
çt nécessaires pour les fonctions intellectuelles. Or les circonvolutions
éprouvant dans l’hydrocéphale les changemens les plus extraordinaires,
il devroit résulter de cet état une cessation des fonctions, intellectuelles
, si le changement effectué dans l’hydrocéphale avoit pour cause
la désorganisation ou la destruction des circonvolutions.
Au contraire si la substance blanche est fibreuse, et si les circonvolutions
sont des duplicatures de couches fibreuses ( nous avons
démontré jusqu’à la satiété la vérité de cette assertion ) , alors on conçoit
qu’il peut exister un développement considérable des hémisphères
du cerveau, sans que les parties qui le composent éprouvent une désorganisation
; or les fonctions des fibres du cerveau ne tenant pas a
leur position verticale, mais plutôt à leur structure intime, peuvent
se -maintenir sans trouble lorsque la position des fibres vient de
changer ; l ’on „conçoit même que s’il survenoit une extension de
ces fibres, elle ne produirait pas nécessairement le dérangement de
l ’organisation intime; la vision persiste dans un nerf optique allongé
et non désorganisé.
On convient au reste assez généralement que l’ensemble de la masse
du cerveau est l’organe de l’ame ; par conséquent s i, lorsqu’on voit que
les facultés intellectuelles n’éprouvent aucune altération dans les hydrocéphales,
on yeut restreindre ces facultés à une seule partie , il
faut considérer les autres parties comme des masses superflues ; il faut
les appeler avec Bichat tout au plus une'simple enveloppe ; avec Mal-
pighi un paquet d’intestins difformes et impurs ; avec Mistichelli une
masse confuse inorganisée ; ayec tant d’autres le lieu sécrétoire des
fluides impurs , ou un simple organe sécrétoire et excrétoire ; il faut démontrer
que les hémisphères du cerveau , suivant qu’ils sont plus ou
moins compliqués, et suivant que leurs parties sont plus ou moins
développées, n’ont aucune influence sur les penchans ni sur les facultés
des hommes et des animaux ; enfin il faut renoncer à tout examen
des phénomènes physiologiques, parce que, dans tous les systèmes et
dans toutes leurs parties, nous ignorons le principe de leur action.
Ainsi la formation des circonvolutions et leur déplissement tant
naturel qu’artificiel, ont une concordance parfaite avec la structure
fibreuse de la substance blanche du cerveau et avec les lois des autres
systèmes nerveux, et servent à expliquer les phénomènes physiologiques
et pathologiques des hydrocéphales. Les 'expériences mécaniques et
chimiques les plus variées et les plus opposées prouvent la justesse de
notre doctrine sur la structure des circonvolutions ; tandis que les
autres hypothèses sont en contradiction avec ces mêmes faits. Nous
croyons donc qu’il est difficile d’administrer , pour toute autre opinion
anatomique ou physiologique , des preuves aussi concluantes et aussi
multipliées que celles qui établissent la possibilité du déplissement
des circonvolutions, formées par deux couches fibreuses contiguës et
légèrement attachées l’une à l'autre.