bouillies dans l’huile , cette matière qu’on prétend être plus molle
dans le milieu ' , devroit également acquérir plus de consistance ,. et la
séparation , au lieu de se faire plus facilement, comme cela a lieu y
devroit s’opérer avec plus de difficulté ; car après que les circonvolutions
ont subi toutes ces préparations, la séparation par les parties
latérales n est pas possible, sans déchirer beaucoup de fibres. L ’on a
avoué * que, dans le déplissement des circonvolutions, l’on ne pouvoit
découvrir aucun vestige de fibres qui passent d’un côté à l’autre ; ce
qui s’accorde très-bien avec la direction des fibres qui vont perpendiculairement
de la base au sommet , mais aucunement avec l’existence
d’une matière molle.
Ceux qui ont cru , avec MM. Walter et Ackermann,. à une substance
médullaire dans le cerveau, ont dû aussi soutenir que dans les hydrocéphales
considérables il y a destruction complète de l'organisation, èt
que par conséquent tout exercice des fonctions intellectuelles devient
absolument impossible. Or c’est ce qui arriveroit bien plus facilement
avec une matière pulpeuse.
En admettant cette matière molle, il devient même impossible de
supposer l’existence d’une hydrocéphale considérable. Car alors aussitôt
qu’une expansion se serait effectuée plus fortement dans une portion
du cerveau que dans une autre, la matière médullaire se romproit,
l’hydrocéphale ne pourroit plus prendre d’accroissement, et l’individu
cesserait de vivre. Mais nous voyons que lors même que plusieurs
portions considérables sont complètement déplissées , et se sont étendues
dans une membrane dont l’épaisseur esta peine de deux lignes,
elles résistent jusqua ce que le même changement ait eu lieu dans
toutes les circonvolutions.
Quelques anatomistes semblent avoir pressenti cette difficulté, et, pour
se tirer d’embarras , ils ont eu recours à une autre idée erronée. Ils ont
prétendu que la substance grise étoit très-tenace , et beaucoup plus 1
1 Rapport, p. 44-
* Rapp. p. 43-
que la substance blanche ; ce qui la mettoit à même de résiste« à la
rupture de cette dernière , à qui elle permettoit l’extension qu'oa observe
dans les hydrocéphales considérables. MM. les Commissaires de
l’Institut, dans leur rapport ' sur notre mémoire, parlent même, avec
M. le professeur Ackermann” , de la substance grise , comme étant la
cause spéciale de la possibilité du déplissement. Mais comme la substance
grise est évidemment plus molle que la blanche, vérité qui jusqu’à
présent a été reconnue par tous les anatomistes ; çomme cette substance
n’est disposée en couches que dans les points où les filamens nerveuy
forment des couches, et que dans les autres endroits elle se trouve
réunie en gros amas; comme dans les endroits même où elle est disposée
en couches, elle tombe en grumeaux aussitôt qu’on l’enlève avec violence
de dessus les fibres nerveuses , cette erreur qui n’est qu’un subterfuge
, ne mérite pas une plus ample réfutation.
On se servoit encore d’une autre supposition erronée pour expliquer
le déplissement. « La matière médullaire qui remplit les circonvolutions
est si molle, disoit-on 3 , qu’ejle s’affaisse sur eUe-même par son
propre poids, et que, pour peu qu’on soutienne du doigt la convexité
ou le dos d’une de ces circonvolutions, ses deux côtés s’écartent
horizontalement, et emportent chacun une partie de la matière
blanche qui occupoit leur intervalle ». Nous inyitons tous les anatomistes
à se convaincre par leur propre expérience de l ’inexactitude
de cette assertion. La substance blanche ne s’affaisse pas dJelle-même;
les circonvolutions ne se développent point d’elles-mêmes , et par
conséquent n’emportent pas des deux côtés une partie de la substance
blanche. Si la séparation étoit une déchirure , les dupliçatures se déchireraient
irrégulièrement en couches , tantôt plus minces , tantôt
plus épaisses , et on n’apercevroit pas le sillon dont nous avons parlé ,
dans le point de la séparation. La matière blanche gt molle, ait lieu
* P. 16.
* L. c. §. 5.
* Rapport, p. 4 i.