
exacts, enseigner au dessinateur et au graveur à voir les
choses qui se trouvent dans les préparations qu’on leur
met sous les jeux.
Afin de faciliter le travail de ceux qui veulent faire
une étude exacte de l’anatomie de ces objets, nous avons
joint à notre ouvrage une table indicative dès matières,
et nous avons eu l’attention d’y employer toujours le
même signe pour la même partie, quelle que soit la
place où elle se trouve. Les chiffres romains qui ne se
rencontrent pas dans la description anatomique, seront
expliqués dans la physiologie. Comme les mêmes planches
doivent servir pour des objets différens, et être
confrontées sous divers aspects, on fera bien de les conserver
dans un atlas séparé, pour lequel nous fournirons
un titre particulier.
Peut-être pense-t-on que nous avons imaginé toutes
sortes de procédés et d’instrumens pour voir dans le
cerveau des choses que nos prédécesseurs en anatomie
n’ont pu apercevoir. Mais à l’exception de quelques expériences
par lesquelles nous avons cherché à faire ressortir,
pour ceux qui ne vouloient pas voir, la structure
fibreuse de la substance blanche du cerveau et les couches
fibreuses des circonvolutions, nous n’avons qu’une
trousse à dissection ordinaire, laquelle se compose de
ciseaux, de pinces, d’un tube, de quelques scalpels,
d’un marteau, d’une scie pour le crâne, et de tenailles
incisives.
Tout notre savoir faire ou toute notre adresse consiste
à suivre les filets nerveux en raclant sans endommager
leur surface, au lieu de les couper. Nous avons
même entièrement renoncé à l’usage des microscopes.
Outre que ces verres deviennent trop souvent une lunette
par laquelle chacun voit ce qu’il veut voir, la
masse du cerveau semble ne pas s’accommoder de ce
mode de recherches. Ce moyen n’a fait voir dans le
cerveau à Willis que des tubes pour les- esprits vitaux; à
Ruyseh que des vaisseaux; à Leuwenhoek que des fibres ;
à Bidlow que des fibres compactes; à Cowpèr que des
fibres traversées çà et là par des cellules ; à Délia Torre
que des globules nageant dans un liquide visqueux dont
il composoit le cerveau et la moëlleépinière,en admettant
des globules plus fins et alignés pour les nerfs; et à Fon-
tana que des filets nerveux roulés en gaines de forme
spirale. Prochaska observe que l’objet paroît différent,
suivant qu’on éloigne ou qu’on rapproche le microscope.
Aussi avons-nous mieux aimé nous en rapporter à l’oeil
nu, d’autant plus que la structure fibreuse est sensible
pour toute bonne vue, lorsque l’on procède d’après notre
méthode. Mais que ces fibres soient au reste composées
de globules ou de toute autre chose, cela ne donne
aucun éclaircissement de plus pour déterminer leurs
fonctions.
Nous exposerons dans le second volume les principes
généraux de la physiologie du cerveau, et dans le troisième,
la doctrine des organes en particulier.
Voici la marche,que nous nous sommes prescrite