
l'on essaye la même expérience sur une circonvolution un peu déprimée
par le sommet, elle s’entr’ouvre à la base par une fente simple PI. X. en
II. i ; et dans la partie supérieure déprimée la fente se prolonge vers les
deux coins, PI. X. en II. 2. 2. On produit le même effet avec le pli
d’une étoffe, lorsqu’on en déprime un peu la partie supérieure.
Quand au lieu de souffler on jette avec une seringue de l’eau sur la
coupe transversale d’une circonvolution, la séparation se fait dans le
milieu de la même manière , et avec tant de facilité que l’injection de
quelques filets d’eau la propage à trois ou quatre pouces dans l’intérieur
des circonvolutions ; lors même qu’elles ont dés sinuosités ou des subdivisions
latérales, l’eau passe par toutes les courbures, et toujours dans
la ligne médiane. Si après cela on coupe longitudinalement le bord
supérieur des circonvolutions, et si l ’on en enlève l’épaisseur d’environ
deux lignes avec le scalpel ou avec les ciseaux , on trouve toute la
circonvolution divisée en deux parties égales , et l’on voit encore
très-distinctement comment les fibres s’épanouissent et pénètrent de
chaque côté dans la substance grise.
Mais bien plus, si l’on jette de l’eau sur le côté extérieur d’une circonvolution,
jusqu’à ce que la substance grise et la moitié de la substance
blanche soient détruites; ou bien si l’on ouvre latéralement une
circonvolution jusqu’à la ligne médiane, et si l’on injecte l’eau avec la
même force dans l’ouverture, l’eau, arrivée à la ligne médiane, se porte
à droite et à gauche , et sépare la duplicature dans une étendue d’un à
deux pouces, de même que dans les expériences précédentes. Les
substances blanche et grise , placées vis-à-vis de l’ouverture , ne
sont nullement endommagées, et les fibres nerveuses , ainsi que leur
direction, sont aussi visibles que dans les autres expériences.
Malgré tant de démonstrations qui prouvent évidemment que les
circonvolutions ne sont que deux couches de fibres nerveuses adossées
les unes aux autres , et entourées de substance grise , on continue
cependant à parler dune substance blanche, pulpeuse et molle dans
les circonvolutions. Au lieu d’admettre les couches fibreuses contre
lesquelles on a cru devoir se déclarer , parce quelles avoient fait trop
de bruit, on aima mieux supposer que la matière blanche qui se trouve
dans les circonvolutions, est formée de deux parties qui adhèrent
entre elles plus faiblement que les molécules de chacune en particulier
’. On compare ces deux parties avec les deux lames de la dure-
mère , mais on ne veut pas adopter de duplicature “. O r , la dure-
mère étant formée de deux lames, qui en plusieurs endroits ont une
adhérence si foible qu’on peut facilement les faire glisser l’une sur
l ’autre en les frottant un peu entre les doigts , cette comparaison parle
plus évidemment pour deux couches séparées que pour une matière
médullaire à laquelle on suppose gratuitement une adhésion bien
foible jdans la ligne médiane.
Au reste l’idée d’une matière pulpeuse contredit tous les phénomènes
anatomiques et physiologiques que nous avons allégués. Sans répéter
toutes les expériences rapportées plus haut, et les preuves qui établissent
la structure fibreuse de la substance blanche, on doit recon-
noître que cette prétendue matière molle seroit détruite ou emportée ,
lorsqu’on y souffle de l’air , ou qu’on y jette de l’eau. Avec cette matière
molle comment expliquer pourquoi, dans toutes les expériences ,
la séparation se fait toujours dans le milieu ? Comment conc evoir la
raison pour laquelle la face intérieure des deux couches qui viennent
d’être séparées , présente toujours une apparence fibreuse et entièrement
lisse ?
Ce seroit vraiment incompréhensible, si ce qu’on a aussi avancé se
trouvoit vrai, savoir que dans le déplissement des circonvolutions les
vaisseaux sanguins ne se rompent pas , parce qu’ils se laissent tirer
comme des filets qui traverseroient de la pommade ou de la gelée 3.
Dans ce cas, la face intérieure n’auroit-elle pas une apparence inégale
et grumeleuse ? Lorsque les circonvolutions ont été durcies dans de
l’esprit-de-vin , dans les acides muriatique ou nitrique affoiblis, ou
1 Rapport, p. 4
* Rapp. p. 44.
3 Rapp. p. 4*.