
sujet qui nous occupe, avant que notre ouvrage soit terminé. Nous
nous contenterons en attendant de présenter quelques observations
générales.
On sait que, dans les animaux d’une organisation plus compliquée ,
presque toutes les fonctions sont plus ou moins subordonnées aux nerfs.
La digestion, la nutrition, les sécrétions et les excrétions., la circulation
du sang, la respiration , etc., sont troublées ou anéanties lorsque
les nerfs qui concourent à ces opérations sont comprimés, lésés, ou
coupés. Si la moelle épinière, si les nerfs ou les conducteurs des mOu-
vemens spontanés et des sensations, sont comprimés-ou rompus, les
mouvemens et toutes les sensations cessent dans les parties situées au-
dessous des endroits lésés. Un fluide épanché dans le cerveau, ou
toute espèce de pression sur cette partie, paralyse plus ou moins le
corps entier, ou le côté du corps opposé à celui qui éprouve le mal,
et éteint à divers degrés la conscience et la faculté de penser. Plus les
opérations des nerfs sont affaiblies, plus les changemens chimiques et
physiques de toutes les parties s’opèrent avecjacilité ; c’est ce qui occasionne
le dessèchement et la gangrène des plaies et des ulcères, l’écor-
chement gangreneux dans les maladies graves, l’ossification des vaisseaux
sanguins, le sphacèle des orteils et des pieds et la dégénérescence
des glandes et des mammelles chez les hommes et chez les femmes en
cancers incurables.
On a observé la différence frappante entre les blessures de quelques
animaux et celles de l’homme. On sait comment les limaçons j les
écrevisses, les lézards, etc., non-seulement supportent les blessures les
plus considérables, mais reproduisent, etmême à plusieurs fois, les parties
enlevées, telles que les pieds, les yeux, la tête, etc. On sait que la
ténacité de la vie diminue à mesure que la cervelle augmente. Dans les
animaux , les blessures ne sont accompagnées que des accidens inévitables;
dans les hommes au contraire, combien de fois les blessures
les plus légères ne produisent-elles pas le tétanos et le trisme , presque
toujours mortels ?
On peut avancer que cette irritabilité est plus forte dans les divers
individus, suivant que leur cerveau est plus considérable, et leur système
nerveux plus actif. Dans les hommes imbéciles, paralytiques, ou
dans les malades dont les sensations sont émoussées par les fièvres nerveuses
, cette irritabilité ne peut souvent être excitée par les plus puis-
sans stimulans intérieurs et extérieurs. De là naît une différence étonnante
dans la marche et les symptômes des mêmes maladies, suivant la
différence de l’âge et du sexe.
Qu’on réfléchisse au tumulte que les passions orageuses excitent dans
l’homme tout entier ; plus elles mettent le système sanguin en mouvement,
plus elles rendent dangereux tout ce qui affoiblit, comme la
saignée, l'émétique, les purgatifs. La douleur au contraire, les inflammations
apparentes, les spasmes, le dégoût, les tranchées, tout dis-
paroît à l’instant par l’application bienfaisante des caïmans sur le
système nerveux. Ne voit-on pas le chagrin, la jalousie, l’envie, la
langueur, la nostalgie, l’amour malheureux, dévorer le principe de la
vie ? Combien de fois une joie trop subite, et une frayeur violente
n’ont-elles pas tué aussi promptement que la foudre? Qui ne connoît le
pouvoir de l’imagination pour produire et pour guérir des maladies ,
surtout des maladies nerveuses, par exemple l’épilepsie dans plusieurs
cas, les fièvres intermittentes, etc. Les plus tristes des maux, la mélancolie.,
le désespoir, le funeste penchant au suicide et en général toutes
les maladies de l’esprit avec leurs symptômes , tels que l’engourdissement
du sentiment, les ardeurs insupportables de la peau, l’atrophie
des muscles, ont leur cause principale dans le dérangement immédiat
ou au moins médiat du système nerveux.
Les phénomènes qui sont occasionnés par l’union et la direction des
nerfs, nous servent quelquefois à bien juger des maladies ; mais souvent
aussi ils induisent en erreur le médecin lorsqu’il n’est pas familiarisé
avec eux. La peau, le bas-ventre et le cerveau ; le ventre, le foie, le
cerveau, les cinq sens, le col et les épaules ; les parties de la génération,
le cervelet, le col et le sein ; l’estomac et les poumons; le bas-ventre,
la poitrine et les pieds ; les reins et les cuisses ; le cerveau et les organes
de la voix ? etc., agissent tellement les uns sur les autres ? que souvent